Arrestation d’une seconde Palestinienne qui avait frappé des soldats dans une vidéo
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Arrestation d’une seconde Palestinienne qui avait frappé des soldats dans une vidéo

Nour Tamimi a rejoint en détention sa cousine Ahed pour "agression et incitation à la violence". Les soldats israéliens se sont heurtés à des Palestiniens alors qu'ils escortaient les fidèles au lieu saint de Naplouse

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Extrait de la vidéo des cousines Tamimi provoquant des soldats israéliens devenue virale sur Internet (Capture d'écran)
Extrait de la vidéo des cousines Tamimi provoquant des soldats israéliens devenue virale sur Internet (Capture d'écran)

L’armée israélienne a arrêté dans la matinée de mercredi une seconde Palestinienne liée à une vidéo devenue virale montrant des soldats israéliens se faire bousculer en Cisjordanie, dans le village de Nabi Saleh.

Elle a été arrêtée vingt-quatre heures après sa cousine, Ahed Tamimi, 17 ans.

Les images tournées vendredi dernier à Nabi Saleh, apparemment avec un téléphone portable, montrent les deux jeunes cousines s’approcher de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculer, puis leur donner des coups de pied et de poing et des gifles.

Les soldats, armés et casqués, demeurent impassibles. Puis ils s’éloignent à reculons.

Dans cette vidéo qui a été largement partagée lundi sur les réseaux sociaux, Nour peut être vue, vêtue d’une veste noire. C’est Ahed Tamimi qui apparaît comme la plus agressive.

Les faits semblent s’être déroulés devant la maison de la famille Tamimi. Ils se sont produits en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Une autre vidéo montre les deux cousines disant aux soldats, qui semblent se tenir sur les marches de la maison familiale, de partir.

Selon le père, Bassem Tamimi, les Israéliens ont saisi des portables, des ordinateurs et d’autres équipements électroniques.

Mercredi également, l’armée a mené un groupe de 500 fidèles juifs au lieu saint du tombeau de Joseph dans la ville de Naplouse située dans le nord de la Cisjordanie.

Des centaines de Juifs orthodoxes prient près de la tombe de Joseph dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 10 juin 2013 (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)

Au cours de cette visite, les habitants ont violemment affronté les soldats en jetant des pierres et brûlant des pneus, a fait savoir la police. Les militaires ont répondu en utilisant des moyens non-létaux de dispersion, du gaz lacrymogène, des grenades incapacitantes et des balles en caoutchouc. Des tirs à balle réelle ont également eu lieu.

Les médias palestiniens ont fait savoir que trois blessés par balle étaient à déplorer. L’armée a indiqué avoir eu connaissance de ces informations mais ne pas être en mesure de les confirmer.

Trois Palestiniens ayant participé aux rixes ont été arrêtés, a ajouté l’armée.

En Cisjordanie encore, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté treize autres suspects palestiniens mercredi avant l’aube, a fait savoir l’armée.

Plus tard dans la matinée de mercredi, les agents de la police des frontières ont appréhendé un adolescent palestinien à Hébron qui marchait dans leur direction « un couteau à la main » à proximité du lieu saint du Tombeau des partiarches de la ville, a fait savoir un porte-parole de la police.

La cousine de Nour Tamimi, Ahed, qui est encore mineure, a été arrêtée lors d’une opération menée mardi avant l’aube. Elle est soupçonnée d’agression et d’incitation à la violence, selon l’armée.

Un couteau confisqué à un adolescent palestinien à un checkpoint sécuritaire de la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 20 décembre 2017 (Crédit : Police israélienne)

Mardi dans la journée, un tribunal militaire a décidé de la conserver en détention jusqu’à jeudi. Sa mère, Nariman Tamimi, présente lors de l’incident, a été également arrêtée et placée en garde à vue jusqu’à jeudi, selon la police israélienne.

Il y a eu fréquemment des émeutes provoquées à Nabi Saleh, qui se situe à 20 kilomètres de Ramallah, entre les soldats et les Palestiniens, à l’initiative notamment des membres du clan Tamimi, qui est connu pour ses implications dans des interactions largement médiatisées avec l’armée israélienne.

Selon l’agence de presse palestinienne Maan, lors d’affrontements violents qui ont éclaté dans le village vendredi dernier, un cousin d’Ahed Tamimi a reçu une balle en caoutchouc dans la tête et il se trouvait toujours dans le coma mardi après-midi.

Bassem Tamimi, père de la jeune fille, qui dit avoir été arrêté à maintes reprises, a indiqué au site d’information Walla qu’avant l’incident filmé, le soldat qui a été giflé était entré dans la maison familiale et avait blessé son fils Muhammad, 14 ans. « Ce n’est que sur la vidéo qu’il a tenté de donner l’image d’un soldat moral ».

Il a expliqué à Ynet qu’il rejetait ce qu’il a qualifié de tentatives de la part des médias israéliens de faire passer les militaires comme des victimes. Ils se trouvaient sur sa propriété, a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois qu’Ahed Tamimi fait les gros titres.

Au mois d’août 2015, un soldat israélien avait été filmé alors qu’il tentait d’arrêter le frère d’Ahed, Muhammad Tamimi, alors âgé de 12 ans, qui avait jeté des pierres lors d’une violente manifestation.

Ahed, 13 ans, était devenue célèbre auprès des militants palestiniens pour un incident au cours duquel elle avait pris la tête d’un groupe d’enfants, dont son jeune frère, lors d’une querelle avec les soldats israéliens.

Pour beaucoup d’Israéliens, les Tamimi sont des « agitateurs » prêts à tous les traquenards médiatiques.

L’AFP a contribué à cet article.

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