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Civitas, un mouvement catholique intégriste sur la sellette

Organisation catholique intégriste, très présente sur les réseaux sociaux, son idéologie proche de l'extrême droite flirte parfois avec la théorie du complot

Photo d'illustration : Civitas à une manifestation, à Paris, le 18 novembre 2012. (Romainmeri / CC BY-SA 3.0)
Photo d'illustration : Civitas à une manifestation, à Paris, le 18 novembre 2012. (Romainmeri / CC BY-SA 3.0)

Le mouvement Civitas, dont le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin vient d’engager la dissolution, est une organisation catholique intégriste, très présente sur les réseaux sociaux, et dont l’idéologie proche de l’extrême droite flirte parfois avec la théorie du complot.

Sur son site internet, Civitas se présente comme « un mouvement politique œuvrant à promouvoir et défendre la souveraineté, l’identité nationale et chrétienne de la France ».

Mais pour le politologue Jean-Yves Camus, il s’agit d’un « mouvement théologico-politique, qui a pour objectif de faire abolir les lois de séparation des cultes et de l’État », sur la ligne d’un « catholicisme intransigeant tel qu’il pouvait exister avant le concile de Vatican II ».

« C’est une organisation catholique intégriste, avec un compagnonnage avec l’extrême droite la plus classique et radicale », ajoute le spécialiste des cultures numériques et de l’extrémisme en ligne Tristan Mendès-France.

Fondé en 1999, « l’Institut Civitas » s’inscrit alors dans une lignée traditionaliste, proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (fondée par l’évêque français Marcel Lefebvre).

Le mouvement sort de l’ombre en 2011 avec des actions spectaculaires contre plusieurs manifestations culturelles, notamment la pièce « Golgotha Picnic » de Rodrigo Garcia, qu’il juge « christianophobe ». Plusieurs milliers de personnes descendent dans la rue en novembre.

Civitas à une manifestation, place Pinel à Paris, le 13 janvier 2013. (Tkraiti1 / CC BY-SA 3.0)

En 2012, Civitas se mobilise activement contre le mariage pour tous, en dénonçant « l’homofolie ».

Reconnu éligible au financement des partis politiques en 2016, le mouvement se lance dans la bataille des législatives. Le programme, consultable sur internet, mêle interdiction de l’avortement et du mariage pour tous, rétablissement du catholicisme comme religion d’État, sortie de l’Otan, suppression de l’impôt sur le revenu…

Une quinzaine de candidats se présentent en 2017, dans le cadre d’une alliance avec les Comités Jeanne de Jean-Marie Le Pen et le Parti de la France de Carl Lang. Aucun n’atteint 1 % des voix.

Car le mouvement « reste groupusculaire », note M. Camus.

Sa revue trimestrielle et sa présence sur internet peuvent avoir un effet de loupe, puisque Civitas anime un site, des réseaux sociaux et une boutique en ligne où l’on trouve des sweat-shirts floqués « Dieu Patrie famille », des tasses « Défendons l’école à la maison » ou encore des gourdes « Ste Jeanne d’Arc ».

« Civitas a su prendre le tournant du numérique », explique M. Mendès-France, ce qui, « avec la séquence Covid, leur a permis d’acquérir un petit capital d’audience ».

« Complot »

En 2021 en effet, le mouvement participe à des manifestations contre le pass sanitaire. Son président Alain Escada dénonce « une mascarade dont l’objectif réel est de mettre en place l’ensemble des rouages d’une tyrannie mondialiste ».

Alain Escada (Crédit : capture d’écran YouTube)

Car la théorie du complot n’est jamais loin, à la fois « très traditionnel, avec l’idée d’un complot judéo-maçonnique » mais aussi « nourri de références plus contemporaines, évoquant le nouvel ordre mondial, le great reset (la grande réinitialisation)… » à l’instar de la mouvance américaine QAnon, explique M. Mendès-France.

Autre versant du complotisme, « l’omniprésence de Satan », relevée par M. Camus, dans les discours aux dernières universités d’été : « ses représentants sont les francs-maçons, les mondialistes, les Juifs… »

C’est d’ailleurs l’antisémitisme qui risque de faire tomber Civitas. Le ministre de l’Intérieur a lancé le processus de dissolution après que l’essayiste controversé Pierre Hillard a suggéré, lors de ces universités d’été, de revenir à « la situation d’avant 1789 » lorsqu’un Juif « ne pouvait pas devenir Français ».

Dans l’attente du décret de dissolution, Civitas s’est contenté de relayer des messages de soutien sur les réseaux sociaux, et d’y poster laconiquement un passage de la Bible : « Tous ceux qui veulent vivre avec piété en Jésus-Christ seront persécutés. »

Pierre Hillard (Crédit : capture d’écran YouTube)

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