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Biden : la Shoah n’était pas un accident de l’Histoire

Le président américain a évoqué la marche néonazie de Charlottesville pour souligner l'importance d'intérioriser la leçon de "plus jamais ça"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président-élu Joe Biden au Queen Theater, à Wilmington, dans le Delaware, le 25 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)
Le président-élu Joe Biden au Queen Theater, à Wilmington, dans le Delaware, le 25 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

Exprimant son inquiétude face à la voix de plus en plus forte des négationnistes, le président américain Joe Biden a souligné mercredi l’importance de transmettre aux générations futures les leçons du génocide perpétré par les nazis, dans une déclaration à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste.

« Nous devons transmettre l’histoire de l’Holocauste à nos petits-enfants et à leurs petits-enfants afin que se concrétise la promesse du « plus jamais ça » », a déclaré Biden dans une déclaration publiée par la Maison Blanche. « C’est ainsi que nous pourrons empêcher de futurs génocides. Se souvenir des victimes, des héros et des leçons de l’Holocauste est particulièrement important aujourd’hui, à une époque où les négationnistes et ceux qui minimisent l’ampleur de la Shoah sont de plus en plus nombreux dans notre discours public ».

Expliquant comment il a lui-même travaillé pour transmettre les leçons de l’Holocauste, Biden a rappelé avoir emmené ses enfants visiter un camp de concentration en Allemagne et a ajouté qu’il prévoit de faire de même avec ses petits-enfants.

Biden a évoqué la marche de 2017 à Charlottesville, en Virginie, où « des nationalistes blancs et des néo-nazis ont craché la même bile antisémite que celle que nous avons entendue dans les années 1930 en Europe » et comment les scènes poignantes ont finalement été ce qui l’a poussé à se présenter aux élections présidentielles ».

« L’Holocauste n’est pas un accident de l’histoire. Il s’est produit parce que trop de gouvernements ont adopté et mis en œuvre de sang-froid des lois, des politiques et des pratiques alimentées par la haine pour diffamer et déshumaniser des groupes entiers de personnes, et trop d’individus sont restés silencieux », a déclaré le président.

Affrontement entre néonazis et contre-manifestants à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Il a souligné l’importance de lutter contre « la recrudescence de l’antisémitisme, et d’autres formes de bigoterie et d’intolérance, ici et dans le monde ».

Biden s’est également engagé à être un  » défenseur de la justice pour les survivants de la Shoah et leurs héritiers « .

Citant son défunt ami, Tom Lantos, survivant de la Shoah, Biden a déclaré : « Le vernis de la civilisation est mince comme du papier. Nous en sommes les gardiens, et nous ne pouvons jamais nous reposer ».

Contrairement à son prédécesseur Donald Trump, dont la première déclaration à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de la Shoah ne mentionnait pas explicitement les Juifs, Biden a déclaré : « Aujourd’hui, nous nous joignons à des personnes de toutes les nations du monde pour commémorer la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste en nous souvenant des 6 millions de Juifs, ainsi que des Roms et Sinti, des Slaves, des personnes handicapées, des personnes LGBTQ+ et de bien d’autres, qui ont été assassinés par les Nazis et leurs collaborateurs pendant la Shoah », a-t-il déclaré.

Le nouveau secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a également publié un message à l’occasion de la Journée de commémoration de l’Holocauste. Blinken est juif et est le beau-fils d’un survivant de la Shoah.

« Mon beau-père n’était qu’un garçon lorsqu’il a perdu toute sa famille aux mains des nazis. Il a passé près de quatre ans dans des camps de travail et de la mort avant de réussir à s’échapper et d’être ensuite secouru par les troupes américaines », a raconté Blinken. « Cette histoire m’a beaucoup marqué. Elle m’a appris que le mal à grande échelle peut se produire et se produit effectivement dans notre monde et que nous avons la responsabilité de faire tout notre possible pour l’arrêter ».

 

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