Bahreïn et Israël : De contacts discrets à une normalisation des relations
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Bahreïn et Israël : De contacts discrets à une normalisation des relations

Bahreïn devient ainsi le deuxième pays du Golfe à annoncer des relations ouvertes avec l'Etat juif, moins d'un mois après un accord entre Israël et les Emirats arabes unis

Une combinaison de photos montre un Bahreïni brandissant son drapeau national (à gauche) dans la capitale de Manama en 2011 et un Israélien tenant le drapeau national de son pays en 2017 (Crédit :   JOSEPH EID and JACK GUEZ / AFP)
Une combinaison de photos montre un Bahreïni brandissant son drapeau national (à gauche) dans la capitale de Manama en 2011 et un Israélien tenant le drapeau national de son pays en 2017 (Crédit : JOSEPH EID and JACK GUEZ / AFP)

Les contacts entre Bahreïn et Israël, discrets depuis les années 1990, se sont intensifiés ces dernières années jusqu’à un accord historique de normalisation des relations entre les deux pays annoncé vendredi.

Bahreïn devient ainsi le deuxième pays du Golfe à annoncer la normalisation de ses relations avec l’Etat hébreu, moins d’un mois après un accord similaire entre Israël et les Emirats arabes unis.

Comme la plupart des pays du Golfe, Bahreïn partage avec Israël une hostilité à l’égard de l’Iran, que Manama accuse d’instrumentaliser la communauté chiite de Bahreïn contre la dynastie sunnite au pouvoir.

Premières rencontres

Après des années de contacts discrets, le prince héritier bahreïni Salmane ben Hamad Al-Khalifa a débuté une diplomatie officielle en discutant avec des responsables israéliens lors des sommets du Forum économique mondial en 2000 et 2003.

Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés en 2007. Deux ans plus tard, le président israélien Shimon Peres et le roi de Bahreïn ont également discuté à New-York, en marge d’une conférence de l’ONU.

La même année, une délégation d’officiels bahreïnis s’est rendue en Israël lors d’un voyage inédit pour récupérer des ressortissants détenus par l’Etat hébreu.

Le parlement bahreïni, ignorant les objections du gouvernement, avait légiféré en octobre 2009 pour interdire tout contact avec Israël. La loi devait être approuvée par un conseil consultatif nommé par le roi, qui l’a rejetée.

« Défendre » Israël

Les printemps arabes de 2011 ont ralenti les efforts de normalisation entre les deux pays, la monarchie faisant face à d’importantes manifestations menées par la communauté chiite pour réclamer des réformes.

En septembre 2016, le ministre des Affaires étrangères bahreïni a rendu hommage à Shimon Peres au moment de la mort de l’ancien leader israélien.

En 2017, une délégation israélienne a été autorisée à participer au congrès de la Fédération internationale de football (FIFA) à Manama.

La même année, un groupe interconfessionnel bahreïni a annoncé avoir envoyé une délégation en Israël pour promouvoir « la tolérance et la coexistence ».

En mai 2018, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn a soutenu le droit d’Israël à « se défendre » après que l’armée israélienne avait affirmé avoir visé des dizaines de cibles militaires iraniennes en Syrie, en guerre, où Téhéran soutient le régime.

Intensification des efforts

En juin 2019, un atelier économique organisé par les Etats-Unis à Bahreïn a ouvert la porte à un rapprochement entre Israël et les pays du Golfe. Dans une interview inédite par un journaliste israélien, le ministre des Affaires étrangères bahreïni avait affirmé qu’Israël faisait partie de l’héritage régional.

Un mois plus tard, le chef de la diplomatie israélienne a annoncé avoir rencontré son homologue bahreïni lors d’une visite à Washington.

En octobre 2019, des représentants de plus de 60 pays, dont Israël, se sont retrouvés à Bahreïn pour discuter de sécurité maritime.

Bahreïn a été le premier pays du Golfe à saluer l’accord « historique » de normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis, annoncé le 13 août.

Le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa avait toutefois affirmé au secrétaire d’Etat américain en visite dans le royaume qu’il restait engagé à l’initiative de paix arabe, qui exige un retrait total d’Israël des territoires palestiniens.

Manama avait quand même accepté que les avions entre Israël et les Emirats survolent son royaume.

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