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Aucun siège à Jérusalem pour la liste palestinienne

Le parti "Jérusalem, ma ville" dirigé par Ramadan Dabash n'a réuni qu'environ 3 000 votes - 1,2 % du total. Il en aurait fallu au moins deux fois plus

Ramadan Dabash, résident palestinien de Sur Baher, dans sa seconde habitation de Beit Hanina, au mois de juillet 2018 (Crédit : Adam Rasgon/Times of Israel)
Ramadan Dabash, résident palestinien de Sur Baher, dans sa seconde habitation de Beit Hanina, au mois de juillet 2018 (Crédit : Adam Rasgon/Times of Israel)

La seule liste 100 % palestinienne qui s’est présentée au vote, la semaine dernière, à Jérusalem n’a gagné aucun siège au conseil municipal de la ville.

« Jérusalem, Ma ville », le parti dirigé par Ramadan Dabash, a réuni 3 001 voix, soit 1,2 % des bulletins déposés dans les urnes à Jérusalem, selon des résultats publiés sur le site de la municipalité qui ne sont pas encore définitifs.

« Jérusalem, ma ville » aurait dû remporter un minimum d’approximativement 8 086 voix pour obtenir un siège au conseil, selon des calculs basés sur les résultats préliminaires. (Dans la course à la tête de la mairie de Jérusalem, les deux candidats ayant remporté le plus de suffrages, Moshe Lion et Ofer Berkovitch, s’affronteront lors d’un second tour prévu le 13 novembre).

Mardi dernier, jour des élections, les bureaux de vote de Jérusalem-Est étaient largement vides à l’exception de ceux situés dans le quartier Sur Baher.

Par exemple, dans un bureau d’Abu Tur, 25 personnes seulement étaient venues mettre un bulletin dans l’urne à 15h15, avait expliqué un agent électoral sous couvert d’anonymat.

« Les résultats reflètent les pressions exercées contre la participation au vote lors du scrutin », commente Amnon Ramon, chercheur à l’Institut de Jérusalem de recherche politique, dans un entretien téléphonique. « Je pense que les gens de Jérusalem-Est sont prêts à participer et à voter. Mais avec la grande pression qui est exercée sur eux pour les dissuader de le faire, avec notamment des menaces de violence, la majorité des gens ont décidé de ne pas aller voter ».

Une vue panoramique depuis le dernier étage d’Ecce Homo, avec le sanctuaire du Dôme du rocher et les églises de la zone (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Les responsables de Ramallah ont appelé les Palestiniens de Jérusalem-Est à continuer leur boycott des élections locales – qu’ils respectent depuis longtemps.

« Participer aux élections aidera l’establishment israélien à promouvoir son projet du ‘grand Jérusalem’… et jouera un rôle supplémentaire dans la mise en oeuvre du plan d’implantation colonial et des opérations de nettoyage ethnique », avait expliqué Saeb Erekat, haut-responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dans un communiqué diffusé au mois de juin.

Certains Palestiniens avaient également menacé de violences dans des publications sur Facebook ceux qui prévoyaient de prendre part aux élections et une institution religieuse palestinienne avait émis un avis juridique au mois de juillet, encourageant les Palestiniens à ne pas participer au scrutin et à ne pas s’y présenter.

Au cours des décennies passées, de nombreux Palestiniens de Jérusalem-Est ont boycotté les élections de Jérusalem. Lors du dernier vote local, qui remonte à 2013, moins de 1 % des Palestiniens de la ville avaient déposé leur bulletin dans l’urne.

Un sondage récent avait toutefois indiqué que le nombre de Palestiniens ayant l’intention de voter lors du scrutin de la semaine dernière avait augmenté.

Dans une enquête réalisée par le Centre palestinien de recherche et de sondage politiques, 22 % des Palestiniens de Jérusalem-Est avaient indiqué prévoir de voter lors des élections.

Dabash, qui avait concentré sa campagne sur la mise à disposition de plus grands services en faveur des Palestiniens de Jérusalem-Est, n’a pas répondu à nos multiples demandes de commentaires.

Gilad Israeli, conseiller de Dabash, a pour sa part déclaré que si « Jérusalem, ma ville » n’a pas remporté de siège au conseil, la liste a permis de faire venir aux urnes davantage d’électeurs à Jérusalem-Est par rapport aux années passées.

« Alors que nous avons échoué à modifier le comportement global des électeurs, nous avons réussi à augmenter de manière substantielle leur nombre dans la partie orientale de la ville en comparaison avec les années précédentes », a-t-il dit lors d’un appel téléphonique. « J’espère que nous avons amorcé une tendance qui se confirmera au cours des cinq prochaines années et qui se traduira en un plus fort taux de participation lors du prochain scrutin ».

Les prochaines élections municipales à Jérusalem auront lieu en 2023.

Une porte-parole du ministère de l’Intérieur a indiqué s’attendre à ce que les résultats finaux, à Jérusalem, soient diffusés dans les prochains jours.

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