Rechercher

Amichai Chikli s’insurge contre la « soif de pouvoir » de Bennett

Le député du parti Yamina accuse le Premier ministre « d'abus sans précédent de la confiance des électeurs », alors que le gouvernement auquel il s'oppose risque de s'effondrer

Le député Amichai Chikli lors d'une conférence organisée par le journal Makor Rishon au Centre international des congrès de Jérusalem, le 21 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Amichai Chikli lors d'une conférence organisée par le journal Makor Rishon au Centre international des congrès de Jérusalem, le 21 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le député rebelle du parti Yamina, Amichai Chikli, a attaqué samedi le Premier ministre Naftali Bennett après que le parti a décidé de l’évincer, alors que le gouvernement était au bord de l’effondrement potentiel à la suite de la défection d’un autre membre du parti de la coalition cette semaine.

Chikli s’est présenté aux élections de l’année dernière aux cotés du parti Yamina mais a rapidement rompu avec le parti à cause de l’inclusion de la faction islamiste Raam dans la coalition. Chikli n’est plus député Yamina que sur le papier depuis juin dernier, date à laquelle il a refusé de soutenir l’investiture de la coalition en protestation de la présence du parti islamiste Raam. Il ne faisait pas partie des 61 membres de la coalition dénombrés jusqu’à mercredi – ils ne sont plus que 60 désormais – et a refusé de voter en faveur de lois importantes, dont le budget de l’État.

Malgré sa rébellion, le parti Yamina s’était jusqu’à présent gardé de qualifier Chikli de transfuge, dans l’espoir d’obtenir son soutien ponctuel sur certaines questions. Mais jeudi, il a été décidé de le faire après que la députée Yamina Idit Silman a quitté la coalition, ce qui a fait perdre au gouvernement sa faible majorité parlementaire.

Cette décision est, dans tous les cas, un avertissement clair aux députés Orbach et Kara, qui se sont tous deux entretenus avec le Premier ministre, Naftali Bennett, chef du parti Yamina, mercredi, sans faire de déclarations.

Selon Chikli, il a été informé de l’intention de Yamina de le qualifier de transfuge après avoir atterri en Moldavie en tant qu’émissaire d’une organisation de premiers secours bénévoles qui aide les réfugiés fuyant l’invasion russe de l’Ukraine.

« Et qui me déclare [me transfuge] ? Celui dont la soif de pouvoir l’a conduit à une violation sans précédent de la confiance des électeurs », a écrit Chikli sur Twitter.

« Je continuerai sur la voie promise à nos électeurs de respecter nos engagements à tout prix », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett tient une conférence de presse dans une base militaire, près de l’implantation cisjordanienne de Beit El, le 5 avril 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

L’éviction de Chikli doit encore être approuvée par la commission de la Knesset, dirigée par le député Yamina Nir Orbach. Cependant, il n’est pas encore certain que cela se produira. Orbach a lui-même présenté plusieurs demandes de droite pour rester au gouvernement et est l’un des nombreux députés de Yamina susceptibles de suivre Silman dans la rupture avec la coalition.

S’il est approuvé, son éviction pourrait porter un coup aux aspirations politiques de Chikli, car les règles de la Knesset l’empêcheraient de se présenter avec n’importe quelle faction siégeant actuellement au parlement lors des prochaines élections, ce qui – si le gouvernement s’effondre sans proposition alternative de l’opposition – pourrait être déclaré prochainement.

Chikli, cependant, pourrait potentiellement former une nouvelle faction politique, ce qu’il a récemment laissé entendre.

Selon un reportage publié vendredi, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, numéro 2 du parti Yamina, a tenu des pourparlers cette semaine sur l’adhésion au Likud après que Silman a quitté la coalition.

Shaked, partenaire politique de longue date de Bennett, a finalement décidé de ne pas quitter le navire après s’être mise d’accord avec Orbach et Kara pour  tenter une nouvelle fois de renforcer le gouvernement, a rapporté la Douzième chaîne.

Ayelet Shaked, à gauche, et Idit Silman, à droite, à la Knesset, le 10 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La coalition – une alliance improbable de huit partis disparates – s’est efforcée de maintenir alignés d’autres déserteurs potentiel et de donner une illusion de stabilité, alors même qu’elle est au bord de l’effondrement après le départ de Silman.

Avec Silman quittant la coalition mais pas la Knesset, le gouvernement de Bennett ne détient plus que 60 sièges sur les 120. Les voies à suivre pour la coalition et la Knesset ne sont pas évidentes, une nouvelle élection étant considérée comme l’issue la plus probable, mais le calendrier reste incertain.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...