Bennett : Hazan, toxicomane, est inapte à être député
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Bennett : Hazan, toxicomane, est inapte à être député

Le ministre de l’Education appelle Netanyahu à prendre des mesures contre le scandaleux député du Likud, après un jugement qui affirme qu’il a pris de la méthamphétamine avant son entrée en politique

Oren Hazan, député du Likud, à la Knesset, le 19 septembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Oren Hazan, député du Likud, à la Knesset, le 19 septembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Naftali Bennett, président du parti HaBayit HaYehudi et ministre de l’Education, a déclaré jeudi que le député Oren Hazan était inapte à occuper un mandat public, après qu’un juge a estimé que le scandaleux élu avait pris des drogues dures avant son élection à la Knesset.

Le juge Azaria Alcalay a estimé mardi qu’un reportage télévisé de 2015, qui affirmait que Hazan avait engagé des prostituées pour ses amis et pris de la méthamphétamine en 2013 pendant qu’il gérait un casino en Bulgarie, était « du journalisme sérieux et responsable, et reflétait la réalité telle qu’elle était. »

« Ce n’est pas une affaire qui honore la Knesset d’Israël ou la confiance du public en ses élus, a déclaré Bennett à la radio militaire. Je pense que les députés devraient être des exemples. »

Alors que les appels à la démission du député ou à une enquête sur lui se sont multipliés dans l’opposition et parmi les députés, Bennett est le premier responsable gouvernemental à appeler à l’éviction de Hazan. Il a également réprimandé le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour ne pas avoir pris de mesure contre Hazan.

« En tant que responsables publics, je pense que nous devons nous dissocier d’individus dont il a été déterminé qu’ils ont commis des actes immoraux, qui sont illégaux en Israël », a-t-il déclaré, demandant à Netanyahu de réfléchir pour savoir si Hazan pouvait continuer à servir à la Knesset.

Oren Hazan, à gauche, avant son élection comme député du Likud, quand il dirigeait un casino en Bulgarie. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Oren Hazan, à gauche, avant son élection comme député du Likud, quand il dirigeait un casino en Bulgarie. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

« La loi ne nous permet pas de le forcer [à démissionner] parce qu’aucun délit n’a été commis en Israël, mais c’est la responsabilité du chef du parti de gérer ce problème », a-t-il déclaré.

Bien que Bennett ait déclaré qu’il ne se permettrait pas de donner de conseil à Netanyahu, il a affirmé que les informations sur le comportement de Hazan, confirmé par le jugement de mardi, « devraient être un drapeau rouge pour nous tous. »

« Ce n’est pas le genre de standards que nous souhaitons mettre en place, particulièrement pour les jeunes qui nous observent », a-t-il déclaré.

Naftali Bennett, ministre de l'Éducation et président du parti HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 1er août 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Naftali Bennett, ministre de l’Éducation et président du parti HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 1er août 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Hazan, dont le comportement a déjà entraîné son retrait des commissions de la Knesset où il siégeait par la commission d’Ethique de la Knesset et par son propre parti, demandait un million de shekels de dédommagement à Amit Segal, journaliste de la Deuxième chaîne. Le député affirmait que le reportage diffusé en juin 2015, qui détaillait les activités illicites et sordides de Hazan quand il était gérant de casino en Bulgarie en 2013, était faux et diffamatoire.

Mardi, le juge Alcalay a déclaré que les preuves présentées à la cour par deux témoins, nommés Eviatar et Avi dans le jugement, montraient que Hazan avait effectivement consommé de la méthamphétamine. Il a déclaré qu’il ne pouvait pas prouver que Hazan avait fourni des prostituées à des amis ou des clients du casino, mais qu’il était convaincu que Segal avait suffisamment de preuves pour être protégé par la liberté de la presse.

Oren Hazan, député du Likud (à gauche), remet à Amit Segal, journaliste de la Deuxième chaîne, une copie de la plainte pour diffamation que le député a porté contre le journaliste, le 12 octobre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Oren Hazan, député du Likud (à gauche), remet à Amit Segal, journaliste de la Deuxième chaîne, une copie de la plainte pour diffamation que le député a porté contre le journaliste, le 12 octobre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Je pense que le témoignage d’Eviatar et d’Avi surpasse celui du plaignant, qui a totalement démenti avoir pris des drogues, tout comme il a démenti toute relation avec le casino, alors qu’il était déjà clair qu’il avait donné de faux témoignages sur d’autres sujets », a écrit Alcalay dans sa décision.

La cour a cependant accepté la plainte de Hazan affirmant que la Deuxième chaîne avait tort quand le reportage affirmait qu’il avait vendu des drogues dures, un détail qui n’était apparu que sur le site internet Mako et pas dans le reportage original. La Deuxième chaîne devra payer 40 000 shekels de dédommagements à Hazan.

Raoul Wootliff et Marissa Newman ont contribué à cet article.

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