Aimee Buchanan est originaire de Boston mais elle patine pour Israël
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Aimee Buchanan est originaire de Boston mais elle patine pour Israël

Agée de 24 ans, la sportive est l'une des sept patineuses artistiques à concourir pour Israël

Aimee Buchanan, d'Israël, participe au programme court féminin aux Classiques internationales de patinage artistique des États-Unis, le deuxième jour, au complexe sportif de Salt Lake City, le 16 septembre 2016 à Salt Lake City, en Utah (Crédit : Gene Sweeney Jr./Getty Images)
Aimee Buchanan, d'Israël, participe au programme court féminin aux Classiques internationales de patinage artistique des États-Unis, le deuxième jour, au complexe sportif de Salt Lake City, le 16 septembre 2016 à Salt Lake City, en Utah (Crédit : Gene Sweeney Jr./Getty Images)

DALLAS (Texas Jewish Post via JTA) — Aimee Buchanan n’est pas la seule patineuse artistique de la patinoire Dr. Pepper Star Center à s’incliner gracieusement lors d’une rotation.

Mais pendant que l’athlète de 24 ans passe de sa position signature à un accroupissement bas sur la glace, elle est la seule patineuse d’élite locale dont le collier en argent et son pendentif en étoile de David rebondit joyeusement avec lors de ses sauts, la seule patineuse de cette patinoire à Euless, en banlieue de Dallas, a exécuté cet exploit avec « ISRAËL » imprimé en lettres majuscules gras entre ses omoplates.

Buchanan représentera Israël aux Jeux olympiques d’hiver de 2018, qui ont débuté vendredi.

« C’est très spécial d’avoir littéralement le nom de mon pays sur mon dos », a-t-elle déclaré. « Je pense que cela montre simplement que cela n’a pas vraiment d’importance d’où vous venez ou quel est votre héritage. Vous pouvez être qui vous êtes et faire ce que vous voulez partout dans le monde. »

Sa prochaine destination confirme cette déclaration : Pyeongchang, en Corée du Sud. Buchanan est l’une des sept patineuses artistiques qui participeront pour Israël à l’épreuve par équipe de patinage artistique avec dix autres pays, dimanche (vendredi après-midi en Israël, jeudi soir aux États-Unis). Les sept Israéliens s’entraînent en Amérique du Nord.

Buchanan sourit en racontant comment elle s’est retrouvée dans l’équipe nationale d’Israël. Elle a grandi dans la région de Boston et n’est jamais allée Israël avant son voyage en 2014 pour y immigrer officiellement. Mais tandis que Buchanan perfectionnait ses talents de patineuse pendant son adolescence, elle s’est rendue compte qu’Israël offrirait plus de possibilités de compétition internationale qu’elle ne pourrait espérer en obtenir au sein de l’équipe nationale américaine. En retour, Buchanan aiderait à mettre Israël sur la scène du patinage.

Elle s’est rendue en Israël à l’âge de 20 ans avec une lettre de son rabbin confirmant que ses deux grands-parents maternels étaient juifs.

En six semaines, Buchanan était une citoyenne israélienne, et en 2016, elle est devenue sa championne nationale.

Il n’est pas inhabituel pour les athlètes olympiques de concourir pour des pays autres que le leur. La Charte olympique note que les jeux sont des compétitions entre athlètes, « pas entre pays », et permet aux équipes nationales de définir leurs propres critères d’éligibilité. Même les États-Unis ont fourni des visas spéciaux pour permettre aux athlètes internationaux de participer aux jeux sous le drapeau américain.

Des Mazel tovs [« félicitations » en hébreu] l’ont accueillie à travers dans tout le pays, s’est-elle remémorée. Sa mère, Wendy, a reçu des messages Facebook d’amis dont elle n’avait pas entendu parler depuis 20 ans. Et Buchanan a vu l’opportunité de donner quelque chose au pays qui l’a accueillie.

