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Bennett « respecte » les responsables de la Santé, mais s’oppose aux restrictions

Le Premier ministre appelle à une campagne de vaccination dans les villes arabes

Le Premier ministre Naftali Bennett s'adresse aux journalistes à New York avant de monter à bord d'un avion pour rentrer en Israël, le 29 septembre 2021. (Avi Ohayon/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett s'adresse aux journalistes à New York avant de monter à bord d'un avion pour rentrer en Israël, le 29 septembre 2021. (Avi Ohayon/GPO)

NEW YORK – Le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré mercredi qu’il « respecte grandement » le travail des professionnels de la santé tout en s’opposant à certaines des politiques qu’ils proposent, après avoir été critiqué par des responsables de la santé pour les avoir rabroués lors de son voyage pour assister à l’Assemblée générale de l’ONU.

S’adressant aux journalistes avant de monter dans son avion pour rentrer en Israël, M. Bennett a souligné que, malgré les pressions, il n’y aurait pas de nouvelles restrictions COVID-19 appliquées à la population générale.

« Je respecte grandement les experts médicaux et apprécie leur travail professionnel, mais imposer de nouvelles restrictions aux citoyens israéliens n’est pas la politique de ce gouvernement », a-t-il déclaré. « Malgré les pressions, nous nous abstiendrons à ce stade de placer de nouvelles restrictions sur la population.

« La politique de ce gouvernement est de garder Israël aussi ouvert que possible, l’économie aussi ouverte que possible, parallèlement à des efforts ciblés vers les personnes non vaccinées et les noyaux d’infection. »

Bennett a noté que les 40 villes ayant les taux d’infection les plus élevés en Israël sont des communautés arabes, et que plus de 90 % des personnes hospitalisées dans le pays ne sont pas vaccinées.

Il a promis de concentrer ses efforts sur les villes arabes et a déclaré que le coût de nouvelles restrictions publiques se traduirait par la perte de milliers d’emplois.

Ces remarques sont intervenues dans le cadre d’une querelle entre Bennett et les responsables de la santé, qui se sont emportés après que le premier ministre a rendu leurs différends publics lors de son voyage aux États-Unis.

Lors d’un briefing avec des journalistes israéliens à New York, M. Bennett s’en est en effet pris aux fonctionnaires qui conseillent le gouvernement sur son approche du coronavirus, dans un contexte de désaccords sur l’opportunité d’imposer de nouvelles restrictions.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’adresse à la 76e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 27 septembre 2021, au siège de l’ONU à New York. (John Minchillo/Pool/AFP)

Le Premier ministre a fait plusieurs commentaires critiquant les fonctionnaires, disant notamment qu’ « ils ne voient pas l’ensemble du tableau » et qu’ils « bégaient » lorsqu’il demande des explications sur leur appel à limiter davantage les rassemblements publics.

Lors de son discours à l’ONU, Bennett a déclaré que « si les médecins constituent un apport important, ils ne peuvent pas être ceux qui dirigent l’initiative nationale. La seule personne qui a une bonne vue d’ensemble de toutes les considérations, c’est le dirigeant national d’un pays donné. »

Interviewé par la station de radio publique Kan mardi, le ministre de la santé Nitzan Horowitz a déclaré que la critique publique de Bennett « était inutile et malheureuse », ajoutant qu’il soutenait pleinement le travail des responsables de la santé – bien qu’il soit d’accord avec Bennett sur le fait que de nouvelles limitations étaient injustifiées.

Le directeur général du ministère de la santé, Nachman Ash, a déclaré à la Douzième chaîne qu’il était « attristé » qu’une telle critique ait été soulignée par Bennett à l’ONU plutôt que « le grand dévouement des équipes médicales dans leur travail quotidien pour sauver des vies sous une grande tension ».

« C’est un sentiment désagréable », a-t-il ajouté. « Nous ne nous attendions pas à de tels commentaires… et je suis très satisfait de notre travail ».

Mercredi également, Bennett a insisté sur la politique de son gouvernement lors d’un appel avec les directeurs des quatre caisses de santé d’Israël, le directeur du ministère de la Santé, Ash, le responsable de COVID-19, Salman Zarka, et le chef du commandement du front intérieur de Tsahal, Ori Gordin.

Il a déclaré que la clé pour vaincre la pandémie avec un coût minimal était d’augmenter les taux de vaccination, d’effectuer des tests de masse et d’appliquer le système de passeport vert limitant l’accès à la plupart des lieux publics aux seules personnes vaccinées, guéries ou ayant passé un test récent.

M. Bennett a indiqué aux caisses de santé qu’elles devaient concentrer leurs efforts de vaccination sur les communautés arabes, « étant donné que les taux de vaccination dans les communautés arabes et à Jérusalem-Est sont particulièrement bas. »

« Les professionnels de la santé, de l’économie et de l’éducation soumettront des recommandations et le gouvernement décidera. Telle est la hiérarchie et il n’y en a pas d’autre », a réagi mercredi Yair Lapid dans des déclarations diffusées par son parti Yesh Atid.

« Nous n’avons pas encore vaincu le virus. Nous avons tous un ennemi – le coronavirus », a-t-il ajouté.

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