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Avant de rencontrer le Meretz, Mahmoud Abbas appelle des parents de terroristes

Ces entretiens ont eu lieu avant une rencontre avec les ministres issus de la formation pacifiste dimanche ; l'opposition israélienne s'insurge contre ces discussions à Ramallah

La police israélienne monte la garde sur la scène d'une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 septembre 2021. (Crédit :AP Photo/Mahmoud Illean)
La police israélienne monte la garde sur la scène d'une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 septembre 2021. (Crédit :AP Photo/Mahmoud Illean)

Avant une rencontre organisée avec les ministres issus du parti du Meretz dans la journée de dimanche, le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas s’est entretenu avec les parents de deux Palestiniens qui ont été tués récemment alors qu’ils commettaient des attentats à l’encontre des forces israéliennes de sécurité.

L’agence de presse officielle palestinienne, Wafa, a fait savoir qu’Abbas avait appelé le père d’Israa Khuzaimia qui, selon la police, aurait été abattue jeudi dernier alors qu’elle tentait de poignarder des policiers dans la Vieille Ville de Jérusalem. Abbas a présenté ses condoléances suite à la mort de Khuzaimia, 30 ans, qui était mère de quatre enfants.

Abbas s’est aussi entretenu avec le père d’Alaa Nassar Shafik Zayoud, membre du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, qui a été tué jeudi après avoir ouvert le feu sur des soldats et sur des agents de la police des frontières à Kfar Bourkin, à proximité de Jénine, en Cisjordanie.

Dans la soirée de dimanche, Abbas a rencontré le ministre de la Santé israélien Nitzan Horowitz et le ministre de la Coopération régionale israélien Issawi Frej, qui appartiennent tous deux au parti du Meretz de gauche, à Ramallah, en Cisjordanie – c’est la deuxième rencontre de haut-rang entre responsables israéliens et palestiniens, ces derniers mois.

Dans des communiqués émis suite à cette rencontre, les ministres et Abbas ont déclaré qu’ils œuvraient à maintenir en vie la solution à deux États dans le conflit israélo-palestinien, une solution qui envisage la création d’un état palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est aux côtés d’Israël.

Abbas aurait demandé aux hauts-responsables israéliens de transmettre une invitation personnelle à leurs collègues pour qu’ils viennent le voir – et en particulier à la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, issue du parti de droite Yamina. Shaked a immédiatement riposté sur Twitter, disant qu’elle ne songeait pas à s’entretenir avec « un négationniste de la Shoah qui poursuit des soldats israéliens à La Haye et rémunère le meurtre de Juifs » – une référence à la politique mise en place par l’AP qui verse un salaire mensuel aux terroristes palestiniens.

Ces salaires, qui sont offerts aux Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ou aux familles des terroristes abattus en commettant un attentat, ont été condamnés par l’État juif de manière répétée.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au centre, rencontre les ministres du Meretz Nitzan Horowitz, au centre gauche, et Isawi Frej, au centre droit, le 3 octobre 2021. (Crédit : Meretz)

Les députés de l’opposition ont vivement critiqué cette rencontre à Ramallah.

« A un moment où la morbidité [en termes de coronavirus] est à son apogée, le ministre de la Santé quitte une rencontre du cabinet Corona pour aller voir Abbas », a écrit sur Twitter le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu.

Eli Cohen, député du parti du Likud de Netanyahu, s’en est pris au Premier ministre Naftali Bennett qui n’a pas empêché cette réunion, écrivant sur Twitter que « il n’y a plus de Premier ministre en Israël en ce moment et tous les ministres font strictement tout ce qui leur chante ».

Le législateur Bezalel Smotrich, à la tête du parti du Sionisme religieux d’extrême-droite, a accusé le gouvernement de causer « d’immenses dégâts stratégiques » en s’engageant auprès d’Abbas.

« Après qu’il est devenu persona non grata dans l’arène internationale », les membres de la coalition « ressuscitent Abbas et, une fois encore, en font un acteur important », a twitté Smotrich.

Le député du parti Sioniste religieux Simcha Rottman a, pour sa part, posté une photo montrant les ministres aux côtés d’Abbas et il a écrit : « Prendre une photo tout sourire avec celui qui signe les chèques de meurtriers d’enfants – tant que ces enfants seront des petits juifs ? Sérieusement ? »

Abbas avait été largement boycotté par les dirigeants israéliens ces dernières années mais les officiels du nouveau gouvernement ont fait la promesse de renforcer le gouvernement d’Abbas, qui est impopulaire. Le ministre de la Défense Benny Gantz, issu de la formation Kakhol lavan, avait rencontré le chef de l’Autorité palestinienne à Ramallah au mois d’août avant d’annoncer toute une série d’initiatives susceptibles d’aider l’AP. Cela avait été la première rencontre d’un haut-responsable israélien avec Abbas depuis une décennie.

Bennett, qui dirige le parti Yamina, a fait savoir qu’il n’avait aucune intention de rencontrer Abbas.

Horowitz et Frej figurent parmi les membres les plus pacifistes de la coalition, très diversifiée. La parlementaire Michal Rozin, du Meretz, se trouvait elle aussi à Ramallah dimanche.

Bennett a clairement établi qu’il y aurait pas de relance du processus de paix sous le gouvernement actuel. Défenseur de longue date du mouvement pro-implantation, Bennett s’oppose à la création d’un état palestinien.

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