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Bennett : la visite de Biden cruciale pour finaliser un plan contre l’Iran nucléaire

Israël a réussi à empêcher la signature d'un mauvais accord, et souhaite en conclure un meilleur pour le long terme, déclare le Premier ministre aux journalistes

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le président américain Joe Biden. (Crédit : image composite : AP, Flash 90)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le président américain Joe Biden. (Crédit : image composite : AP, Flash 90)

L’objectif principal d’Israël lors de la prochaine visite du président américain Joe Biden sera de « finaliser un plan d’action commun clair avec les États-Unis pour arrêter le programme nucléaire de l’Iran », a déclaré lundi le Premier ministre Naftali Bennett.

« Cette visite est cruciale pour Israël », a déclaré Bennett, précisant qu’elle porterait sur les priorités essentielles pour Israël depuis un an, notamment le programme nucléaire iranien.

Bennett a déclaré que « le monde se réveille au vrai visage de l’Iran », soulignant la censure de l’Iran par l’Agence internationale de l’énergie atomique au début du mois lors de la réunion de son Conseil des gouverneurs à Genève.

Le Premier ministre Bennett s’est exprimé de son cabinet à Jérusalem lors d’un point de presse avec des journalistes israéliens.

Le Premier ministre a déclaré qu’Israël avait « réussi » à empêcher un retour à ce qu’il considère comme un mauvais accord. Désormais, son objectif à court terme est de mettre un terme à l’enrichissement de l’uranium iranien.

À long terme, cependant, Israël souhaiterait conclure un meilleur accord, a déclaré le Premier ministre. Il a défini un tel accord comme un accord qui empêcherait l’Iran, de façon permanente, de progresser vers une arme nucléaire.

Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, présente une caméra de surveillance au siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne, en Autriche, le 17 décembre 2021. (Crédit : Alex Halada/AFP)

Lundi également, l’Iran a déclaré que le « train n’a pas encore déraillé » en ce qui concerne les négociations visant à rétablir l’accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales, malgré les nouvelles sanctions américaines contre la République islamique.

Les pourparlers de Vienne, qui ont débuté en avril dernier, ont pour but de ramener les États-Unis à l’accord nucléaire, contre, notamment, la levée des sanctions contre l’Iran, et une conformité totale de Téhéran à ses engagements.

Mais ce dialogue toujours délicat est au point mort depuis mars.

La visite de Biden, qui devrait débuter le 13 juillet, portera également sur le « renforcement des architectures régionales entre les acteurs les plus modérés de la région », selon Bennett.

Un haut fonctionnaire de l’administration américaine a déclaré la semaine dernière que Biden se concentrerait sur « une meilleure intégration de la région par le biais des Accords d’Abraham – les accords de normalisation que Jérusalem a signés avec les Émirats, le Bahreïn et le Maroc -, par le renforcement des liens d’Israël avec l’Égypte et par la création d’un nouveau forum établi par l’administration Biden qui comprend les États-Unis, les Émirats, Israël et l’Inde – le I2U2.  »

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (à droite) et le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar s’entretiennent avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdallah bin Zayed, le 18 octobre 2021 (Crédit : ministère des Affaires étrangères).

Pendant son séjour en Israël, Biden participera à un sommet virtuel de l’I2U2 aux côtés de Bennett, du président des Émirats arabes unis Mohamed bin Zayed et du président indien Narendra Modi, a déclaré le responsable américain, dans ce qui constituerait le rassemblement de plus haut niveau du forum à ce jour.

Biden se rendra en Israël, en Cisjordanie et en Arabie saoudite du 13 au 16 juillet. En Israël, Biden devrait rencontrer Bennett, le président Isaac Herzog, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz, selon un responsable israélien. Le responsable a ajouté que Joe Biden visiterait également le mémorial de la Shoah de Yad Vashem et Jérusalem-Est.

Un haut responsable de l’administration Biden a déclaré que le président irait voir un système de défense antimissile financé par les États-Unis en Israël afin de souligner les efforts de la Maison-Blanche pour l’obtention d’un financement supplémentaire d’un milliard de dollars pour le réapprovisionnement des batteries du Dôme de fer au lendemain de la guerre de Gaza de mai 2021, connue en Israël sous le nom d’opération « Gardiens des murs ». Biden va également « discuter des nouvelles innovations entre nos pays qui utilisent les technologies laser pour vaincre les missiles et autres menaces aériennes. »

Lors du briefing de lundi, Bennett a vanté le fait que cette dernière année « a été la plus calme pour les habitants de Sderot et de la région frontalière de Gaza. »

Des partisans du groupe terroriste palestinien Jihad islamique préparent des engins incendiaires portés par des ballons pour les lancer vers Israël, à l’est de la ville de Gaza, le 15 juin 2021. (Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Il a également déclaré que l’année dernière a été la plus lente depuis des années pour le Hamas en termes de renforcement militaire. Bennett a attribué les contrôles plus intensifs au poste frontière de Rafah entre l’Égypte et Gaza à « l’amélioration des relations entre Israël et l’Égypte ».

« Nous avons rétabli notre pouvoir de dissuasion », a déclaré Bennett. « Je vous rappelle qu’après l’opération Gardien des murs, le Hamas avait continué à envoyer des ballons explosifs et à brûler le sud ».

Israël a combattu le Hamas et d’autres groupes terroristes basés à Gaza pendant 11 jours en mai 2021, lors de la quatrième série de combats majeurs depuis l’opération Plomb durci en 2008/9.

Selon le Premier ministre Bennett, les 4 mesures suivantes ont renforcé le pouvoir de dissuasion d’Israël : empêcher le Hamas de recevoir des « valises d’argent » du Qatar ; répondre à chaque ballon incendiaire envoyé depuis Gaza ; permettre à la marche du drapeau israélien de traverser la Vieille Ville de Jérusalem comme prévu, malgré les menaces du Hamas ; et autoriser des milliers de travailleurs de Gaza à entrer en Israël.

Bennett a ajouté que la décision de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu de retarder la Marche du drapeau en 2021 face aux menaces du Hamas avait « profondément endommagé le pouvoir de dissuasion israélien. »

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