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Alep risque d’être un nouveau Srebrenica, avertit John Kerry

Le secrétaire d'Etat américain a exhorté à une reprise des négociations politiques entre le régime du président al-Assad et l'opposition

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry devant le Forum Saban à Washington, D.C., le 4 décembre 2016. (Crédit : Ralph Aswang, via JTA)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry devant le Forum Saban à Washington, D.C., le 4 décembre 2016. (Crédit : Ralph Aswang, via JTA)

Le secrétaire d’Etat américain sortant John Kerry a averti jeudi que la ville d’Alep, reprise par le régime syrien, risquait de devenir un « autre Srebrenica », du nom de cette ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

John Kerry, qui quittera ses fonctions le 20 janvier, a une fois de plus réclamé une reprise des négociations politiques entre le régime du président Bachar al-Assad et l’opposition, dans une nouvelle déclaration solennelle et morale mais sans offrir de propositions inédites de règlement du conflit.

« Ce qui s’est déjà déroulé à Alep est impensable. Mais il reste des dizaines de milliers de vies concentrées dorénavant dans un tout petit espace à Alep et la dernière chose que l’on veuille voir –et le monde observe–, c’est que cette petite zone se transforme en un autre Srebrenica », a mis en garde le chef de la diplomatie américaine devant la presse au département d’Etat.

Simultanément à Paris, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura et le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault estimaient que « 50 000 personnes, dont 40 000 civils, étaient encore piégées à Alep-Est, partie de la seconde ville syrienne reprise par le régime de Damas.

M. Kerry a martelé, comme il le fait depuis des jours, que la « chute » d’Alep et le « massacre par le régime Assad » de sa population ne mettraient « pas fin à la guerre ».

Il a encore appelé à une relance des négociations « conduites par les Syriens » entre le régime et l’opposition.

Le secrétaire d’Etat, qui quittera le pouvoir sans avoir mis fin à la guerre malgré des années d’efforts diplomatiques, a assuré que « l’opposition syrienne légitime, la Turquie, le Qatar et des pays arabes voulaient reprendre le chemin de Genève », où s’étaient tenues jusqu’au printemps des tractations indirectes entre ennemis syriens sous l’égide de l’ONU.

« La seule question qui demeure est de savoir si le régime syrien, avec l’appui de la Russie, veut aller à Genève pour négocier de manière constructive », a souligné John Kerry.

Toute la semaine dernière en tournée d’adieux en Europe, il avait plaidé pour reprendre ces pourparlers politiques, sans conditions préalables, avant même un cessez-le-feu durable à Alep. Il avait même affirmé samedi à Paris auprès de l’AFP et du Washington Post que le président Assad était prêt à s’y engager « de bonne foi ».

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