Bennett : C’est dans l’intérêt de l’Amérique d’empêcher l’Iran nucléaire
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Bennett : C’est dans l’intérêt de l’Amérique d’empêcher l’Iran nucléaire

Dans un appel via Zoom avec les membres du congrès US, le Premier ministre a notamment dit que jamais le pays ne demanderait aux troupes américaines de défendre l'État juif

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 18 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 18 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Quelques jours avant sa première visite à Washington au poste de chef du gouvernement israélien, Naftali Bennett a dit à un groupe bipartisan formé de membres du Congrès américain qu’il était dans l’intérêt de la sécurité nationale des États-Unis d’empêcher la course à l’arme atomique qui ne manquerait pas d’être lancée si l’Iran devait parvenir à fabriquer une arme nucléaire, a indiqué un participant à la rencontre, mardi, au Times of Israel.

Pendant cet appel sur Zoom qui a eu lieu le 19 août, Bennett a expliqué aux représentants que « tous les pays touchés par l’Iran s’effondrent » et « qu’empêcher une cascade d’États qui s’effondrent » serait aussi dans l’intérêt des Américains.

Bennett a révélé qu’il avait initié un processus de réexamen politique, qui avait duré un mois et demi, sur la question iranienne avant de prendre ses fonctions et qu’il en avait conclu que revenir au JCPOA, l’accord sur le nucléaire signé par l’Iran et les puissances mondiales, n’était plus possible.

Bennett s’oppose depuis longtemps au plan de l’administration Joe Biden de réintégrer cet accord sur le nucléaire conclu en 2015 dont s’était unilatéralement retiré le président américain Donald Trump en 2018.

Cette réunion virtuelle a réuni le démocrate Lou Correa de Californie, et les républicains Jack Bergman du Michigan, Rick Allen de Georgie, Morgan Griffith de Virginie, Neal Dunn de Floride, et Jackie Walorski de l’Indiana.

Le Premier ministre a aussi évoqué la relation entre les États-Unis et Israël.

Le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, lors de la réunion d’adieu avec l’administration du Président sortant Hassan Rouhani à Téhéran, Iran, le 28 juillet 2021. (Crédit : bureau du guide suprême iranien via AP)

Il a souligné qu’Israël ne demanderait jamais aux Américains d’intervenir militairement en son nom. Si c’est nécessaire, a-t-il dit, l’État juif mettra ses « troupes au sol » pour que les États-Unis n’aient pas à le faire.

Bennett a ajouté que l’État juif se contenterait de demander le soutien et l’appui des États-Unis.

Le Premier ministre a aussi déploré le fait qu’Israël soit devenu une question bipartisane en Amérique, notant que la visioconférence en cours qui rassemblait des membres du congrès démocrates et républicains était une démonstration que les clivages sur Israël n’étaient pas aussi profonds qu’on pouvait le croire de prime abord.

Évoquant la politique nationale, Bennett a expliqué aux législateurs qu’il n’aurait jamais pensé qu’il pourrait mettre en place un gouvernement de coalition comme celui qu’il dirige aujourd’hui – avec des formations opposées sur de nombreux sujets – mais il a souligné qu’en même temps, « tout le monde a à cœur de travailler dur au nom de la population israélienne », a expliqué un participant au Times of Israel.

Il a remarqué que le gouvernement était en capacité d’adopter un budget de l’État pour la toute première fois en trois ans. La législation doit être approuvée par la Knesset avant le 4 novembre. Le gouvernement s’effondrera le cas échéant.

Le sénateur démocrate de l’état de Californie de l’époque, Lou Correa, s’exprime devant le Capitole de Sacramento, le 17 mars 2014. (Crédit : AP Photo/Rich Pedroncelli, File)

Les membres du Congrès ont été particulièrement intéressés par la campagne israélienne d’administration d’une injection de rappel aux Israéliens dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19.

Cette rencontre a été organisée par l’Association d’éducation US-Israël, une organisation dont le siège se situe dans l’Alabama et qui œuvre à renforcer les liens entre les hauts-responsables israéliens et américains.

« Le Premier ministre Bennett est un ami de longue date », a commenté Heather Johnston, directrice de l’USEIA. « Et il y a un message qui continue à résonner : Israël a ses troupes au sol, de manière à ce que nous n’ayons pas à le faire. Israël combat pour défendre la démocratie et la liberté dans la région et Israël ne peut pas être une problématique partisane aux États-Unis. »

Le Premier ministre a invité les membres du Congrès et Johnston à venir en Israël lorsque les restrictions induites par la COVID-19 seront assouplies.

Bennett a décollé de l’aéroport Ben Gurion, mardi en fin d’après-midi, pour se rendre à Washington, où il rencontrera Biden et d’autres hauts-responsables de l’administration.

« Nous amenons avec nous un nouvel esprit de coopération », a commenté Bennett avant d’embarquer dans son avion, évoquant les nouveaux gouvernements en place au sein de l’État juif et aux États-Unis. « Je ne doute aucunement du fait que ce nouvel esprit de coopération a contribué et qu’il continuera à contribuer à la sécurité d’Israël ».

Bennett a ajouté que l’Iran serait au cœur de ses réunions, et particulièrement le sujet des avancées réalisées ces dernières années dans le programme nucléaire de la république islamique.

« Nous allons programmer comment parvenir à bloquer le programme nucléaire iranien », a-t-il précisé.

Le Premier ministre Naftali Bennett embarque pour Washington, le 24 août 2021. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Avant le voyage de Bennett, une source proche des services diplomatiques a déclaré que le Premier ministre ne pensait pas que les États-Unis pourraient réintégrer le pacte sur le nucléaire signé en 2015.

Les puissances occidentales – avec la participation indirecte des États-Unis – ont négocié pendant des mois avec l’Iran un retour à l’accord sur le nucléaire, des pourparlers qui ont eu lieu à Vienne. Mais les discussions sont dans l’impasse alors que le nouveau président iranien, Ebrahim Raissi, un membre de la ligne ultra-radicale du régime, vient de prendre ses fonctions à Téhéran.

Aux États-Unis, Bennett devrait affirmer que le programme nucléaire de la république islamique est dorénavant allé trop loin pour que le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) – c’est le nom qui avait été donné à l’accord en 2015 – garde une pertinence. Même s’il comble quelques vides en termes des engagements pris par l’Iran en ce qui concerne les activités d’enrichissement de l’uranium, le pacte offre trop en échange à la république islamique, a dit la source.

« Nous avons hérité d’un Iran qui est d’une agressivité extrême et qui soutient des forces très négatives dans la région », a continué la source, une critique sous-jacente de la gestion de la question iranienne par le gouvernement précédent qui était dirigé par Benjamin Netanyahu.

Le président américain Joe Biden prend la parole depuis la salle Est de la Maison Blanche, le jeudi 12 août 2021, à Washington. (Photo AP / Evan Vucci)

Si Bennett a souligné que l’essentiel de son entretien avec Biden se concentrerait sur l’Iran, un communiqué de la Maison Blanche portant sur la visite de Bennett note qu’il y aura des discussions « sur la sécurité régionale et globale, notamment sur l’Iran » ainsi que « sur les efforts visant à faire avancer la paix, la sécurité et la prospérité pour les Israéliens et pour les Palestiniens et sur l’importance d’œuvrer en faveur d’un avenir plus pacifique et plus sûr pour la région ».

Aucune concession majeure ne devrait être faite en direction des Palestiniens pendant ce voyage.

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