Azaria défend le projet de loi sur la saisie des terres vendues par l’église
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Azaria défend le projet de loi sur la saisie des terres vendues par l’église

La députée Koulanou a rassuré les chefs religieux en leur disant que les terres "resteront les leurs" ; les chefs religieux ont fermé le Saint-Sépulcre pour une durée indéterminée

Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Théophile III lit un communiqué à la presse aux côtés du gardien de la terre sainte, le frère Francesco Patton et de l'évêque arménien Siwan,à gauche, devant les portes closes de l'église du saint-sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 février 2018 (Crédit : AFP/ GALI TIBBON)
Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Théophile III lit un communiqué à la presse aux côtés du gardien de la terre sainte, le frère Francesco Patton et de l'évêque arménien Siwan,à gauche, devant les portes closes de l'église du saint-sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 février 2018 (Crédit : AFP/ GALI TIBBON)

La députée de la Knesset Rachel Azaria a tenté de rassurer les chefs religieux des églises dimanche, leur disant que le projet de législation autorisant l’Etat à saisir des terres leur appartenant des mains d’investisseurs privés visait les agents immobiliers et non le clergé.

Elle s’est exprimée après que les chefs religieux ont annoncé dimanche qu’ils fermaient les portes de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem jusqu’à nouvel ordre après avoir découvert que la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset était sur le point de discuter – et très probablement d’adopter – le projet de loi d’Azaria. Ils ont également voulu afficher leur mécontentement contre une campagne menée par la collectivité de Jérusalem qui leur demande le règlement d’arriérés d’impôts.

Le texte, s’il est adopté, permettra à l’Etat de confisquer des terres vendues par les églises à des investisseurs privés depuis 2010 en prévoyant l’indemnisation des acquéreurs.

« Je comprends que l’église se trouve sous pression mais ces terres resteront à elle et personne ne tentera d’y toucher », a-t-elle dit dans un communiqué.

« Mon projet de loi s’intéresse à ce qui peut arriver lorsque les droits sur une terre sont vendus à un tiers », a-t-elle ajouté.

Une affiche de protestation à l’église du saint-sépulcre montre la députée Rachel Azaria, en haut à gauche, et le maire de Jérusalem Nir Barkat (en haut à droite (Crédit : Mab-CTS)

Azaria a déclaré dans le passé vouloir protéger les centaines d’habitants de Jérusalem – dans leur majorité – dont les habitations sont situées sur des terres qui, jusqu’à une période récente, appartenaient et leur étaient louées par les églises et en particulier par l’église grecque-orthodoxe – dans la plupart des cas, sous les termes de baux de 99 ans qui avaient été signés dans les années 1950 entre l’église et l’Etat, via le Fonds national juif (JNF/KKL).

Ces contrats spécifiaient qu’à l’issue du bail, toutes les constructions établies sur ces terres reviendraient à l’église.

Les habitants s’attendaient à ce que les baux soient prolongés.

Mais ces dernières années, pour effacer des dettes massives, l’église grecque orthodoxe a vendu de larges pans du patrimoine immobilier à des investisseurs privés et personne ne peut savoir si ces derniers renouvelleront les baux et, si tel est le cas, dans quelles conditions.

La Parlementaire de Koulanou Rachel Azaria lors d’une réunion de commission à la Knesset, le 8 mars 2016 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Evoquant les articles parus dans les médias sur les tentatives des agents immobiliers clamant représenter les nouveaux propriétaires et offrant des extensions de bail privées aux propriétaires d’habitations, Azaria a commenté dimanche : « Il n’est pas possible que des entrepreneurs fassent du porte à porte en menaçant les propriétaires de devoir payer entre 200 000 shekels et 500 000 shekels ».

« Les montants faibles pour lesquels des quartiers entiers ont été vendus établissent clairement aux yeux de tous qu’il s’agit de transactions spéculatives », a-t-elle ajouté. « Dans une telle situation, le Patriarcat n’est pas concerné dans la mesure où ce sont des terres qui ont été vendues à des entrepreneurs privés ».

Le patriarche grec-orthodoxe Theophile III annonce la fermeture de l’église du saint sépulcre en protestation contre les politiques israéliennes, le 25 février 2018 (Autorisation)

Les opposants au patriarche grec-orthodoxe l’ont accusé d’avoir vendu les terrains à des prix dérisoires.

Dans le quartier de Jérusalem de Givat Oranim, par exemple, les terrains accueillant environ 240 appartements ainsi qu’un grand centre commercial ont été cédés au prix de 5 millions de dollars – une somme qui comprenait les impôts fonciers également. Dans la ville côtière de Jaffa, 1000 mètres-carrés de terrain commercial ont été vendus au prix de plus de 2 millions de dollars, ce qui représente une fraction seulement de son prix sur le marché.

Des sources proches de l’église ont insisté sur le fait que les prix des terrains ont été baissés en raison des longues périodes que devront attendre les nouveaux propriétaires avant de récolter les fruits de leurs investissements, en raison de baux existants qui dureront encore 52 ans à Givat Oranim et 90 ans à Jaffa.

Pour sa part, l’Autorité palestinienne a répondu à la fermeture de l’église du Saint-Sépulcre en la comparant avec l’annonce par les Etats-Unis de la relocalisation de leur ambassade à Jérusalem au mois de mai.

Saeb Erekat, n° 2 de l’Organisation de libération de la Palestine. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« La réalité dramatique de la population palestinienne en Israël, et en particulier celle vécue par nos églises, doit nous rappeler la nécessité de mettre un terme à l’occupation israélienne », aurait dit Erekat selon la page Twitter du département des négociations de l’OLP.

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