Arnaques « au faux président » : 7 ans de prison pour Gilbert Chikli
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7,9 millions d'euros détournés

Arnaques « au faux président » : 7 ans de prison pour Gilbert Chikli

L'accusé a fui en Israël en 2009 après plusieurs mois de détention provisoire. Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international

Gilbert Chikli (Crédit :capture d'écran France info)
Gilbert Chikli (Crédit :capture d'écran France info)

Le pionnier des arnaques au « faux président », qui consistent à se faire passer pour le PDG d’une entreprise afin d’obtenir un virement bancaire, a été condamné en son absence mercredi en France à sept ans de prison et un million d’euros d’amende.

Gilbert Chikli, 49 ans, a fui en Israël en 2009 après plusieurs mois de détention provisoire. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

« Le tribunal a suivi l’idée » que Gilbert Chikli a « créé le mode opératoire des faux virements », a commenté son avocat, Me David-Olivier Kaminski.

Doté d’un grand sens de la persuasion, Gilbert Chikli contactait de grosses entreprises en se faisant passer pour le président de la société puis, dans un second temps, pour un agent des services secrets.

Il arrivait ainsi à se faire remettre d’importants virements ou espèces de responsables d’agence ou de comptables, en invoquant notamment la lutte contre le blanchiment ou le terrorisme.

Selon le parquet, 33 banques ou sociétés et 52 employés de ces entreprises en ont été victimes en 2005 et 2006. La plupart des employés piégés ont été licenciés.

Au total, 7,9 millions d’euros ont été détournés, 52,6 millions qui avaient fait l’objet d’un virement ont été récupérés in extremis et 20 millions sollicités n’ont pas été transmis après une ultime vérification.

Gilbert Chikli est le pionnier de ce type d’escroqueries, qui ont proliféré à partir de 2010. Elles sont aujourd’hui « un véritable fléau qui porte atteinte au système économique français », avait estimé à l’audience la procureur Alice Chérif.

Selon une estimation récente, 710 « arnaques au faux président », pour un préjudice total de 365 millions d’euros, ont été recensées dans le pays, auxquelles s’ajoutent 985 tentatives portant sur 700 millions déjouées à temps.

Chikli est devenu une célébrité dans le milieu « des escrocs de haut vol » et son histoire rocambolesque inspire un film, en cours de tournage, du réalisateur Pascal Elbé.

Interrogé en 2010 par une télévision française, il assurait avoir agi par « jeu ». « Avec une déballe (tchatche, NDLR) assez exceptionnelle, on arrive à se faire remettre des virements ou des espèces pour des montants importants. On a le don ou on l’a pas, c’est comme les grands acteurs. Moi, on peut considérer que j’ai un don », avait-il lancé crânement.

Ses deux principaux complices, David Attiach et Israël Eligoola, ont été condamnés à la même peine de quatre ans d’emprisonnement et 50.000 euros d’amende.

Le tribunal a alloué plus de 5,5 millions d’euros de dommages et intérêts à ses victimes, parmi lesquelles figurent Accenture, Alstom, HSBC, la Banque postale, le Crédit lyonnais, Thomson Technicolor.

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