Antisémitisme : Castaner a réuni les représentants des institutions juives
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Antisémitisme : Castaner a réuni les représentants des institutions juives

Francis Kalifat, Joël Mergui, Haïm Korsia et Ariel Goldmann ont souligné la nécessité que la législation existante soit "fermement" appliquée, notamment l'aide au dépôt de plainte

Christophe Castaner, à l'Elysée le 21 mars 2018. (Crédit : AFP / LUDOVIC MARIN)
Christophe Castaner, à l'Elysée le 21 mars 2018. (Crédit : AFP / LUDOVIC MARIN)

Les représentants des institutions juives ont été reçus ensemble mardi par quatre ministres, dont le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, pour discuter de la lutte contre l’antisémitisme, alors que les actes antisémites ont progressé de près de 70 % en 2018.

Cette rencontre a réuni place Beauvau le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat, le président du Consistoire israélite Joël Mergui, le grand rabbin de France Haïm Korsia et le président du Fonds social juif unifié Ariel Goldmann.

Côté gouvernement, outre M. Castaner, la Garde des Sceaux Nicole Belloubet, la secrétaire d’État chargée de la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa et le secrétaire d’État Laurent Nunez ont assisté à la rencontre.

Celle-ci intervient une dizaine de jours après la tribune du Premier ministre Édouard Philippe, dans laquelle il s’était alarmé du fait que les actes antisémites en France avaient bondi (+69 %) sur les neuf premiers mois de 2018.

Francis Kalifat en juillet 2014 (Crédit : Capture d’écran YouTube/Crif/BFMTV)

« Ce n’était pas une réunion qui devait déboucher sur des solutions immédiates », mais « l’occasion de nous exprimer et de proposer des solutions », a déclaré à l’AFP M. Kalifat, à l’issue de la réunion.

« Toutes les personnes autour de la table ont bien entendu que nous souhaitons que des moyens spécifiques à la lutte contre l’antisémitisme soient mis en place », a affirmé Joël Mergui. Il ne s’agissait pas « d’annoncer un nouveau plan », mais plutôt « pour nous, de dire un certain nombre de choses au nouveau ministre », a-t-il ajouté.

Le Grand Rabbin Haim Korsia (au centre), avec le président du Consistoire Joël Mergui (à gauche), et les officiers de l’armée française dans une synagogue à Paris, le 6 novembre 2014. (Crédit : JTA / Alain Azria)

Pour Haïm Korsia, « c’était important qu’on se voit tous et qu’on ne considère pas qu’il y ait une masse d’actes antisémites incompressible contre lesquels on ne peut rien faire ».

Tous ont souligné la nécessité que la législation existante soit « fermement » appliquée, notamment l’aide au dépôt de plainte. La Garde des Sceaux a assuré que le dispositif de plainte en ligne permettrait de faciliter cette dernière, a rapporté M. Goldmann.

Selon eux, Mme Schiappa a proposé, à plus long terme, un travail commun à la production de contre-discours et de déconstruction des préjugés.

« Le gouvernement est pleinement mobilisé face à l’antisémitisme », a assuré sur Twitter le ministre de l’Intérieur, soulignant que les échanges avaient été « constructifs » pour « lutter contre toutes les formes de haine antisémite et assurer la sécurité des juifs en France. »

D’autres consultations devraient suivre, pour aboutir à des « actes concrets », a dit M. Kalifat.

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