Citant Netanyahu, Saar exige des caméras pour surveiller les primaires
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Citant Netanyahu, Saar exige des caméras pour surveiller les primaires

"Seuls ceux qui veulent voler les élections sont contre la présence de caméras", avait déclaré Benjamin Netanyahu avant le scrutin national de septembre

Le député du Likud Gideon Saar lors d'une conférence au King David Hotel de Jérusalem, le 15décembre 2019. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le député du Likud Gideon Saar lors d'une conférence au King David Hotel de Jérusalem, le 15décembre 2019. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le député du Likud Gideon Saar, qui affrontera le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la direction du parti lors des primaires du 26 décembre, a exigé mardi que des caméras soient installées dans les bureaux de vote prévus pour éviter la fraude électorale.

Saar a fait appel auprès du tribunal interne du parti, lui demandant d’exiger la présence de caméras, après que la commission centrale électorale a rejeté lundi sa demande de procéder à l’enregistrement des processus de vote et de décompte des voix. Le tribunal interne d’un parti est habilité à déterminer la légalité de ses processus internes et, comme l’espère Gideon Saar, pourrait donner l’autorisation de passer outre la décision de la commission centrale électorale.

Dans son appel, l’intéressé a souligné que Netanyahu lui-même avait mené la fronde du parti en amont des élections nationales du 17 septembre en faveur de l’installation de telles caméras dans tous les bureaux de vote du pays, en particulier dans les villes arabes, avançant que cela empêcherait la fraude électorale.

Certains avaient fustigé cette campagne comme une tentative transparente visant à limiter la participation des électeurs arabes.

Lors des élections du 9 avril, le Likud a équipé quelque 1 200 agents électoraux travaillant dans les bureaux de vote des centres de population arabe de caméras cachées. L’entreprise responsable de l’opération s’était par la suite vantée sur Facebook d’avoir été responsable de la réduction du taux de participation électorale arabe à son plus bas niveau jamais enregistré. Le Likud avait démenti que c’est ce qui l’avait poussé à procéder à cette opération, et l’entreprise avait rapidement effacé sa publication.

Une caméra cachée sur un observateur du Likud, dans un bureau de vote d’une ville arabe, lors des élections du 9 avril 2019. (Crédit : Hadash-Taal)

La commission centrale électorale avait interdit au Likud de réitérer la démarche lors des élections de septembre, poussant Netanyahu à tenter, sans succès, de faire adopter une loi qui autoriserait des observateurs du parti à introduire des caméras dans les bureaux de vote.

Cet effort avait été largement perçu comme une stratégie de campagne du Likud destinée à titiller les craintes de la droite à l’égard d’une influence arabe, avec Netanyahu avertissant tout au long des campagnes électorales d’avril et de septembre que les formations politiques arabes anti-sionistes étaient vouées, par leur influence présumée sur Benny Gantz, à obtenir le contrôle du gouvernement israélien.

Cette stratégie a semblé se retourner contre le Likud, d’après des analystes et des dirigeants arabes. La participation de la population arabe avait en effet fortement augmenté entre avril et septembre, de près d’un cinquième. Elle s’élevait en effet à 59,1 %, un chiffre néanmoins inférieur de 10 points aux 69 % d’Israéliens habilités à voter s’étant exprimés. Le pourcentage d’électeurs arabes ayant plébiscité des parties à majorité arabe avait également connu une hausse, passant d’environ 71 % en avril à 81 % en septembre — même si selon certains, cela était dû à la décision des formations arabes de s’unir sur une même liste, ce qui n’était pas le cas lors du scrutin précédent.

L’appel déposé mardi par Saar tire son inspiration de la campagne du Likud, clamant que l’installation de caméras dans les bureaux de vote des primaires garantirait des « élections justes, propres et démocratiques, tout en préservant le droit à un bulletin secret ». Les isoloirs ne seront pas dotés de caméras, assure la requête.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’exprime à l’occasion de l’ouverture de l’Agence brésilienne du Commerce et de la Promotion d’investissement à Jérusalem, le 15 décembre 2019. (Photo par Hadas Parush/Flash90)

La requête de Gideon Saar cite ensuite les arguments de Benjamin Netanyahu lui-même en faveur des caméras.

« Seuls ceux qui veulent voler les élections sont opposés à l’installation de caméras » dans les bureaux de vote, avait-il ainsi déclaré le 6 septembre pour défendre sa proposition de loi autorisant leur utilisation. « Il y a des caméras dans tous les supermarchés et tous les dispensaires de soin. Nous en voulons également dans les bureaux de vote, » avait-il avancé la veille.

Et d’ajouter deux jours plus tard : « Je comprends pourquoi Lapid, Gantz et Liberman sont d’accord avec la Liste arabe unie pour s’opposer au recours aux caméras pour superviser les bureaux de vote — c’est pour frauder et voler le scrutin ».

Tous ces propos ont été repris dans l’appel, qui rappelait également le court délai imparti — il reste neuf jours avant la primaire — et demandait ainsi au tribunal interne de statuer rapidement.

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