Avec les pluies hivernales, la nature reprend ses droits autour de Gaza
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Avec les pluies hivernales, la nature reprend ses droits autour de Gaza

Après un été marqué par des nombreuses attaques incendiaires, la flore du sud d’Israël renaît de ses cendres

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Grâce à l’arrivée des pluies hivernales, des nuances flamboyantes de vert ont refait leur apparition sur les terres du Néguev du sud d’Israël qui avait été frappé par des nombreuses attaques incendiaires lancées depuis Gaza cet été.

La flore des parcs très appréciés de la zone, y compris les forêts de Beeri et Kissufim, commence à repousser après avoir subi des dégâts importants à cause des feux déclenchés par des centaines de cerfs-volants incendiaires et de ballons à l’hélium lancés par dessus la frontière. Les fermiers font à nouveau paître leur bétail et plantent du blé sur des terres dévastées par les feux au cours de l’été.

Une vidéo filmée par un drone et publiée sur le site d’information Ynet mercredi montrait la zone à nouveau recouverte de végétation. En mai, une vidéo similaire montrait la même zone avec des grandes surfaces brûlées par les feux.

Les champs de la zone ont séché pendant les mois chauds de l’été, les exposant plus aux incendies, qui se sont propagés rapidement à cause des vents soufflant vers l’intérieur des terres depuis la côte méditerranéenne à proximité. La zone reprend ses couleurs vertes chaque hiver et attire des touristes de tout le pays pour le festival Darom Adom (Sud rouge), qui célèbre la floraison des kalaniyot, des fleurs rouges. Le festival commence en janvier.

Les feux ont peut-être été bénéfiques à la floraison, a déclaré Dani Ben David, le directeur de la Région du Negev Ouest pour Keren Keyemet l’Yisrael/ le Fond national juif, au Times of Israël en plein pic des attaques incendiaires cet été.

Les images de drone montrent les destructions massives causées par les cerfs-volants incendiaires dans la réserve naturelle de Beeri, adjacente à Gaza. (Crédit : DRONEIMAGEBANK)

Les kalaniyot sont des géophytes, ce qui signifie que leurs graines ressemblent à des oignons et sont protégées sous la terre. Elles sont en concurrence avec l’herbe pour dominer le paysage. Etant donné que le feu a détruit l’herbe, les kalaniyot auront moins de compétition et devraient tapisser les collines de rouge cet hiver avec un dynamisme retrouvé.

Les forêts de la zone, principalement composées d’eucalyptus, de pins et d’arbres mesquites plantés par des moshavim et de kibboutzim locaux dans les années 1960 et 1970, ne repousseront pas aussi rapidement, a concédé Ben David. Cela prend 15 ans à un eucalyptus de repousser à sa hauteur maximale, même si les arbres sont plus résistants aux incendies que les broussailles et l’herbe.

La tactique consistant à envoyer des engins incendiaires aériens vers le territoire israélien a été utilisée quasi-quotidiennement par des Palestiniens de la bande de Gaza depuis le début des manifestations hebdomadaires à la frontière en mars.

Des pompiers éteignent un incendie dans la forêt de Beeri, le 6 juin 2018. (Luke Tress/Times of Israel)

Les manifestants gazaouis ont lancé des centaines de cerfs-volants et ballons incendiaires vers Israël. De très grandes surfaces de terre sont parties en fumée, entraînant des millions de shekels de dégâts, selon des responsables israéliens. Certains ballons transportaient des engins explosifs improvisés.

Les protestations comprenaient des manifestations de masse avec de pneus brûlés et des jets de pierre le long de la barrière de sécurité, mais aussi des tirs, des attaques de bombes artisanales et des tentatives de forcer la frontière en plus des attaques incendiaires.

Le Hamas a organisé les manifestations pour protester contre le blocus israélien de Gaza, a déclaré le groupe. Israël affirme maintenir le blocus pour empêcher le Hamas, qui cherche à détruire Israël, d’importer des armes.

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