Après l’attaque antisémite, un élu américain d’extrême droite critiqué
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Après l’attaque antisémite, un élu américain d’extrême droite critiqué

Les récents commentaires tenus pas Steve King lui valent le retrait de soutiens précieux, à seulement une semaine du scrutin du 6 novembre lors duquel il jouera sa réélection

Steve King, représentant républicain de l'Iowa à la Chambre des représentants des États-Unis. (Crédit : domaine public)
Steve King, représentant républicain de l'Iowa à la Chambre des représentants des États-Unis. (Crédit : domaine public)

Après la pire attaque antisémite jamais perpétrée aux Etats-Unis, à Pittsburgh, le parti républicain était appelé mercredi par de nombreuses voix influentes à agir contre un de ses élus, connu de longue date pour ses opinions xénophobes.

Siégeant depuis près de 16 ans à la Chambre des représentants, Steve King, 69 ans, n’a jamais fait mystère de ses vues d’extrême droite.

Mais dans un pays meurtri par la tuerie dans la synagogue de Pittsburgh, où onze fidèles ont été abattus samedi, des commentaires récents de cet élu de l’Iowa lui valent le retrait de soutiens précieux, à seulement une semaine du scrutin du 6 novembre lors duquel il jouera sa réélection.

« King paye le prix de ses appels de plus en plus flagrants aux forces du racisme et de la xénophobie », écrit mercredi dans une tribune le comité de rédaction d’un journal de son Etat, le Des Moines Register.

Un policier de Pittsburgh marche devant un mémorial de fleurs et d’étoiles dressé devant la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, le 28 octobre 2018 (Crédit : AP/Gene J. Puskar)

Mardi, c’est un haut responsable républicain, à la tête des efforts du parti pour soutenir l’élection de républicains à la Chambre, qui l’avait vertement critiqué.

« Nous devons lutter contre la suprématie blanche et la haine sous toutes ses formes, et je condamne son comportement », a tweeté Steve Stivers.

Deux grandes entreprises américaines, Purina et Lake O’Lake, ont annoncé mardi qu’elles ne contribueraient plus au financement de la campagne de M. King. Le géant américain Intel aurait fait de même, selon des médias locaux.

Mais la grande organisation américaine de lutte contre l’antisémitisme, l’Anti-Defamation League (ADL), veut que le parti aille plus loin, avec des mesures disciplinaires contre l’élu.

Jonathan Greenblatt, directeur national de la Ligue Anti-Diffamation. (Gracieuseté de ADL / via JTA)

La tuerie de Pittsburgh « nous a rappelé que le silence face à l’antisémitisme et la haine revient à consentir », a écrit mardi son président, Jonathan Greenblatt.

M. Greenblatt dénonce notamment la rencontre de Steve King avec des responsables du parti d’extrême droite autrichien FPÖ cet été.

A cette occasion, il avait donné un entretien à une publication proche de ce parti, Unzensuriert, dans lequel il reprenait ouvertement la théorie xénophobe du « grand remplacement », et parlait du milliardaire américain George Soros, qui est juif, comme d’une influence sombre et cachée sur les élections américaines.

Reprenant une des expressions préférées de Donald Trump, Steve King a affirmé mardi que ces critiques étaient « orchestrées par des médias fake news malhonnêtes » pour empêcher les républicains de garder leur majorité au Congrès, avec la complicité de « l’establishment anti-Trump ».

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