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RED HOT MAMALES

Ce trio de chanteuses veut redonner son côté sexy au yiddish

Elles ne parlent peut-être pas couramment le Mamaloshen, mais ces trois New-Yorkaises sont en passe de devenir la réponse des Millennials aux Barry Sisters

(De gauche à droite) Raquel Nobile, Jodi Snyder et Maya Jacobson forment ensemble le trio "The Mamales" et comptent bien sortir un album conceptuel de reprises de chansons yiddish. (Crédit : Autorisation/JTA)
(De gauche à droite) Raquel Nobile, Jodi Snyder et Maya Jacobson forment ensemble le trio "The Mamales" et comptent bien sortir un album conceptuel de reprises de chansons yiddish. (Crédit : Autorisation/JTA)

New York Jewish Week – Comme beaucoup de grandes initiatives, « The Mamales », un groupe de chanteuses yiddish, a vu le jour un soir d’été dans un bar du Lower East Side.

Les femmes qui forment le trio, Maya Jacobson, Raquel Nobile et Jodi Snyder, s’étaient donné rendez-vous pour passer une bonne soirée et partager leurs souvenirs de la production, en 2018, du « Violoniste sur le toit » (« Fidler afn Dakh ») au National Yiddish Theater Folksbiene, où elles s’étaient rencontrées alors qu’elles faisaient partie de la distribution.

Jacobson avait écouté les Barry Sisters – un duo dont les reprises en yiddish étaient très populaires au milieu du XXe siècle – et elle avait réalisé que le moment était venu pour la prochaine génération de perpétuer la tradition.

« J’avais entendu la version de ‘Abi Gezunt’ des Barry Sisters et j’avais su que je voulais l’enregistrer avec ces deux-là, mes amies préférées qui figurent parmi les meilleures interprètes que je connaisse, pour former un trio », raconte Jacobson, 25 ans, au New York Jewish Week. « Je savais que les membres de la communauté juive seraient très intéressés par ce projet. Le yiddish est une partie tellement importante de la culture juive, piétinée par la Shoah, une culture qu’on est en train de retrouver. »

« On était en train de se marrer et de rêver tout haut », se souvient Snyder, 28 ans. « Ce projet est arrivé à un moment où nous n’avions pas travaillé sur un projet yiddish ensemble depuis un moment. Je pense que nous nous sommes dit ‘pourquoi ne pas rêver en grand et essayer de faire quelque chose pour nous-mêmes, en lançant ce projet qui se marie avec notre passion ?’. »

Bien qu’elles aient joué dans des productions yiddish et chanté des reprises dans la langue, aucune des membres du trio ne parle couramment le yiddish, même si Jacobson se vante d’avoir réussi à prendre, sans interruption, 71 jours d’affilée de cours de yiddish sur l’application Duolingo.

Nobile, une chanteuse d’opéra aux origines portoricaine et italienne, n’est pas Juive, mais elle dit être « tombée amoureuse de la langue et de la culture yiddish » en 2017, lorsqu’elle a commencé à se produire avec le Folksbiene. « J’ai une assez bonne oreille. Elle résonne dans mon âme », dit-elle à propos de cette langue.

Nobile, 30 ans, a reçu le prix du meilleur espoir en 2018 de la National Theater Conference pour son travail avec le Folksbiene, où elle a également joué dans « Amerike : The Golden Land » et « The Sorceress ».

Ben Liebert, Steven Skybell, Mary Illes, Rachel Zatcoff, Stephanie Lynne Mason, Rosie Jo Neddy, Raquel Nobile, Samantha Hahn et Daniel Kahn dans la production de « Fiddler on the Roof » du National Yiddish Theatre Folksbiene. (Crédit : Victor Nechay/ProperPix.com)

Snyder, qui sortait presque directement de l’université de Syracuse à l’époque, avait suscité des rires et des critiques élogieuses dans le rôle de Fruma Sarah, le fantôme qui apparaît à Tevye et Golde dans la séquence du rêve dans « Le Violoniste ».

Pour lancer le projet, les femmes ont ouvert une page GoFundMe, dans le but de réaliser et de produire une couverture et un clip vidéo de leur interprétation de « Abi Gezunt ». En deux mois, elles ont récolté 5 000 dollars auprès de donateurs à travers le pays.

« Nous ne revenons toujours pas de la générosité des gens et de leur enthousiasme pour ce projet », a déclaré Jacobson.

La première du vidéoclip a eu lieu juste à temps pour Pessah. Il est délicieux et drôle et, comme le fait remarquer Jacobson, sexy aussi. « Lorsque j’ai écouté la chanson, j’ai réalisé qu’elle était vraiment sexy », explique-t-elle. « Normalement, je ne pense pas que le yiddish soit sexy, mais il peut tout à fait l’être. »

Dans la vidéo, les trois artistes chantent à Central Park, habillées comme des clowns – elles se décrivent elles-mêmes comme « des marionnettes, à la fois vaudevillesques, espiègles et mal fagotées » – avant de se transformer en chanteuses de salon qui se produisent dans un bar chic, et inversement.

La chanson se traduit par « Tant que tu vas bien, tu peux t’estimer heureux », explique Jacobson. « La joie de monter sur scène est le trait d’union du clip – car tant que vous vivez votre vie dans la joie, et comme nous le savons tous actuellement, tant que vous êtes en bonne santé, c’est que tout va bien ».

Le nom du groupe, The Mamales, est un hommage rendu au film yiddish polonais de 1938 « Mamele ». Ce film mettait en vedette Molly Picon, « la reine qui a trôné le plus longtemps sur la Deuxième Avenue et l’actrice/chanteuse yiddish la plus connue à Broadway », selon la Milken Archive of Jewish Music. Picon avait écrit les paroles de la mélodie d’Abraham Ellstein et elle avait interprété « Abi Gezunt » dans le film, où elle avait connu un succès immédiat.

Les trois jeunes femmes ne savent pas exactement ce qui les attend après le lancement de la vidéo, mais elles sont impatientes de se produire dans les centres communautaires juifs, les b’nai mitzvah, les synagogues et autres lieux. À terme, elles espèrent créer un album conceptuel avec des reprises en yiddish et des clips vidéo comme celui-ci.

« Nous espérons devenir virales et ‘nichées’ », plaisante Jacobson. « J’espère que cela apportera un peu de joie, que les grands-parents pourront partager ces moments avec leurs petits-enfants et leur montrer à quel point cette langue est amusante. Parce qu’elle fait partie de nous tous. »

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