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Californie: un programme d’études accusé d’antisémitisme ancré dans la loi

Après des années de débat, le cursus d'études ethniques, qui avait été accusé d'antisémitisme, devient obligatoire ; certains groupes juifs applaudissent et d'autres s'opposent

Photo d'illustration : Des bureaux vides dans un lycée de Californie, le 6 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Gregory Bull, File)
Photo d'illustration : Des bureaux vides dans un lycée de Californie, le 6 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Gregory Bull, File)

JTA — Après des mois de controverse et des dizaines de milliers de commentaires publics, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a ratifié une législation qui exigera des élèves d’avoir suivi au moins un cursus d’études ethniques pour être diplômés des lycées californiens.

La loi stipule que les écoles devront offrir au moins un cursus d’études ethniques à l’horizon 2025, et la nécessité d’avoir suivi ce cursus pour obtenir le diplôme de fin d’études entrera en vigueur en 2029.

La ratification de cette législation par Newsom, vendredi, vient clore un important débat suscité par le texte, qui avait été accompagné d’un programme recommandé dont les premières versions avaient été très critiquées. Newsom lui-même s’était opposé à l’une d’elles, l’année dernière.

Après la diffusion de la première version du programme – qui vise à enseigner aux lycéens les défis historiques et actuels que doivent relever les minorités aux États-Unis – en 2019, plusieurs groupes Juifs avaient suggéré des changements aux côtés de représentants d’autres groupes minoritaires qui, disaient-ils, en étaient exclus de manière injuste.

Ce projet n’incluait aucune section consacrée aux Juifs américains mais il contenait, par ailleurs, des éléments que certains avaient considérés comme antisémites, en particulier dans la manière dont il abordait la question d’Israël.

Citant la controverse qui avait entouré la première version, Newsom s’était opposé à un projet de loi, en 2020, qui ressemblait beaucoup à celui qui a été signé par ses soins vendredi. Environ 57 000 commentaires ont été soumis au département de l’Éducation de l’état entre la diffusion de la première version et de la seconde, qui a été rendue publique au mois de décembre dernier.

Gavin Newsom, gouverneur de Californie, lors d’une conférence de presse au bureau du gouverneur des services d’urgence à Rancho Cordova, Californie, le 14 avril 2020. (AP Photo/Rich Pedroncelli, Pool, File)

Au moment où une troisième version avait été publiée – avec notamment deux leçons consacrées aux Juifs américains et sans les sections qui avaient été dénoncées pour antisémitisme – plusieurs des groupes qui avaient fait campagne en faveur des changements avaient salué le nouveau programme. Plusieurs organisations juives de la baie de San Francisco ont émis vendredi un communiqué conjoint se réjouissant de l’obligation, pour les lycéens, de suivre ce cursus d’études ethniques.

« Aujourd’hui, le gouverneur Newsom a ratifié le projet de loi de l’Assemblée 101 qui fait de l’étude ethnique un passage obligatoire pour l’obtention d’un diplôme de fin d’études pour les lycéens de Californie, en s’assurant que les communautés qui ont été marginalisées dans l’Histoire verront leur histoire représentée dans les lycées de l’état », ont dit les groupes, avec à leur tête le Conseil juif des relations communautaires de San Francisco. « Nous remercions le gouverneur Newson pour l’intérêt qu’il a témoigné à l’égard des préoccupations de la communauté juive ».

D’autres continuent à s’opposer à la loi, affirmant que la lutte contre l’inclusion d’éléments antisémites dans les cours d’études ethniques devait maintenant se mener au niveau du district.

Tammi Rossman-Benjamin, directrice de l’AMCHA Initiative, une organisation dont les activités se consacrent à la lutte contre l’antisémitisme dans les établissements d’enseignement supérieur, a noté que la plus grande partie des lycées utiliseraient la première version du programme, et non la troisième, dans leurs cours.

« Ce projet de loi aurait dû et il aurait pu être stoppé au niveau législatif et ce n’est pas à la communauté juive qu’il revient de lutter dans chacune des 1300 écoles de district de Californie », a-t-elle dit.

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