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Pandora Papers

Arnon Milchan, témoin dans le procès Netanyahu, aurait caché 500 M de $ offshore

Le producteur détient des actifs auprès de sociétés répertoriées aux îles Vierges ; un rapport israélien suggère un lien avec le lobbying présumé du magnat auprès de Netanyahu

Arnon Milchan pose pour les photographes à son arrivée à la première du film "Widows", présenté lors du gala d'ouverture du BFI London Film Festival à Londres, le 10 octobre 2018. (Vianney Le Caer/ Invision/ AP)
Arnon Milchan pose pour les photographes à son arrivée à la première du film "Widows", présenté lors du gala d'ouverture du BFI London Film Festival à Londres, le 10 octobre 2018. (Vianney Le Caer/ Invision/ AP)

Arnon Milchan, producteur israélien de films hollywoodiens et témoin clé dans le procès pour corruption de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, possèderait environ un demi-milliard de dollars d’actifs dans des sociétés offshore, selon un rapport d’enquête publié jeudi.

Milchan fait partie des 565 Israéliens cités dans les « Pandora Papers », un vaste ensemble de documents divulgués concernant des placements financiers dans des paradis fiscaux, publiés par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Shomrim, une organisation israélienne de journalisme d’investigation à but non lucratif qui a participé à l’effort d’information de l’ICIJ, a déclaré que le nom de Milchan apparaissait à plusieurs reprises dans les documents, qui révèlent qu’il est répertorié comme le bénéficiaire ultime de sept sociétés dans les îles Vierges, un important paradis fiscal.

Ces sociétés ont été créées au début des années 2000, mais ne semblent pas avoir été utilisées avant 2013, selon Shomrim.

Parmi les actifs qui seraient détenus par les sociétés figurent des œuvres d’art, des antiquités, des propriétés à Manhattan et Malibu, ainsi que des millions de dollars en espèces.

Benjamin Netanyahu (à droite) et le producteur Arnon Milchan lors d’une conférence de presse, le 28 mars 2005. (Crédit : Flash90)

Selon le rapport, des documents indiquent que les sociétés sont restées actives jusqu’en 2018, alors que les enquêtes de police impliquant Milchan et Netanyahu étaient déjà bien avancées en Israël.

Shomrim a suggéré un lien entre les sociétés offshore et le lobbying présumé de Milchan auprès des dirigeants israéliens pour étendre l’exonération fiscale – connue sous le nom de « loi Milchan » – sur les revenus gagnés à l’étranger aux nouveaux immigrants ainsi qu’aux résidents de retour qui ont vécu à l’étranger pendant au moins 10 ans.

Dans l’une des trois affaires dans lesquelles Netanyahu est inculpé, celui-ci est accusé d’avoir cherché à promouvoir l’extension de la loi et d’autres faveurs au profit de Milchan et du milliardaire australien James Packer en échange de quelque 200 000 dollars de cadeaux tels que des cigares et du champagne.

Milchan n’a pas été inculpé dans cette affaire, tandis que Netanyahu a été inculpé pour fraude et abus de confiance. L’ex-Premier ministre est également accusé de fraude dans les deux autres affaires, et de corruption dans l’une d’elles. Il nie avoir commis des actes répréhensibles.

Milchan n’a pas réagi au rapport de Shomrim, qui ne détaille aucun acte répréhensible présumé de la part du milliardaire israélien.

Plusieurs éminentes personnalités israéliennes ont également été citées dans les « Pandora Papers », un examen de près de 12 millions de fichiers obtenus auprès de 14 entreprises différentes situées dans le monde entier, dont Haim Ramon, ancien ministre de la Justice, le milliardaire Beny Steinmetz et Nir Barkat, ancien maire de Jérusalem et législateur du Likud.

Ces fuites ont été baptisées « Pandora Papers », car elles mettent en lumière les transactions jusqu’alors cachées de l’élite et d’individus corrompus, ainsi que la manière dont ils ont utilisé des comptes offshore pour protéger des actifs d’une valeur totale de plusieurs milliards de dollars.

Quelque 600 journalistes de 150 médias dans 117 pays ont travaillé sur ce rapport, publié dimanche par l’ICIJ.

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