Après les révélations sur l’attitude d’un lieutenant, Tsahal bloque sa promotion
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Après les révélations sur l’attitude d’un lieutenant, Tsahal bloque sa promotion

En niant les principaux aspects de l'enquête "Haaretz", le chef du Commandement Nord déclare l'officier de brigade Golani, le lieutenant Guy Eliyahu, coupable de plusieurs méfaits

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de la brigade Golani participent à un exercice militaire dans la ville de Safed, au nord du pays, le 12 février 2020. (David Cohen/Flash90)
Des soldats de la brigade Golani participent à un exercice militaire dans la ville de Safed, au nord du pays, le 12 février 2020. (David Cohen/Flash90)

Le chef du Commandement Nord de l’armée israélienne a bloqué lundi la promotion d’un lieutenant de la Brigade Golani qui a fait l’objet d’un article le mois dernier et selon lequel il avait l’habitude de violer les ordres alors que ses supérieurs regardaient ailleurs.

Suite à la publication des articles de l’enquête Haaretz sur l’officier – le lieutenant Guy Eliyahu, chef d’équipe de l’unité de reconnaissance de la brigade Golani – le chef du Commandement nord, le major général Amir Baram, a ordonné une enquête sur les allégations portées contre lui, dont les résultats ont été publiés lundi.

Dans une déclaration, l’armée a nié plusieurs aspects clés des rapports – principalement ceux liés à un raid transfrontalier non autorisé présumé en Syrie en janvier dernier, ainsi que les allégations selon lesquelles des officiers supérieurs auraient tenté de dissimuler les méfaits d’Eliyahu – mais a estimé que le lieutenant était toujours coupable d’avoir « commis un certain nombre d’erreurs en cours de route » et que le commandant du bataillon de reconnaissance, le Lt. Col. Shimon Siso, n’aurait pas dû permettre à Eliyahu de préparer sa promotion à l’école de commandement tactique de l’armée.

Selon l’armée, ces erreurs comprenaient : le fait que ses soldats aient arrêté leurs véhicules de manière dangereuse le long de l’autoroute – peu avant qu’un certain nombre de soldats de l’unité ne soient tués dans un accident de voiture dans un cas similaire, mais différent ; le fait de ne pas avoir empêché ses soldats de crever les pneus des voitures des Palestiniens à Naplouse peu après cet accident de voiture mortel comme une forme de vengeance aveugle ; et la falsification d’un document qu’il a présenté à un tribunal militaire.

Le major général Amir Baram, chef du Commandement Nord de l’armée et chef des écoles militaires de l’armée israélienne, sur une photographie non datée. (Armée israélienne)

Cependant, Tsahal a rejeté catégoriquement les allégations d’un article de Haaretz selon lequel Eliyahu aurait mené un raid non autorisé en Syrie, affirmant que l’opération avait en fait été autorisée et approuvée par tous les commandants concernés par les voies appropriées.

L’armée a également nié une conspiration des commandants d’Eliyahu pour couvrir ses actions, bien que Baram ait trouvé plusieurs cas d’officiers n’ayant pas correctement informé leurs successeurs, supérieurs et collègues de l’histoire d’Eliyahu, « ce qui a conduit à sa promotion au sein de Tsahal ».

« Au vu de l’ensemble des incidents liés à l’officier et des manquements moraux qui se sont produits sous son commandement, l’officier ne sera pas promu au poste de commandant de compagnie au sein de l’armée », a déclaré Tsahal.

Eliyahu sera autorisé à terminer ses études à l’École de commandement tactique et à servir dans des postes de non-commandement dans l’armée.

« En outre, le chef du Commandement Nord a jugé bon de censurer le lieutenant-colonel Siso, qui était commandant du bataillon de reconnaissance Golani pendant la période concernée par son rôle, en envoyant le chef d’équipe étudier à l’école de commandement tactique, sans indiquer au commandant actuel de la brigade l’incident [le crèvement de pneus] qui s’est produit à Naplouse », a déclaré l’armée.

Baram a découvert qu’alors que Siso avait enquêté sur l’incident de Naplouse, constatant qu’Eliyahu n’était pas intervenu à l’époque et n’avait pas informé ses commandants après coup, le commandant du bataillon de reconnaissance Golani avait décidé de ne pas prendre de mesures disciplinaires graves au vu des récents décès de soldats de l’unité.

Si Baram a reconnu que cette période était difficile pour l’équipe d’Eliyahu, il a écrit dans son évaluation de la décision de Siso que les actions de l’officier subalterne représentaient néanmoins un « grave… échec moral et de commandement ».

Siso a ensuite omis d’informer le nouveau chef de la brigade Golani de l’incident, ce qui a permis à Eliyahu de progresser dans l’armée, ce qui, selon Baram, n’aurait pas dû se produire.

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