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Ali Motahari : l’Iran a toujours voulu l’arme nucléaire comme « moyen d’intimidation »

"Il est inutile de tourner autour du pot", déclare l'ancien député iranien, selon qui l’échec de l'Iran est de ne pas avoir gardé ses plans secrets assez longtemps

Ali Motahari, ancien membre du Parlement iranien, le Majles, dans une interview accordée aux médias iraniens, le 24 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran/YouTube/MEMRI)
Ali Motahari, ancien membre du Parlement iranien, le Majles, dans une interview accordée aux médias iraniens, le 24 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran/YouTube/MEMRI)

Un ancien parlementaire iranien a déclaré dimanche dans une interview à la presse iranienne que l’Iran a depuis toujours eu l’intention de construire une bombe nucléaire qui aurait été utilisée comme un « moyen d’intimidation », selon des vidéos enregistrées et traduites par le Middle East Media Research Institute (MEMRI).

« Lorsque nous avons commencé notre activité nucléaire, notre objectif était bien de construire une bombe », a déclaré l’ancien homme politique iranien Ali Motahari à ISCA News. « Il est inutile de tourner autour du pot », a-t-il ajouté.

Ses déclarations contredisent les affirmations répétées de l’Iran selon lesquelles le pays n’aurait jamais eu l’intention de fabriquer des armes nucléaires – une affirmation rejetée par Israël et les services de renseignement occidentaux.

Motahari a fait remarquer que l’objectif de construire une bombe était poursuivi et soutenu par « l’ensemble du régime, ou du moins, par tous ceux qui ont initié cette activité. »

Interrogé par le journaliste pour savoir si les personnes à l’origine du programme nucléaire iranien avaient l’intention d’utiliser la bombe, Motahari a répondu : « Non, nous voulions la fabriquer comme moyen d’intimidation », citant un verset du Coran :  » Semer la peur dans le cœur des ennemis d’Allah ».

Pour Motahari, l’échec de l’Iran sur ce point est de ne pas avoir gardé ses plans secrets assez longtemps.

« En ce qui concerne ce que nous avons commencé… Si nous avions pu le garder [secret] jusqu’à un premier essai [nucléaire], alors l’affaire aurait été conclue. Comme au Pakistan », a-t-il déclaré, faisant valoir que des pays comme le Pakistan et la Corée du Nord, dont on pense qu’ils possèdent des bombes nucléaires, « sont pris au sérieux » sur la scène mondiale.

Avoir une bombe nucléaire « n’aurait pas été une mauvaise chose », a déclaré Motahari. « Tout ce que je dis, c’est que puisque nous avions entamé le programme, nous aurions dû le mener à son term.e

Interrogé sur la portée de ses commentaires sur les négociations en cours avec l’Occident sur le programme nucléaire iranien, Motahari a répondu : « Personne ne m’écoute … Je n’ai aucune fonction officielle. Je dis ces choses en mon nom personnel ».

Il a ajouté vers la fin de l’interview que le Guide suprême iranien Ali Khamenei s’oppose actuellement à l’idée de construire une bombe.

Le chef suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, s’adresse à la nation dans un discours télévisé marquant le nouvel an iranien, à Téhéran, en Iran, dimanche 21 mars 2021 (Crédit : Bureau du chef suprême iranien via AP)

Les négociations sur le programme nucléaire iranien, connues sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA), sont au point mort, en grande partie à cause de la demande iranienne que Washington retire le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) de la liste des organisations terroristes étrangères du Département d’État.

Israël a fait pression, en public et en privé, contre cette mesure. Lors d’un appel téléphonique avec le président américain Joe Biden dimanche, le Premier ministre Naftali Bennett a réitéré la position de Jérusalem qui s’oppose à ce que les États-Unis répondent à la demande de l’Iran.

Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a bien semblé rejeter la demande iranienne lorsqu’il a été interrogé à ce sujet lors d’un briefing avec la presse lundi dernier.

« Si l’Iran veut une levée des sanctions qui va au-delà du JCPOA, il devra répondre à nos préoccupations qui vont au-delà du JCPOA », a déclaré M. Price en réponse à une question sur la suppression de la liste des Gardiens de la révolution. « Ils devront négocier ces questions de bonne foi avec réciprocité ».

Comme l’Iran n’a pas exprimé sa volonté de céder sur les questions non liées au nucléaire, les remarques de Price ont semblé tirer un trait sur la possibilité d’une radiation unilatérale par Washington, même si Téhéran en faisait une condition pour reprendre ses engagements dans le cadre du JCPOA.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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