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Yamina qualifie Chikli de transfuge et invite ses membres à rester alignés

Le député sera ainsi empêché lors des prochaines élections, envoyant un message fort aux autres députés envisageant une sortie de la coalition

Le député de Yamina Amichai Chikli lors de la cérémonie de prestation de serment à la Knesset, le 5 avril 2021. (Crédit :Olivier Fitousi/Flash90)
Le député de Yamina Amichai Chikli lors de la cérémonie de prestation de serment à la Knesset, le 5 avril 2021. (Crédit :Olivier Fitousi/Flash90)

Yamina a déclaré, jeudi après-midi, que le député rebelle Amichai Chikli était un « transfuge », envoyant un message fort aux députés du parti, Nir Orbach et Abir Kara. Tous deux sont en effet sous étroite surveillance, soupçonnés de vouloir faire défection, dans le sillage du départ inattendu de la cheffe de la coalition, la députée Idit Silman, mercredi.

« La faction Yamina a décidé de convoquer une réunion de la commission de la Chambre de la Knesset afin de déclarer le député Amichai Chikli transfuge du parti », a indiqué un communiqué publié par le porte-parole du parti.

C’est précisément Orbach qui préside cette commission.

Chikli n’est plus député Yamina que sur le papier depuis juin dernier, date à laquelle il a refusé de soutenir l’investiture de la coalition en protestation de la présence du parti islamiste Raam. Il ne faisait pas partie des 61 membres de la coalition dénombrés jusqu’à mercredi – ils ne sont plus que 60 désormais – et a refusé de voter en faveur de lois importantes, dont le budget de l’État.

Il a également voté contre la prorogation de la loi, très controversée, sur la citoyenneté, alors même qu’elle est conforme à ses idées. Cette loi empêche des Palestiniens, mariés à des ressortissants israéliens, d’obtenir la résidence permanente.

À la suite de manigances de l’opposition, le vote controversé s’est doublé d’un vote de confiance envers le gouvernement, et Chikli a voté contre le gouvernement à cette occasion.

Le parti Yamina s’était jusqu’à présent gardé de qualifier Chikli de transfuge, dans l’espoir d’obtenir son soutien ponctuel sur certaines questions.

Le député Nir Orbach réagit lors d’une session plénière dans la salle de réunion du parlement israélien sur la loi sur l’électricité reliant les villes arabes et bédouines, à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette désignation porte un coup dur aux aspirations politiques de Chikli. En effet, les règles en vigueur à la Knesset l’empêchent de se présenter, lors des prochaines élections, au titre d’une l’une ou l’autre faction siégeant actuellement au parlement. Or, si le gouvernement tombait sans proposition alternative de l’opposition, des élections pourraient être convoquées très prochainement.

Chikli aurait toujours la possibilité de former une nouvelle faction politique, ce qu’il a récemment laissé entendre.

Cette décision est, dans tous les cas, un avertissement clair aux députés Orbach et Kara, qui se sont tous deux entretenus avec le Premier ministre, Naftali Bennett, chef du parti Yamina, mercredi, sans faire de déclarations.

Jeudi matin, Orbach a lancé ce que son bureau a qualifié d’« ultimatum » à Bennett, exigeant des concessions dans trois domaines clés en échange de son maintien dans la coalition. Plus tard dans la journée, il a reçu une réponse partielle sur l’un de ces points, lorsque le ministre des Finances, Avigdor Lieberman, a reporté à 2023 la mise en œuvre d’un projet visant à imposer des restrictions de qualification aux subventions aux garderies pour les étudiants de yeshiva.

Kara, qui aurait été sur le point de quitter la coalition mercredi soir, et qui s’est souvent opposé aux projets de la coalition par le passé, a déclaré jeudi qu’il pourrait rester si ses priorités économiques étaient prises en compte.

La décision de Yamina constitue également une menace pour Silman, elle-même susceptible de se voir qualifiée de transfuge et sanctionnée en conséquence. Cela aurait pour effet de réunir à néant son intention de se présenter aux prochaines élections avec le Likud. Le Likud lui aurait laissé entendre qu’elle pourrait se voir confier le ministère de la Santé, ce qui est assez peu probable sans être élue préalablement à la Knesset.

Les règles de la Knesset permettent, dans certaines conditions, aux députés qui le souhaitent de quitter leur parti. Si plus de 30 % des membres d’un parti font ainsi sécession pour créer une nouvelle faction – dans le cas de Yamina, ce serait trois députés –, ils ne peuvent être ni qualifiés de transfuge ni sanctionnés.

Si la Knesset était dissoute et de nouvelles élections convoquées, le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, deviendrait mécaniquement Premier ministre par intérim, conformément à un accord de coalition qui prive du poste de Premier ministre le parti responsable de la chute du gouvernement.

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