Allemagne : un groupe palestinien fustige le discours d’Abbas sur l’Holocauste
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Allemagne : un groupe palestinien fustige le discours d’Abbas sur l’Holocauste

Lors d'une initiative rare, le DPG a indiqué "se dissocier clairement et sans équivoque" du discours du président de l'AP attribuant la responsabilité de la Shoah aux Juifs

Le secrétaire-général des Nations unies  Antonio Guterres, à gauche, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, arrivent pour une réunion au siège de l'ONU, le 20 février 2018 à New Yok (Crédit :  Drew Angerer/Getty Images via JTA)
Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres, à gauche, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, arrivent pour une réunion au siège de l'ONU, le 20 février 2018 à New Yok (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

Initiative inhabituelle, le principal groupe de pression palestinien en Allemagne a condamné ce qu’il a qualifié de « propos antisémites » tenus par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas sur l’Holocauste.

Le DPG, ou Société germano-palestinienne, a fait savoir dans un communiqué mardi qu’il se « dissocie clairement et sans équivoque » des paroles prononcées lors de son allocution par Abbas.

S’exprimant lundi dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, Abbas a expliqué que les Juifs avaient provoqué l’Holocauste par leur « comportement social », notamment en raison de leur activité d’usuriers. Il a également dit que les Juifs n’avaient aucune connexion historique à la terre d’Israël.

Ce discours a été condamné par une grande part de l’échiquier politique. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les membres de l’administration Trump ont fustigé ces propos. Des groupes libéraux comme JStreet et American Friends of Peace Now ont déclaré que ces paroles étaient incendiaires et offensantes.

Sara J. Bloomfield, directrice du musée mémorial américain de l’Holocauste de Washington. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le musée du mémorial de l’Holocauste américain a émis un communiqué inhabituellement fort. « La ‘leçon d’histoire’ auto-proclamée d’Abbas était à l’opposé d’une leçon d’histoire », a déclaré la directrice du musée, Sara J. Bloomfield. « Plutôt que d’exposer les Palestiniens à des informations exactes sur la Shoah et aux persécutions antisémites que les Juifs ont dû affronter pendant des siècles en Europe, Abbas a dénaturé l’histoire pour faire avancer un programme négationniste et mensonger sur l’Holocauste et le lien des Juifs à Israël ».

Le communiqué émis par le groupe germano-palestinien a qualifié le discours d’Abbas « d’allocution bourrée de propos antisémites ».

« Suggérer que les Juifs, d’une certaine manière, ont eu une responsabilité dans l’Holocauste est une distorsion grotesque des faits historiques », a écrit le groupe dans son communiqué. « L’affirmation que les Juifs n’ont aucune racine en terre sainte est également erronée ».

Les allégations d’antisémitisme contre Abbas par des alliés déterminants en Europe sont rares. L’Holocauste est une question sensible en Allemagne, où les dirigeants nazis ont conçu et mené le génocide pendant la Seconde guerre mondiale. Cette réprimande ouverte d’Abbas par le DPG pourrait également refléter le malaise croissant de la rhétorique de plus en plus radicale adoptée par les alliés qui défendent les droits des Palestiniens dans les sociétés libérales.

Mercredi, le congrès juif européen a appelé les leaders et les responsables de l’Europe à rompre tout contact avec le chef palestinien jusqu’à ce qu’il présente ses excuses pour son antisémitisme odieux et pour son déni de l’Holocauste.

« Depuis bien trop longtemps, les chefs européens ont accordé à Mahmoud Abbas le bénéfice du doute dans ses incitations répétées contre Israël, le peuple juif et par son déni de l’Holocauste », a commenté Moshe Kantor, président du congrès juif européen, dans une déclaration. « Cela doit cesser et cela doit être traité comme toute parole raciste et antisémite et les contacts doivent être rompus jusqu’à ce qu’il présente des excuses ».

Mercredi également, c’est le service diplomatique de l’Union européenne qui a condamné à son tour les propos d’Abbas. Sans les qualifier d’antisémites, le service d’Action extérieure a déclaré dans un communiqué qu’ils étaient « inacceptables » et qu’ils « ne joueront qu’en faveur de ceux qui refusent une solution à deux Etats ». L’UE a ajouté qu’elle « restait engagée dans la lutte contre l’antisémitisme et contre toute tentative de cautionner, justifier ou ou banaliser grossièrement l’Holocauste ».

Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiku Maas a dit en réponse aux propos d’Abbas que son pays était responsable « de l’un des pires crimes de l’histoire ».

« Et nous devons donc répondre résolument à toute expression antisémite », a-t-il ajouté.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas préside une réunion du Conseil national palestinien à Ramallah le 30 avril 2018. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Abbas a utilisé un certain nombre de théories du complot antisémites lundi durant ce qu’il a appelé une « leçon d’histoire durant laquelle il a cherché à prouver que le lien de 3000 ans existant entre les Juifs et la terre sainte était un mensonge.

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