Barak approuve Golan qui avait comparé Israël à l’Allemagne d’avant-guerre
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Barak approuve Golan qui avait comparé Israël à l’Allemagne d’avant-guerre

L'ancien Premier ministre est entré dans un champ de mines politique en soutenant les propos de Yair Golan qui avaient déjà fait scandale en 2016

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'ancien Premier ministre Ehud Barak (g) serre la main de Yair Golan en annonçant la formation de son nouveau parti, à Beit Sokolov, à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
L'ancien Premier ministre Ehud Barak (g) serre la main de Yair Golan en annonçant la formation de son nouveau parti, à Beit Sokolov, à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Les calomnies politiques qui vont de pair avec les élections commencent à faire leur apparition, et l’ancien Premier ministre Ehud Barak est entré dans un champ de mines politique mardi matin, en déclarant qu’il était d’accord avec les propos controversés tenus par une recrue de son nouveau parti, qui a comparé certaines tendances de la société israélienne à l’Allemagne d’avant-guerre.

« Yair Golan a dit la vérité sur ce qui se passe actuellement dans notre pays, qui s’est passé en Europe il y a 90 ans », a déclaré Barak sur la radio 103FM, au sujet de l’ancien vice-chef d’état-major, membre fondateur du Parti démocrate israélien.

Golan a déclenché un torrent de critiques après avoir dit durant une cérémonie publique de commémoration de la Shoah en 2016, lorsqu’il avait déclaré qu’il observait des tendances en Israël similaire à celles de l’Europe avant la Shoah, mettant en garde contre une cruauté et une indifférence à l’égard des personnes au ban de la société.

Il avait dit s’inquiéter « de voir les processus nauséabonds qui se sont déroulés en Europe en général, et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80, 90 ans et de voir des signes de cela parmi nous en 2016 ». Son discours était inhabituellement engagé pour un chef militaire.

Golan, officier respecté, a occupé plusieurs postes durant les 37 ans de sa carrière militaire, avait appelé à un « examen de conscience » sur la façon dont la société traitait les personnes désavantagées « et les autres ».

Yair Golan, alors vice-chef d’état-major, en août 2015. (Crédit : Gefen Reznik/unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Ses propos avaient déclenché des condamnations de l’ensemble de l’échiquier politique, et même ceux qui étaient du côté du général estimaient que sa formulation était maladroite.

Le Premier ministre, qui avait ouvert le bal des critiques de la droite, avait fustigé le général, et jugé « choquante » la comparaison de l’Allemagne nazie à la société israélienne actuelle et dénoncé « une injustice faite à la société israélienne » et des propos « minimisant la Shoah ».

« Il n’y a rien de plus facile que de haïr autrui », avait-il dit. « Il n’y a rien de plus facile que d’effrayer et de semer la terreur. Il n’y a rien de plus facile que de devenir cruel, moralement corrompu et hypocrite. »

Golan avait rapidement clarifié ses propos, affirmant qu’il n’avait pas eu l’intention de comparer Israël à l’Allemagne nazie. « C’est une comparaison absurde et infondée, et je n’avais absolument pas l’intention de dresser un quelconque parallèle ni de critiquer le gouvernement », avait déclaré Golan dans un communiqué diffusé par l’armée israélienne à l’époque.

Selon Barak, ces propos expliquent pourquoi Golan n’avait pas été nommé à la tête de l’armée bien qu’il ait été considéré comme favori. « Cela a mis fin à ses chances d’être nommé chef d’état-major, c’est inacceptable pour moi », a déclaré Barak, critiquant « l’atmosphère de peur » autour de l’administration Netanyahu.

Dans sa première interview depuis qu’il a rejoint le nouveau parti de Barak, Golan a déclaré la semaine dernière qu’il se voit du côté gauche de l’échiquier politique, mais qu’il ne se considère pas comme un « gauchiste » pour autant, se distanciant ainsi d’un terme devenu insultant en Israël.

Annonçant son retour en politique à la tête du Parti démocrate israélien, Barak, qui a été Premier ministre de 1999 à 2001, avant de se retirer de la vie politique en 2013, a promis de vaincre Netanyahu en septembre, affirmant que ce dernier était « une menace pour la démocratie ».

Les joutes politiques entre les deux hommes sont montées d’un cran mardi, quand Netanyahu a publié une vidéo sur les réseaux sociaux, questionnant les relations entre Barak et le milliardaire américain Jeffrey Epstein, accusé de trafic sexuel de mineurs.

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