Aimee Buchanan porte une étoile de David alors qu’elle patine (Crédit : Autorisation Texas Jewish Post)

« J’ai le sentiment de me tenir réellement avec toutes les luttes que les Israéliens et tout le pays d’Israël ont traversé », a déclaré Buchanan. « Pour être capable de rester fort et montrer au monde que ce n’est pas seulement un pays qui se débat, ce sont des gens. »

Wendy Buchanan a confié qu’elle imagine seulement ce que diraient les derniers grands-parents d’Aimee, qui étaient actifs dans la communauté juive et les causes juives.

« Cela aurait signifié beaucoup pour eux », a déclaré Wendy Buchanan. « Bien sûr, ils auraient les larmes aux yeux. Ils se diraient, ‘Oh mon Dieu, ça arrive vraiment ? Tu le fais ? Tu le fais pour Israël ?’ ».

« Ils seraient plus qu’excités et heureux. »

Aimee Buchanan a expliqué qu’elle a grandi dans le judaïsme, mais qu’elle ne savait pas toujours pourquoi elle célébrait certaines traditions. Elle a assisté à des services de fêtes et est allée à l’école hébraïque pendant quelques années avant que le sport et le patinage ne deviennent trop exigeants. Buchanan a confié qu’elle se demande souvent ce que ça aurait été de fêter sa bat mitzvah.

« Mais en même temps, sachant combien j’aurais dû faire pour cela, je vois les deux côtés », a-t-elle expliqué.

Les rêves olympiques, a réalisé Buchanan, exigent des sacrifices.

Ainsi, elle est reconnaissante du fait que cette même carrière de patineuse qui l’a envoyée à des compétitions en Allemagne et en Croatie la ramène aussi à ses racines.

Elle apprend aussi ce que signifie représenter Israël sur la scène internationale.

Parfois, cela signifie ne pas concourir pendant Yom Kippour, comme l’a découvert Buchanan en septembre, quand le programme libre d’une compétition coïncidait avec le Jour du Grand Pardon juif. D’autres fois, concourir pour l’équipe d’Israël signifie enlever des vêtements et des équipements avec signe d’identification à l’extérieur de la sécurité de la patinoire et voyager avec des détails de sécurité lors des compétitions européennes alors les patineurs d’autres pays n’ont pas besoin de le faire.

Concourir pour Israël, c’est aussi créer une chorégraphie sur l’interprétation d’« Avinu Malkeinu » par Barbra Streisand. Cela signifie que le même programme qui rend « fou » les foules israéliennes chaque année dans les compétitions nationales pourrait être désapprouvé par les juges européens.

Les juges lors d’une rencontre en Pologne n’ont pas explicitement attribué le total de points, qui était inférieur à la normale, à Buchanan en raison de la musique hébraïque, mais elle a cependant des soupçons.

« Tout le monde dit toujours que les morceaux artistiques souffrent lorsqu’ils viennent d’Israël », a déclaré Buchanan, « parce que tout le monde n’aime pas le pays ».

Ce simple fait motive Buchanan à patiner plus fort, mieux et plus gracieusement en tant qu’ambassadrice du pays.

« Cela ne devrait pas compter pour qui vous patinez », a-t-elle souligné. « Votre patinage est votre patinage ».

« Le pays est qui vous êtes, pas ce que vous faites. »

Avant Pyeongchang, Buchanan et sa mère sont réalistes. Israël, après s’être qualifié avec peine pour l’épreuve par équipe, ne va pas obtenir de médaille contre un groupe plus talentueux.

Mais pour Buchanan, cela est la chance de porter des vêtements d’Israël et de montrer son pendentif d’argent Magen David aux foules olympiques et cela est déjà spécial pour elle. Elle ne s’attendait pas à se qualifier après une blessure à la cheville qui a radicalement réduit son calendrier de compétition en 2017.

Elle a appris lors d’un voyage en Israël en décembre qu’en dépit de son revers, elle était qualifiée.

« J’étais comme, ‘OK, maintenant je dois sauver l’année et me retourner’ », a déclaré Buchanan. « J’étais tellement folle de joie. »

(Jori Epstein est rédactrice pour The Dallas Morning News et SportsDayDFW.com Elle a écrit cet article pour le Texas Jewish Post.)

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