Barak annonce le nom de sa nouvelle formation : le Parti démocrate israélien
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Barak annonce le nom de sa nouvelle formation : le Parti démocrate israélien

L'ancien Premier ministre a déclaré qu'il cherchera à unir le pays "à un moment charnière juste avant la dissolution totale de la démocratie israélienne"

L'ancien Premier ministre Ehud Barak s'exprime lors d'une conférence de presse pour annoncer son retour en politique à avant les législatives en septembre, à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Jack Guez/AFP)
L'ancien Premier ministre Ehud Barak s'exprime lors d'une conférence de presse pour annoncer son retour en politique à avant les législatives en septembre, à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Jack Guez/AFP)

Samedi, l’ancien Premier ministre Ehud Barak a dévoilé le nom de son nouveau parti – le Parti démocrate israélien – déclarant qu’il ramènerait de « l’espoir et du courage » au pays.

« L’Etat d’Israël se trouve à un moment charnière juste avant la dissolution totale de la démocratie israélienne. Il est maintenant temps de rendre de l’espoir et du courage à Israël, d’unir et de ramener Israël sur le droit chemin. Nous sommes un Israël démocratique », a tweeté Barak, aux côtés d’une photo d’une affiche de campagne en rouge, blanc et bleu.

La Douzième chaîne d’information a annoncé que l’affiche de campagne sera lancée dimanche avec slogan : « L’Etat de Netanyahu ou l’Etat d’Israël ».

La traduction littérale du nom hébreu est « Israël démocratique », mais des officiels du parti ont dit au Times of Israël que Barak avait demandé que le nom soit le « Parti démocrate israélien » en français.

La semaine dernière, Barak a annoncé la création d’un nouveau parti jusqu’alors sans nom, promettant de battre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en septembre.

Un sondage publié vendredi a donné le parti de Barak avec seulement quatre sièges à la Knesset sur 120 élus après les élections du 17 septembre.

Pourtant, le chef nouvellement élu du parti Travailliste Amir Peretz a déclaré jeudi qu’il était prêt à faire tout ce qu’il fallait pour créer un groupe de gauche plus large avant les élections, et même de se désister au profit d’Ehud Barak pour former une liste commune de leurs deux partis.

Peretz et Barak ont tous les deux auparavant dirigé le parti Travailliste. Barak avait pris le contrôle du parti à Peretz en 2007.

Le président de la Knesset et député du Likud Yuli Edelstein semblait faire référence à cet incident dans un tweet en réaction à l’annonce du nom du parti de Barak.

« Ehud, la démocratie commence avec un processus démocratique au sein du parti. Vous ne devez pas seulement tirer des leçons du Likud – vous pouvez aussi retenir des enseignements du parti que vous avez abandonné et détruit. Cela vous dit quelque chose ? »

Ehud Barak (droite), alors ministre de la Défense, est assis à côté du député Amir Peretz alors qu’ils participe à une réunion du Comité des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset le 19 mars 2012. (Uri Lenz/Flash 90)

Mardi, Barak a promis que son parti ne siégerait pas dans le même gouvernement que Netanyahu. « Notre objectif est de ramener Israël sur le droit chemin et de renverser le régime Netanyahu », a déclaré Barak lors d’une conférence de presse à Tel Aviv.

« Nous ne siégerons pas avec [Netanyahu] dans le même gouvernement sous n’importe quelles circonstances. Nous allons nous rassembler pour le faire tomber et, après son départ, nous siégerons ensemble avec tous ceux qui sont d’accord avec… notre vision des choses : un État juif, sioniste et démocratique dans l’esprit des valeurs de la Déclaration d’Indépendance et la vision des prophètes », a ajouté l’ancien ministre de la Défense qui a servi sous Netanyahu jusqu’en 2013.

Ses déclarations sont intervenues quelques heures après que le numéro 2 du parti, Yair Golan, un ancien vice chef d’Etat major des armées, a laissé entendre une possible ouverture à un futur partenariat avec Netanyahu.

L’ancien Premier ministre Ehud Barak (2ème à droite), la Prof. Yifat Bitton (2 à gauche), le général à la retraite Yair Golan (droite) et le Dr. Kobi Richter posent pour une photo lors d’une conférence de presse pour annoncer la création d’un nouveau parti politique qu’il va diriger, à Tel Aviv le 26 juin 2019. (Flash90)

Mardi, Barak a également promis d’abandonner les propositions pour réguler la conscription des ultra-orthodoxes. Il a mis en avant un « plan d’intégration », dont il a affirmé qu’il cherchera à intégrer les Israéliens hardis à travers des programmes de service national plutôt qu’un service militaire.

La question du service militaire haredi était une pomme de discorde entre Netanyahu et le parti de droite laïc Yisrael Beytenu Avidgor Liberman lors des négociations de coalition qui ont échoué en mai et qui ont conduit aux nouvelles élections convoquées pour septembre, la deuxième élection en moins de six mois.

Barak a été le Chef de l’Etat major israélien avec la plus longue durée de service et est le soldat le plus décoré du pays avant de devenir Premier ministre en 1999, après avoir vaincu Netanyahu. Après sa défaite en 2001 face au défunt Ariel Sharon, il s’est temporairement retiré de la politique, avant de revenir au parti Travailliste en 2005.

De 2007 à 2013, il a servi comme ministre de la Défense, dont les quatre dernières années sous la direction de Netanyahu.

En 2011, alors qu’il était ministre de la Défense sous Netanyahu, Barak s’est séparé du parti Travailliste afin de pouvoir rester dans le gouvernement de coalition malgré les objections de la majorité du parti.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense d’alors, Ehud Barak, pendant une conférence de presse au bureau du Premier ministre, le 21 novembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans son nouveau parti, Barak a été rejoint par l’ancien vice chef d’Etat major de l’armée israélienne Yair Golan, le professeur de droit Yifat Biton, l’entrepreneur Kobi Richter, l’ancien membre du parti Travailliste Yaya Fink, l’avocate-auteure Noa Rothman, qui est la petite fille du dirigeant israélien défunt Yitzhak Rabin, et l’ancienne chef du groupe féminin du parti de droite HaBayit HaYehudi, Sagit Peretz Deri.

En annonçant la formation de son parti, Barak, âgé de 77 ans, a donné de frissons dans les rangs de deux partis en difficulté, le parti Travailliste et le parti centriste Kakhol lavan. Les deux partis craignent que des électeurs reportent leur vote vers l’ancien Premier ministre et chef de l’armée qui a déclaré être le seul capable de battre Netanyahu.

Barak est aussi en négociations avec Emilie Moatti concernant la possibilité de voir la militante Travailliste rejoindre la liste – ce qui serait un coup supplémentaire pour l’ancien parti qui tenait ses primaires mardi.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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