Brooklyn : 3 à 9 ans de prison pour la conductrice qui a tué une mère et ses 2 filles
La perruquière Miriam Yarimi plaide coupable d'homicide involontaire pour l'accident qui a bouleversé la communauté juive de New York le 29 mars 2025
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Une perruquière juive, qui a tué une mère juive et ses deux filles à New York au début de l’année, a été condamnée à une peine de trois à neuf ans de prison, a déclaré mercredi le procureur du district de Brooklyn.
Miriam Yarimi, 33 ans, conduisait alors que son permis avait été suspendu. Elle a écrasé une famille qui rentrait à pied de la synagogue dans le quartier de Midwood, au sud de Brooklyn, un samedi après-midi de mars.
Les victimes étaient Natasha Saada, 34 ans, et ses filles, Diana, 8 ans, et Debra, 5 ans. Le fils de Natasha, Philip, 4 ans, a été grièvement blessé, souffrant de fractures du crâne et d’une hémorragie cérébrale, et a dû subir l’ablation d’un rein.
« Cette accusée est une conductrice imprudente qui ne se souciait que d’elle-même lorsqu’elle a roulé à toute vitesse dans les rues de Brooklyn et a failli anéantir toute une famille », a déclaré le procureur de Brooklyn, Eric Gonzalez, dans un communiqué.
« Elle n’aurait pas dû conduire ce jour-là, mais elle a préféré ignorer de manière cruelle toutes les règles de circulation et de sécurité, provoquant ainsi ce carnage indescriptible. »
Yarimi a plaidé coupable à trois chefs d’accusation d’homicide involontaire par imprudence le mois dernier.
Natasha Saada and her 2 daughters, Diana, 8, and Debra, 5, were killed by a driver as they were walking home from Shabbos services in Midwood.
My heart goes out to the family and the entire community. Please keep Philip in your heart, he is 4 years old and fighting for his life. pic.twitter.com/LEMPrYJYAq
— Justin Brannan (@JustinBrannan) March 31, 2025
Le bureau du procureur du district de Brooklyn avait recommandé la peine maximale de cinq à quinze ans de prison, a rappelé Gonzalez.
« Même si la peine prononcée aujourd’hui est inférieure à celle que nous avions recommandée, elle envoie un message clair : la conduite imprudente fera l’objet de poursuites sévères et entraînera des conséquences graves », a-t-il souligné.
Selon les enquêteurs, au moment de l’accident, une Toyota Camry argentée, un véhicule Uber, tentait de tourner sur Ocean Parkway alors que la famille traversait la rue. La Toyota a alors été percutée à l’arrière par la berline Audi de Yarimi. La Toyota a été poussée sur le côté et l’Audi a foncé en avant, renversant les quatre piétons, puis a fait un tonneau.
Le véhicule de Yarimi s’est retrouvé à l’envers et les premiers secours ont dû la désincarcérer. Elle a été légèrement blessée. Selon la police, cinq passagers de la Toyota ont également été légèrement blessés.
Gonzalez a expliqué qu’immédiatement avant l’accident, les caméras de surveillance avaient filmé Yarimi en train d’utiliser son téléphone portable au volant, de griller un feu rouge un pâté de maisons avant l’accident et d’éviter de justesse d’autres voitures.
La boîte noire de la voiture de Yarimi indiquait qu’elle roulait à 110 km/h, soit plus du double de la vitesse autorisée, que la pédale d’accélérateur était probablement enfoncée à fond et que les freins n’avaient pas été utilisés.
Après avoir percuté les victimes, la voiture de Yarimi a fait un tonneau et s’est immobilisée à environ 40 mètres de là.
Avant l’accident, Yarimi avait publié en ligne des photos mentionnant Shabbat et les fêtes juives, notamment Pourim et Pessah, et avait écrit « Merci Hashem [Dieu] » après avoir remporté un procès contre la police de New York.
Sur ses comptes de réseaux sociaux, elle indiquait diriger un magasin de perruques et partageait souvent des photos de ses clients. L’an dernier, elle avait publié une photo d’elle-même avec une Audi bleue immatriculée « WIGM8KER » (perruquière).
Suite à ces décès, les membres de la communauté juive ont pleuré les victimes et lancé des appels à la prière. L’organisation juive à but non lucratif Chai Lifeline, qui fournit des soins médicaux et psychologiques, a organisé des séances de soutien psychologique pour des centaines d’enfants, d’enseignants et de parents de l’école des victimes.
À l’époque, le maire de New York, Eric Adams, avait qualifié cet accident de « tragédie digne d’une pièce de Shakespeare ».
« C’est une communauté très soudée, une communauté très religieuse », avait ajouté Adams lors d’une conférence de presse sur le lieu de l’accident.
« C’est extrêmement préoccupant et douloureux, non seulement pour la ville de New York en général, mais aussi pour cette communauté en particulier. »







