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Carrefour cesse de vendre le journal d’extrême droite « Rivarol »

Le conseil représentatif des institutions juives de France a salué la décision de Carrefour

Vue extérieure d'un nouveau magasin Carrefour, le 25 août 2010, à Ecully, près de Lyon, dans le centre de la France (Crédit : AP Photo/Thomas Campagne)
Vue extérieure d'un nouveau magasin Carrefour, le 25 août 2010, à Ecully, près de Lyon, dans le centre de la France (Crédit : AP Photo/Thomas Campagne)

Le distributeur Carrefour a annoncé vendredi avoir décidé de retirer de la vente l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, qui a été privé de son agrément par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP).

« Suite à la décision de la Commission paritaire des publications et agences de presse du ministère de la Culture de ne pas renouveler le certificat d’inscription délivré pour la publication Rivarol au bénéfice du régime d’aide à la presse, Carrefour a pris la décision de ne plus vendre cet hebdomadaire », a indiqué le groupe à l’AFP.

Fondé en 1951, Rivarol (du nom du contre-révolutionnaire Antoine de Rivarol) est une publication phare de l’extrême droite française. Le journal s’est vu retirer en mai son agrément par la CPPAP, une mesure qui supprime des avantages fiscaux et des tarifs postaux réduits dont bénéficient les journaux.

Son directeur de publication, Jérôme Bourbon (Fabrice de son vrai prénom), a été condamné une quinzaine de fois, en particulier pour provocation à la haine, contestation de crime contre l’humanité et injure raciste.

En décembre dernier, il avait ainsi été condamné pour contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine envers les Juifs en raison d’une vidéo où il évoquait la rafle du Vel’ d’Hiv’.

Il y affirmait notamment que le maréchal Pétain s’était « toujours opposé à ce qu’il y ait la moindre persécution ou atteinte quelconque aux Juifs français ».

Jérôme Bourbon, directeur de publication, et un journaliste de Rivarol dans une vidéo datée de juillet 2022. (Crédit : capture d’écran Jérôme Bourbon / YouTube)

En mars, une trentaine d’historiens et de personnalités, parmi lesquels Beate et Serge Klarsfeld, défenseurs de la mémoire des déportés de France, avaient protesté contre les « aides publiques indirectes » dont bénéficiait Rivarol.

Le conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a salué la décision de Carrefour. « Les torchons racistes, antisémites, xénophobes et négationnistes ne doivent plus avoir droit de cité, en distribution comme sur les réseaux sociaux », a affirmé l’institution sur Twitter.

La CPPAP est une instance composée à parité de représentants de l’État et de professionnels de la presse. Elle est chargée de décider si les publications sont éligibles au régime économique de la presse, en fonction d’un certain nombre de critères.

Son règlement précise que les « publications négationnistes, incitant à la haine raciale, à la xénophobie et celles portant atteinte à la dignité de la personne humaine » ne peuvent bénéficier de ce régime.

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