Antisémitisme : Passe d’armes entre Matthieu Pigasse et Caroline Fourest
Malgré une ligné éditoriale pour le moins controversée à Radio Nova, l'hommes d'affaires assure être contre l'antisémitisme

Samedi 6 juin, l’homme d’affaires surnommé le « banquier rouge » Matthieu Pigasse, propriétaire du groupe de médias Combat, était l’invité de Léa Salamé dans l’émission « Quelle Époque ! » diffusée sur France 2. Au cours de cet entretien, il a été confronté par le journaliste Hugo Clément, citations à l’appui, aux critiques virulentes concernant le tournant éditorial de Radio Nova.
Interrogé sur le climat régnant au sein de sa station, Matthieu Pigasse a dû répondre aux propos de l’ancien animateur de Nova, Ariel Wizman, et de la journaliste Caroline Fourest, qui tous deux ont évoqué un virage délétère de la station en réagissant notamment aux propos et clins d’œil antisémites d’Akim Omri dans son émission « La riposte » – son plateau a récemment été « envahi » par le collectif « Nous Vivrons ».
Mais aussi au « billet d’humeur » de Pierre-Emmanuel Barré dans l’émission dominicale « La Dernière » autour de Guillaume Meurice et d’autres humoristes virés ou démissionnaires de France Inter.
Ciblant principalement l’ancien Premier ministre Gabriel Attal et la chroniqueuse Sophia Aram, avec pour l’un le souhait de le voir mourir d’un cancer de pancréas, pour l’autre d’être écrasée par une voiture dans la rue, les propos de Barré ont suscité la réponse de Sophia Aram sur le réseau social X : « Comme le harcèlement et la haine en ligne, l’humour de la ‘gauche Pigasse’ se pratique en meute », a-t-elle écrit.
Caroline Fourest a accusé le patron de presse d’avoir transformé la radio culte en « Radio Gaza » puis en « Radio Dieudonné », dénonçant un humour qu’elle juge obsessionnel et antisémite.
Elle a comparé la ligne éditoriale actuelle à un miroir inversé de la chaîne CNews, au service d’une ambition partisane : « Des humoristes mélenchonistes qui humilient les rivaux du chef de la meute, ne parlent que d’Israël, font rire sur la mort de Sophia Aram ou de Gabriel Attal… De l’humour sinistre au service d’une ambition politique. Du CNews inversé. »
L’intervention à la télé de Matthieu Pigasse
Plutôt agacé par la question d’Hugo Clément, Matthieu Pigasse a qualifié ces attaques de « totalement excessives et ridicules ». Il a vigoureusement défendu ses équipes en demandant si un seul humoriste de Radio Nova avait déjà été condamné ou était actuellement poursuivi pour antisémitisme, reprenant à son compte un argument cher à la France insoumise pour se défendre des multiples accusations dont le parti radical fait l’objet.
Affirmant que la gauche qu’il représente est « ouverte, fraternelle et généreuse », il a assuré que rien ne lui était « plus étranger que l’antisémitisme », qu’il considère comme une « attaque à la dignité humaine ».
Quelques jours plus tôt sur X, il avait déjà écrit, en réponse aux accusations de Caroline Fourest, « Radio Nova n’est pas un ‘CNews inversé’. C’est un espace libre, parfois irrévérencieux, mais toujours vivant ». Il avait ajouté : « Oui, on peut rire de tout. Le rire est un des piliers de la démocratie… Une société libre n’a pas peur du rire. » Et il avait conclu : « Ce que vous appelez ‘la gauche Pigasse’, Caroline Fourest ou Sophia Aram, c’est celle qui ne cède pas. Celle qui défend la liberté d’expression sans astérisque, l’indépendance éditoriale sans tutelle, la culture comme espace de combat. Celle qui refuse l’inversion des valeurs, celle qui sait que l’antisémitisme est d’abord un poison d’extrême droite, qu’il faut combattre sans ambiguïté et sans relâche, et celle qui sait que l’antifascisme n’est pas un nouveau fascisme. »
L’attaque contre Caroline Fourest et le Printemps Républicain
Sur le plateau de Quelle Époque !, confronté à la charge d’Hugo Clément, Matthieu Pigasse a lancé une charge encore plus frontale contre ses détracteurs Fourest et Wizman, les associant tous les deux au Printemps républicain qu’il a décrit comme un « groupuscule identitaire » utilisant des « méthodes de l’extrême droite ».
Visant plus particulièrement Caroline Fourest, il a déclaré : « Je pense qu’elle est partie tellement loin à droite qu’effectivement elle ne doit pas être loin de l’extrême droite. »
Cette déclaration a suscité une réaction sur le plateau, notamment de la part de Daniel Riolo (journaliste sportif invité) et de Léa Salamé, qui se sont opposés à ces propos et contre le classement politique excessif utilisé par Pigasse, Léa Salamé le présentant un peu plus loin dans l’émission comme « un nouveau et énième candidat aux élections présidentielles de 2027 ».
La réponse de Caroline Fourest
La réponse de Caroline Fourest ne s’est pas faite attendre. Intervenant dès le lendemain matin sur les réseaux sociaux. Elle a qualifié les propos de l’homme d’affaires de « glaçants de sectarisme narcissique ».
La journaliste a rappelé qu’elle combattait l’extrême droite depuis trente ans avec, selon elle, « bien plus d’efficacité que lui ».
Elle a réitéré ses accusations, affirmant que refuser l’antisémitisme et critiquer La France insoumise (LFI) ne devraient pas valoir une étiquette d’extrême droite.
Enfin, elle a fustigé l’attitude du banquier d’affaires, l’accusant de « souffler l’antisémitisme pour servir son hubris ».






