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Avant la visite de Biden, report de l’audience sur les constructions à Jérusalem-Est

Shaked affirme que la réunion aura lieu dans une semaine ; l'opposition, pour sa part, fustige le gouvernement pour ses "mesures destructrices" et sa "reddition face au terrorisme"

Des ouvriers palestiniens travaillent sur un site de construction dans un nouveau projet de logement à Har Homa, à Jérusalem-Est, le 6 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Des ouvriers palestiniens travaillent sur un site de construction dans un nouveau projet de logement à Har Homa, à Jérusalem-Est, le 6 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Israël va reporter une réunion consacrée à des projets de logement dans les quartiers Juifs et arabes de Jérusalem-Est, une session qui était prévue quelques jours après la visite du président américain Joe Biden à Jérusalem, a confié mardi un responsable proche du dossier au Times of Israel.

Ces projets de logement dans les quartiers juifs, qui devaient être présentés devant la Commission de planification et de construction du district de Jérusalem, envisagent la construction d’un nouveau quartier à Givat Shaked et celle d’un autre entre Har Homa et Givat Hamatos, pour un total d’environ 2 000 habitations.

Après avoir été sollicité avec insistance sur la question par un journaliste israélien qui avait été prévenu par le groupe de veille israélien sur les implantations, La Paix Maintenant, le bureau du Premier ministre Yaïr Lapid a déclaré ne pas avoir connaissance du projet et que la réunion qui lui serait consacrée serait ajournée.

Suite à des informations qui ont affirmé que le projet avait été supprimé de l’ordre du jour de la commission, la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, a souligné qu’il avait seulement été brièvement reporté d’une semaine, et qu’il n’était pas annulé. Shaked a précisé que les audiences prévues sur les constructions envisagées dans les quartiers juifs et arabes à Jérusalem-Est avaient été reportées.

« Je ne permettrai pas, tant que je suis aux commandes, que seuls des projets de construction juifs soient affectés », a dit Shaked, qui cherche à séduire l’électorat de droite avant les élections de novembre. « C’est la raison pour laquelle j’ai décidé que le report de toutes les planifications ne serait que d’une semaine ».

Mardi également, l’État juif a décidé de prendre une série de mesures qui seront autant de gestes de bonne volonté à l’égard des Palestiniens en amont de la visite de Biden. Parmi ces initiatives, la légalisation du statut de 5 500 Palestiniens sans papiers et d’étrangers qui vivent en Cisjordanie et à Gaza, l’approbation de six projets de logement palestiniens en Cisjordanie et l’augmentation du nombre de permis de travail pour les Palestiniens de Gaza.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked lors d’une conférence de presse au ministère des Finances de Jérusalem, le 12 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En réponse, les députés de l’opposition Yoav Kisch, du Likud et Orit Strock, du parti Sionisme religieux – les deux co-présidents du caucus Terre d’Israël à la Knesset – ont critiqué le gouvernement pour ces décisions.

« Les mesures qui visent soi-disant à ‘renforcer la confiance’ qui sont prises par le gouvernement Lapid-Bennett à l’égard des Palestiniens sont des mesures destructrices pour l’électorat israélien », ont indiqué les deux députés dans un communiqué. Ils ont accusé les ministres de « s’affairer à sauver ce qui peut l’être dans leur carrière politique » au lieu de rester fidèles à leurs promesses électorales.

Ofir Sofer, membre de la Knesset élu sous l’étiquette du parti Sionisme religieux, a estimé que les décisions prises en amont de la visite de Biden sont « une reddition face au terrorisme, ni plus ni moins ».

La semaine dernière, les autorités israéliennes avaient également annoncé qu’elles reporteraient une audience prévue de la sous-commission de haute-planification, au sein de l’Administration civile, qui devait avoir lieu à l’origine en date du 18 juillet.

Une photo prise depuis le corridor controversé E1 en Cisjordanie montre l’implantation de Maale Adumim à l’arrière plan, le 25 février 2020 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

La séance de la sous-commission – l’organe du ministère de la Défense qui autorise la construction d’implantations – au cours de laquelle le panel devait écouter les objections à un vaste projet de logement dans la zone connue sous le nom de E-1, a été reprogrammée en date du 12 septembre.

Le projet – qui relierait Jérusalem à une grande implantation à l’est, Maale Adumim, tout en coupant la Cisjordanie en deux – avait été proposé pour la première fois il y a près de vingt ans, mais il avait été abandonné à plusieurs reprises suite aux pressions internationales.

Quand Biden était venu en Israël, à 2010, alors qu’il était vice-président américain, le voyage avait été entaché par l’annonce d’un projet de construction israélien dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem-Est. Biden s’était emporté à l’époque, déclarant dans un communiqué qu’une telle initiative « sape la confiance dont nous avons besoin en ce moment et va à l’encontre des discussions constructives que j’ai eues ici en Israël ».

L’avion de Biden se posera sur le tarmac de l’aéroport Ben Gurion, mercredi, pour une visite en Israël et en Cisjordanie. Il partira ensuite directement depuis l’État juif vers l’Arabie saoudite dans la journée de vendredi.

Aucune annonce majeure concernant le conflit israélo-palestinien ne devrait être faite par les États-Unis ou par Israël pendant le déplacement de l’occupant de la Maison Blanche. Biden devrait réserver la majorité de ses commentaires au sujet du conflit à sa rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, vendredi.

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