C’est officiel : L’étudiant en yeshiva devient actionnaire majoritaire d’El Al
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C’est officiel : L’étudiant en yeshiva devient actionnaire majoritaire d’El Al

Les ministres ont approuvé l'offre d'Eli Rozenberg, 27 ans - malgré les objections soulevées par le transporteur, qui affirme que c'est son père non-israélien qui dirigera la firme

Eli Rozenberg, le nouvel actionnaire de contrôle d'El Al (Autorisation)
Eli Rozenberg, le nouvel actionnaire de contrôle d'El Al (Autorisation)

L’Autorité chargée des entreprises d’Etat a officiellement accordé à Eli Rozenberg, un étudiant en yeshiva israélo-américain de 27 ans, le contrôle du transporteur aérien israélien El Al dans la journée de vendredi.

Kanfei Nesharim, une société récemment fondée par Rozenberg, avait procédé à l’acquisition de 42,88 % des parts de la compagnie aérienne lors d’une vente qui a eu lieu le 16 septembre, et qui était devenue actionnaire majoritaire de la firme, conformément aux régulations israéliennes.

Mais El Al avait tenté d’empêcher la prise de contrôle de l’immigrant américain, l’accusant d’être l’homme de paille de son père, l’homme d’affaires Kenneth Rozenberg, qui n’est pas citoyen israélien et qui ne peut par conséquent pas détenir d’actions dans la compagnie, fleuron de l’aviation civile et commerciale en Israël.

Un courrier rédigé par les avocats d’El Al consulté par le Times of Israël la semaine dernière avait demandé le rejet par les ministres de cette prise de contrôle par le jeune immigrant de 27 ans.

Kanfei Nesharim s’était insurgé contre la missive écrite par El Al dans la journée de mercredi, la qualifiant de « mensongère » et disant que « son seul objectif clair est de saboter, obstruer et retarder le transfert du contrôle d’El Al à Kanfei Nesharim Aviation ».

Des avions d’El Al sont stationnés à l’aéroport international Ben Gurion de Lod, en Israël, le 3 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Kanfei Nesharim avait aussi annoncé prévoir de nommer de nouveaux membres au conseil d’administration d’El Al, précisant avoir d’ores et déjà invité Jason Greenblatt, ex-envoyé du président Trump au Moyen-Orient, à le rejoindre.

Finalement, le ministre des Finances Israel Katz, le ministre de la Défense Benny Gantz, la ministre des Transports Miri Regev et le ministre des Affaires numériques David Amsalem ont ratifié le permis octroyé à Kanfei Nesharim, a annoncé la compagnie dans un communiqué.

Kanfei Nesharim a ajouté que la société « entrera en contact avec El Al sans attendre avec pour objectif de remplacer son conseil d’administration, pour lui permettre de prendre en main la gestion de l’entreprise en établissant des priorités en vue de son rétablissement ».

El Al n’avait pas réagi à l’autorisation donnée à Rozenberg dans la soirée de vendredi.

Rozenberg était l’un des trois acheteurs potentiels du transporteur national aux côtés de David Sapir, homme d’affaires israélo-russe impliqué dans les secteurs du tourisme et des télécommunications en Russie, et de Meir Gurvitz, homme d’affaires israélo-britannique officiant dans l’immobilier aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Il avait finalement été le seul à faire une offre.

Au mois de mars, la compagnie aérienne, qui était déjà en proie à des difficultés financières, avait essuyé les répercussions des mesures de restriction des voyages mises en place dans le cadre de la crise sanitaire entraînée par le coronavirus. Le transporteur avait mis un terme à tous ses vols commerciaux prévus et 5 800 de ses 6 303 employés avaient été placés en congé sans solde.

Ses bilans financiers pour le premier et le deuxième trimestres de l’année avaient mis en exergue les « doutes considérables » concernant la continuité des activités de l’entreprise, avec des revenus en chute libre et des pertes qui n’ont cessé de s’accumuler.

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