Biden veut « recalibrer » la relation avec Ryad, MBS tenu donc à distance
Rechercher

Biden veut « recalibrer » la relation avec Ryad, MBS tenu donc à distance

Déterminé à marquer le contraste sur ce dossier avec Donald Trump, Joe Biden a, depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, pris par petites touches ses distances avec Ryad

Le vice-président américain Joe Biden, (à droite), présente ses condoléances au roi Salmane Ben Abdel Aziz à l'occasion du décès de son frère, le prince héritier saoudien Sultan ben Abdul-Aziz Al Saoud, au palais Prince Sultan à Riyad, en Arabie Saoudite, le 27 octobre 2011. (AP Photo/Hassan Ammar, File)
Le vice-président américain Joe Biden, (à droite), présente ses condoléances au roi Salmane Ben Abdel Aziz à l'occasion du décès de son frère, le prince héritier saoudien Sultan ben Abdul-Aziz Al Saoud, au palais Prince Sultan à Riyad, en Arabie Saoudite, le 27 octobre 2011. (AP Photo/Hassan Ammar, File)

Le président américain Joe Biden entend « recalibrer » la relation avec l’Arabie saoudite et, pour ce faire, changer d’interlocuteur : le roi Salmane plutôt que le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS).

Déterminé à marquer le contraste sur ce dossier avec Donald Trump, Joe Biden a, depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, pris par petites touches ses distances avec Ryad.

« Nous avons clairement dit depuis le début que nous allions recalibrer notre relation avec l’Arabie saoudite », a souligné Jen Psaki, porte-parole de l’exécutif américain, lors de son point de presse quotidien.

Evoquant les questions sur un éventuel échange téléphonique à venir entre le président et « MBS », qui était l’interlocuteur privilégié sous la présidence Trump, Mme Psaki a clairement indiqué que cela n’était pas à l’ordre du jour.

« L’homologue du président est le roi Salmane et il aura un échange avec lui le moment venu », a-t-elle martelé.

Les États-Unis et l’Arabie saoudite sont des alliés historiques et, depuis Franklin Delano Roosevelt, tous les présidents américains ont soigné les membres de la famille royale saoudienne.

Mais le soutien sans réserves de Trump à Ryad, où il avait effectué son premier déplacement présidentiel, et sa proximité (comme celle de son gendre Jared Kushner) avec le jeune prince hériter avaient changé la donne.

En recevant MBS début 2018 dans le Bureau ovale, Donald Trump était allé jusqu’à insister sur sa « grande amitié » avec ce dernier. « Nous nous comprenons l’un l’autre », avait-il lancé en évoquant le nouvel homme fort du premier exportateur mondial de pétrole.

Le président Donald Trump serre la main du Prince héritier saoudien et ministre de la Défense Mohammed ben Salmane à Riyadh, le 20 mai 2017. (AP Photo/Evan Vucci)

« Message clair »

« Biden envoie un message sans ambiguïté – et bienvenu – à l’Arabie saoudite », a réagi sur Twitter l’ex-diplomate Aaron David Miller, négociateur sous des gouvernements démocrates comme républicains.

« Les jours où MBS avait un accès direct à la Maison Blanche sont semble-t-il révolus, au moins pour le moment », a-t-il ajouté.

Deux semaines après sa prestation de serment, Joe Biden a annoncé la fin du soutien américain à la campagne militaire saoudienne au Yémen, affirmant qu’elle avait « créé une catastrophe humanitaire et stratégique ».

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a par ailleurs décidé de retirer les Houthis de la liste noire américaine des « organisations terroristes ». Ces rebelles, appuyés par l’Iran, combattent le gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite.

La désignation sur la liste noire, décidée in extremis par l’administration Trump, était décriée par les organisations humanitaires car elle risquait d’entraver l’acheminement de l’aide dans les vastes territoires contrôlés par les Houthis.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...