Arrestation du maire de Harish, Yitzhak Keshet, soupçonné d’agressions sexuelles
Le maire, en poste dans la région du Sharon, est accusé d'avoir agressé plusieurs femmes, certaines employées sous son autorité ; une enquête de Lahav 433 est en cours
Le maire de Harish, Yitzhak Keshet, a été arrêté lundi matin, soupçonné d’agression sexuelle sur plusieurs femmes.
Initialement, la police n’avait pas révélé l’identité du suspect ni le nom de la municipalité qu’il dirigeait. Elle s’était limitée à indiquer qu’il se trouvait dans le nord de la région du Sharon. Les médias israéliens ont toutefois révélé son identité.
Keshet est soupçonné d’agression sexuelle sur plusieurs femmes, dont certaines occupaient des postes subalternes. Il est également soupçonné d’entrave à l’enquête et à la justice, ainsi que d’abus de confiance.
Cette arrestation résulte d’une enquête confidentielle lancée il y a plusieurs mois par l’unité anti-corruption de la police Lahav 433.
La police a fait état de l’arrestation de plusieurs autres personnes, sans fournir plus de détails.
Le maire sera présenté dans la journée devant le tribunal de Haïfa pour une audience de mise en détention provisoire, a indiqué la police.
Selon Ynet, plusieurs plaintes ont été déposées contre lui auprès de la police.
Les enquêteurs craignent que d’autres victimes potentielles ne se soient pas encore manifestées.
Les accusations d’entrave à la justice découlent de soupçons selon lesquels le maire aurait fait appel à un autre employé municipal pour tenter de faire taire les femmes qui s’étaient plaintes de lui, a rapporté Ynet.
Bien que la police n’ait donné aucune autre précision sur l’affaire ou le suspect, la chaîne N12 a interviewé le mois dernier cinq femmes qui affirment avoir été agressées par Keshet.
La chaîne a diffusé ces témoignages lundi.
Une employée municipale a déclaré qu’il l’avait invitée dans son bureau où il lui avait fait des compliments « et dit toutes sortes de choses qu’il n’aurait pas dû dire ».
« Le maire m’a tirée vers lui et m’a dit que les choses étaient vraiment difficiles pour lui à la maison et qu’il avait besoin d’un câlin, d’une marque d’affection. Puis il a commencé à m’embrasser et à me toucher. Je l’ai repoussé et lui ai dit : ‘Je suis mariée, ce n’est pas convenable’ », a indiqué cette femme.
La femme a expliqué qu’elle avait essayé d’éviter le maire, qui avait pourtant tenté à nouveau de l’inviter dans son bureau. Elle a toutefois prétexté diverses excuses pour rester à distance.
À une autre occasion, a-t-elle raconté, alors qu’elle devait rester seule avec lui pour des raisons professionnelles, le maire lui a montré sa « salle privée », dans laquelle se trouvait un lit.
La femme a affirmé que le maire s’était déshabillé et lui avait également retiré son chemisier. « Il a ensuite commencé à faire toutes sortes de choses intimes et sexuelles », a-t-elle déclaré.
« À ce moment-là, je ne pensais qu’à une chose : je voulais sortir de là, mais j’étais paralysée parce que je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. »
Elle a déclaré que le maire l’avait forcée à s’allonger sur le lit, puis s’était allongé sur elle et lui avait demandé de « se livrer à un acte sexuel », ce qu’elle semble avoir fait, bien qu’elle ait précisé que cela lui avait paru si répugnant qu’elle avait vomi par la suite.
Une autre femme, qui a donné son nom et s’est exprimée devant les caméras de la chaîne N12, a déclaré qu’il y a un an et demi, alors qu’elle était âgée de 19 ans, le maire l’avait conduite dans sa voiture et lui avait caressé la cuisse. Lorsqu’elle en a parlé à son adjoint, celui-ci lui a répondu qu’il fallait attendre la fin des élections. La femme a ajouté qu’à l’époque, elle avait fait part de cet incident à sa mère et à sa famille.
Un employé municipal a déclaré à la chaîne N12 que le maire l’avait envoyé « faire taire les femmes qu’il avait harcelées » en leur offrant sa compassion face à leurs difficultés, notamment financières, puis en leur apportant son aide. L’employé a ensuite été interrogé par la police.
Une troisième femme a également décrit une fois où elle s’était rendue dans son bureau et où le maire lui avait demandé de lui faire un câlin, puis l’avait serrée si fort qu’elle pouvait sentir sa barbe naissante sur sa joue.
« Puis, l’une de ses mains s’est déplacée vers ma poitrine, et l’autre vers mes fesses. Je me suis enfuie, complètement bouleversée », a relaté la femme, qui s’était rendue à la mairie pour faire avancer un projet avec la municipalité nécessitant l’accord du maire.
L’avocat de Keshet a déclaré à la chaîne N12 que son client niait catégoriquement les faits qui lui sont reprochés.
« Nous disposons de preuves suffisantes pour étayer ses affirmations, et nous les communiquerons aux autorités compétentes, si nécessaire », a assuré l’avocat.
« Des entités politiques intéressées utilisent les ‘plaignantes’ afin de diffamer un maire dévoué à ses administrés. »








