Apprendre le Talmud grâce aux films de kung-fu ? C’est possible !
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Apprendre le Talmud grâce aux films de kung-fu ? C’est possible !

Une nouvelle pièce de théâtre explore les similitudes entre les rapports élèves-enseignants et le rythme et la structure des deux disciplines

La pièce de Jesse Freedman "The Talmud", inspiré des traités de loi juive et du kung fu. (Crédit : Freedman via JTA)
La pièce de Jesse Freedman "The Talmud", inspiré des traités de loi juive et du kung fu. (Crédit : Freedman via JTA)

JTA — En essayant de comprendre les débats, souvent ésotériques du Talmud, les aspirants talmudistes se tournent souvent vers des enseignants, des dictionnaires et toutes sortes d’aides à l’étude. Jesse Freedman a trouvé une autre source, aussi utile qu’inattendue : les films de kung-fu.

Il y a cinq ou six ans, le réalisateur et scénariste juif regardait le film sur les arts martiaux « Canton Viper » quand il a réalisé que cela lui évoquait quelque chose du Talmud, qu’il a étudié à l’université.

« Alors j’ai étudié davantage le Talmud et regardé davantage de films de kung-fu, et je me suis dit ‘Le Talmud me rappelle les films de kung-fu, et les films de kung-fu me rappellent le Talmud' », a-t-il raconté au JTA mardi.

Entre autres similarités, Freedman a souligné les rapports entre enseignants et élèves, qui débattent et argumentent sur des détails de leur tradition respective.

La structure des travaux est également similaire : dans les films de kung-fu, les scènes narratives sont entrecoupées de scènes de luttes chorégraphiées qui propulsent et étoffent l’intrigue. Dans le manuel de la loi juives, les débats juridiques sont entrecoupés d’anecdotes et de paraboles qui viennent illustrer un précepte.

« La relation entre les éléments narratifs et chorégraphiques dans les films de kung-fu offrent une opportunité intéressante d’interpréter le Talmud sur scène », a ajouté Freedman.

Alors le cinéaste de 37 ans a fait ce qu’il sait faire de mieux : rédiger un scénario. Le résultat ? « The Talmud », qui se jouera du 12 au 18 septembre, au Target Margin Theater de Brooklyn. Cette pièce de 75 minutes a été créée par Meta-Phys Ed., une compagnie artistique que Freedman a fondée avec le rabbin Bronwen Mullin, et dont il est le directeur artistique.

« En gros, c’est comme ça que je fonctionne », a expliqué le natif de Brooklyn, qui a grandi à Stamford, dans le Connecticut. « Il a plusieurs choses qui m’intéressent, et je rassemble tout. »

L’intrigue de la pièce est inspirée du traité Gittin du Talmud, qui traite principalement des lois du divorce. Freedman s’est focalisé sur une digression du texte concernant une terre confisquée aux Juifs par les Romains durant la première guerre qui les a opposés, et qui a fini par la destruction du Deuxième Temple.

Dans une académie talmudique réinventée, les rabbins parlent de la loi – les dialogues sont empruntés à une traduction anglaise du texte – avec des séquences chorégraphiées inspirées du kung-fu. Le casting est composé de quatre personnes et d’un musicien qui joue du pipa, le luth traditionnel chinois. Il y a également des projections vidéos et des danses, allant du post-moderne au hip hop.

S’il n’y a aucune scène de lutte dans la pièce, Freedman s’est inspiré de la façon dont les séquences de lutte et de duels sont structurées. Pendant qu’il travaillait avec son équipe sur la pièce, il a regardé de nombreux films chinois sur le kung-fu des années 1970 à aujourd’hui.

La pièce de Jesse Freedman « The Talmud », inspiré des traités de loi juive et du kung fu. (Crédit : Freedman via JTA)

Dans le Talmud, « on se lance des défis pour affiner ses compétences, défendre ses techniques, ses traditions, pour mieux la comprendre, la garder en vie, l’étendre et la faire progresser », a expliqué Freedman.

Pour mieux comprendre cette dynamique, a-t-il ajouté, « je peux regarder des films de kung-fu parce que c’est souvent ce dont traitent ces films ».

Ce n’est pas la première fois que Freedman a associé des sujets improbables dans une pièce. En 2018, sa pièce « Wake… Sing… » était inspirée d’une pièce de l’auteur juif américain Clifford Odets, de l’époque de la Grande Dépression, de livres bibliques sur la résurrection des morts et de films de zombies.

« La plupart de mes projets ont tendance à avoir un élément juif en eux », dit-il.

Le cinéaste affirme avoir aimé apprendre de la richesse de ces deux cultures uniques.

« C’était génial de s’instruire sur les milliers d’années de traditions juives et chinoises », a-t-il dit.

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