Ben Gvir retire son « bureau » de Sheikh Jarrah contre plus de présence policière
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Ben Gvir retire son « bureau » de Sheikh Jarrah contre plus de présence policière

Le député d'extrême-droite aurait affirmé qu'il enlèverait sa table et son auvent en échange d'un renforcement des forces de l'ordre dans ce quartier tendu de Jérusalem-Est

Le député Itamar Ben Gvir aux côtés du président de Lehava, Benzi Gopstein, dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, le 6 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le député Itamar Ben Gvir aux côtés du président de Lehava, Benzi Gopstein, dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, le 6 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le parlementaire d’extrême-droite Itamar Ben Gvir a accepté, vendredi, d’enlever ce qu’il a dit être « son bureau parlementaire » dans le quartier Sheikh Jarrah en échange d’une présence policière renforcée aux abords d’habitations revendiquées par des Juifs de droite, dans ce quartier tendu de Jérusalem-Est, et ce jusqu’à la fin du mois sacré du Ramadan.

Cet accord aurait été conclu suite à des discussions entre le député et le bureau du Premier ministre, après le rejet par Ben Gvir d’une proposition initiale concernant une rencontre sur le sujet qui devait avoir lieu dimanche avec le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana, responsable des forces de l’ordre.

Jeudi soir, Ben Gvir avait installé ce qu’il avait déclaré être son « bureau parlementaire » dans le quartier – une table placée sous un auvent, avec un panneau – en réponse à ce qu’il avait estimé être un manque de protection des familles juives vivant dans le secteur.

Dans une déclaration faite jeudi, Ben Gvir avait déclaré « déplacer son bureau » vers le quartier, ajoutant qu’il serait accompagné d’un garde du corps de la Knesset.

Itamar Ben Gvir, leader d’un parti d’extrême-droite, monte la garde, avec la police, aux abords d’une maison palestinienne revendiquée par des Juifs de droite dans le quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem, le 6 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Ben Gvir est un disciple de feu le rabbin extrémiste Meir Kahane et est à la tête du parti néo-kahaniste Otzma Yehudit, qui a fusionné dans le cadre du Parti sioniste religieux avant les dernières élections. Il a passé beaucoup de temps sur les bancs des accusés devant les tribunaux pendant sa jeunesse, avant de devenir avocat. Il assure dorénavant la défense des Juifs ultra-nationalistes accusés de commettre des attaques racistes à l’encontre des Arabes israéliens et des Palestiniens.

Ben Gvir a établi son « bureau » à Sheikh Jarrah où les tensions se sont renforcées au cours de la semaine, des dizaines de Palestiniens risquant actuellement d’être expulsés de leurs habitations suite à une longue bataille judiciaire avec des Juifs de droite qui, de leur côté, tentent d’acquérir des biens immobiliers dans cette partie de la ville, située au nord de la Vieille Ville de Jérusalem.

Des manifestants pro-palestiniens se sont regroupés pour des Iftars nocturnes – le repas organisé à la rupture du jeûne pendant le mois sacré du ramadan – à de longues tables placées à l’extérieur. Ben-Dvir a installé son « bureau » et son auvent face aux tables.

Des images montrent un Israélien asperger de ce qui semble être du gaz lacrymogène la table de l’Iftar, ce qui a entraîné des heurts.

Une vidéo qui circule sur internet montre aussi des manifestants, des deux côtés, se jetant des pierres et des chaises, et des Palestiniens détruire l’auvent avant l’arrivée de la police. Il n’y aurait pas eu de blessés graves.

La police a arrêté au moins 15 personnes, toutes Palestiniennes. Pendant les heurts, un Juif israélien a tiré un coup de feu en l’air après l’incendie d’un véhicule.

Des dizaines de familles palestiniennes habitant Sheikh Jarrah pourraient devoir quitter leur logement, dans les prochaines semaines, si la Cour suprême rejette leur appel lancé contre ces expulsions en suspens. Elles pourraient être remplacées par des nationalistes juifs de droite qui affirment que les maisons palestiniennes ont été construites sur des terres qui appartenaient à des associations juives avant l’établissement de l’État d’Israël.

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