Arabie/Etats-Unis, une relation basée sur la sécurité et le pétrole
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Arabie/Etats-Unis, une relation basée sur la sécurité et le pétrole

Depuis l'arrivée de Trump, Ryad et Washington se sont rapprochés après avoir pris leurs distances sous l'administration Obama

Drapeau américain et saoudien. (Crédit : iStock)
Drapeau américain et saoudien. (Crédit : iStock)

Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, son grand allié au Moyen-Orient, entretiennent des rapports de longue date basés sur la sécurité et le pétrole.

Partenariat dès 1945

Les deux pays initient des relations diplomatiques en 1940, durant la Seconde Guerre mondiale.

Le 14 février 1945, leur partenariat est scellé lors d’une rencontre historique entre le roi Abdel Aziz ben Saoud et le président Franklin D. Roosevelt à bord du croiseur USS Quincy dans le canal de Suez. Le pacte assure au royaume une protection militaire contre un accès privilégié au pétrole.

La découverte de vastes réserves de pétrole à la fin des années 1930 a donné au royaume le rang de partenaire vital pour les Etats-Unis.

Coopération/attentats

Après l’invasion du Koweït par l’armée irakienne de Saddam Hussein en août 1990, Ryad autorise le déploiement de centaines de milliers de militaires américains dans le royaume. Le pays va servir de base à la coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis, pour conduire la guerre du Golfe en 1991.

Pendant les années suivantes, des avions de la coalition décollent de bases situées dans le pays pour faire respecter une « zone d’exclusion aérienne » au-dessus du Sud irakien, provoquant la colère des intégristes saoudiens qui mènent deux attentats anti-américains sur le sol saoudien au milieu des années 1990.

Tensions

Les tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001. (Crédit : TheMachineStops/Flickr)

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiqués par Al-Qaïda, les relations bilatérales connaissent leur revers le plus sérieux : 15 des 19 pilotes qui avaient détourné les avions et provoqué la mort de quelque 3 000 personnes étaient des Saoudiens.

L’Arabie saoudite dénonce les attaques mais est accusée de financer en sous-main l’extrémisme islamiste. Elle refuse de s’impliquer dans les frappes en Afghanistan fin 2001, puis de participer à la guerre d’Irak en 2003.

Washington évacue d’Arabie le gros de ses derniers soldats et transfère au Qatar le QG de ses forces aériennes dans le Golfe, tout en poursuivant la coopération militaire avec Ryad.

Crise de confiance sous Obama

En octobre 2013, Ryad annonce son refus de siéger au Conseil de sécurité de l’ONU, un acte sans précédent visant à protester contre l’inaction du Conseil, mais aussi des Etats-Unis, en particulier face au drame syrien.

Ryad, qui appuie la rébellion contre le président Bachar al-Assad, n’a pas caché sa colère après que le président américain Barack Obama a renoncé en septembre à des frappes contre le régime syrien.

L’accord sur le nucléaire avec l’Iran, grand rival de Ryad, ébranle davantage la confiance de l’Arabie saoudite.

Soutien total sous Trump

Ravis de tourner la page de l’ère Obama, les dirigeants saoudiens saluent chaleureusement l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le prince héritier adjoint saoudien, et ministre saoudien de la Défense Mohammed ben Salmane, qui est devenu plus tard cette année-là le prince héritier d’Arabie saoudite, se serrant la main dans la salle à manger de la Maison Blanche à Washington, DC, le 14 mars 2017. (NICHOLAS KAMM/AFP)

En mai 2017, c’est dans le royaume sunnite, où il est reçu avec faste pour son premier déplacement présidentiel à l’étranger, que Donald Trump appelle à « isoler » l’Iran chiite pour contrecarrer son influence grandissante au Moyen-Orient.

Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite annoncent des méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d’armements américains à Ryad visant à contrer les « menaces iraniennes » et à combattre les islamistes radicaux.

Les deux pays accusent l’Iran d’armer les rebelles au Yémen, où Ryad dirige une coalition militaire pour venir en aide au pouvoir.

Le 20 mars 2018, Donald Trump loue à la Maison Blanche sa « grande amitié » avec le prince héritier Mohammed ben Salmane et émet l’espoir que le royaume donnerait « une part de (sa) richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats » de matériel militaire.

Le 8 mai, Ryad « soutient et salue » la décision du président Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien.

Affaire Khashoggi

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi au formum économique mondial de Davos, en janvier 2011. (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo)

Le 2 octobre, Jamal Khashoggi, un journaliste saoudien critique de Ryad, disparaît après être entré dans le consulat saoudien d’Istanbul.

Après avoir assuré dans un premier temps qu’il en était ressorti vivant, les autorités saoudiennes avancent plusieurs versions contradictoires, avant d’affirmer finalement qu’il a été tué au cours d’une « opération non autorisée ».

Le 23 octobre, trois semaines après le meurtre, les Etats-Unis annulent les visas des Saoudiens impliqués dans le meurtre de Khashoggi, dont la dissimulation est qualifiée de « fiasco total » par Donald Trump.

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