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Booking.com émet des avertissements pour ses clients en Cisjordanie

Le géant de la réservation d'hôtels a précisé qu'un message similaire apparaît pour des recherches à Chypre-Nord, en Abkhazie, dans le Nagorno-Karabakh et en Ossétie du Sud

Une recherche sur Booking.com concernant l'implantation de Ma'ale Adumim montre une nouvelle bannière d'avertissement aux voyageurs (capture d'écran).
Une recherche sur Booking.com concernant l'implantation de Ma'ale Adumim montre une nouvelle bannière d'avertissement aux voyageurs (capture d'écran).

Le site Booking.com, l’un des géants mondiaux de la réservation d’hôtels sur internet, a annoncé samedi afficher désormais des avertissements destinés aux clients recherchant des logements en Cisjordanie, dans le cadre d’une nouvelle politique sur les zones de conflit.

« Merci de vérifier les conseils aux voyageurs de votre gouvernement afin de prendre une décision avisée sur un séjour dans ce secteur, qui peut être considéré comme affecté par des conflits », peut-on lire sur le site après une recherche de logements dans des localités palestiniennes ou des implantations israéliennes de Cisjordanie, territoire palestinien annexé par Israël depuis 1967.

Le géant Booking.com, dont le siège est aux Pays-Bas, a précisé qu’un message similaire apparaît dorénavant pour des recherches de logements à Chypre-Nord, en Abkhazie, dans le Nagorno-Karabakh et en Ossétie du Sud.

Selon le site, ce message, en ligne depuis vendredi, a pour but de permettre à ses clients de « prendre des décisions éclairées sur les destinations où ils envisagent de se rendre, qui peuvent être affectées par des conflits et peuvent poser des risques aux voyageurs », a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

Une recherche sur Booking.com pour Ramallah montre une nouvelle bannière d’avertissement aux voyageurs. (capture d’écran)

Elle a indiqué vouloir publier des notifications similaires « pour plus de 30 régions dans les mois à venir ».

Affirmant que Booking.com avait d’abord envisagé d’afficher un avertissement seulement pour les implantations israéliennes, Israël s’est félicité de la mesure prise par l’entreprise.

« Israël a gagné une importante victoire dans la bataille contre la délégitimation », a estimé le Premier ministre Yaïr Lapid dans un communiqué, remerciant Booking.com et les ministères israéliens des Affaires étrangères et du Tourisme pour le « dialogue discret et efficace » avec l’entreprise.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué samedi soir que Booking.com avait à l’origine l’intention d’utiliser une formulation beaucoup plus dure, en indiquant que la région était potentiellement « occupée » et que les visites comportaient des « risques pour les droits de l’homme ».

Le ministère s’est attribué le mérite d’un travail intense qui, selon lui, a dissuadé la société d’utiliser une telle formulation.

« Illégales »

L’avertissement de Booking.com ne s’affiche pas lorsque l’internaute oriente sa recherche vers Jérusalem-Est ou le plateau du Golan, deux territoires également annexés par Israël depuis 1967.

Il est diffusé au moment où la Cisjordanie est en proie à des violences quasi quotidiennes, avec des opérations israéliennes émaillées de heurts parfois meurtriers avec des Palestiniens, des habitants ou des combattants de groupes armés.

L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a salué « une mesure bienvenue en vue de dire aux clients qu’ils louent des maisons dans des territoires occupés ».

Pour Omar Shakir, directeur de HRW pour Israël et les Territoires palestiniens, Booking.com devrait retirer de son site tous les logements dans les implantations israéliennes « illégales », car il s’agit de « contributions à de graves violations des droits ».

Près de 475 000 Israéliens vivent en Cisjordanie dans des implantations, tandis que 2,9 millions de Palestiniens habitent sur ce territoire.

En 2019, la plateforme Airbnb avait annoncé qu’elle renonçait à faire des offres dans les implantations de Cisjordanie mais poursuivie en Israël et aux Etats-Unis, elle était revenue sur sa décision.

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