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Climat : l’Europe se réchauffe plus vite que la planète, selon l’ONU

Les températures en Europe ont subi une élévation considérable au cours de la période 1991-2021, avec un réchauffement d'environ +0,5 °C par décennie

Des baigneurs profitent d'une température élevée inhabituelle sur la plage d'Ostende, en Belgique le 29 octobre 2022. (Crédit : NICOLAS MAETERLINCK / Belga / AFP)
Des baigneurs profitent d'une température élevée inhabituelle sur la plage d'Ostende, en Belgique le 29 octobre 2022. (Crédit : NICOLAS MAETERLINCK / Belga / AFP)

Le continent européen est celui qui se réchauffe le plus rapidement, enregistrant une hausse des températures plus de deux fois supérieure à la moyenne planétaire au cours des trente dernières années, a indiqué l’ONU mercredi.

Les températures en Europe ont subi une élévation considérable au cours de la période 1991-2021, avec un réchauffement d’environ +0,5 °C par décennie, révèle un rapport élaboré par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies et le service européen sur le changement climatique Copernicus.

« Il s’agit du réchauffement le plus rapide des six régions définies par l’OMM », a souligné le secrétaire général de l’OMM, le Finlandais Petteri Taalas, dans l’avant-propos de ce rapport sur le climat en Europe.

Une porte-parole de l’OMM, Clare Nullis, a précisé à l’AFP que l’Arctique, qui dans son ensemble se réchauffe plus rapidement que l’Europe, n’est en effet pas considérée comme une région à part entière par l’organisation.

En conséquence du rapide réchauffement en Europe, les glaciers alpins ont perdu 30 mètres d’épaisseur entre 1997 et 2021.

Autre conséquence, la calotte glaciaire du Groenland fond progressivement, contribuant à accélérer l’élévation du niveau de la mer.

Sur cette photo d’archives du 22 juillet 2017, un ours polaire sort de l’eau pour marcher sur la glace dans le détroit de Franklin, dans l’archipel arctique canadien. Les climatologues désignent l’Arctique comme l’endroit où le changement climatique est le plus perceptible avec une perte spectaculaire de la glace de mer, une fonte de la calotte glaciaire du Groenland, le recul des glaciers et le dégel du permafrost. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde depuis 1988. (Crédit : David Goldman/AP)

L’Europe « offre l’image vivante d’une planète qui se réchauffe et elle nous rappelle que même les sociétés bien préparées ne sont pas à l’abri des conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes », a fait remarquer M. Taalas.

« En 2021, une série d’événements météorologiques et climatiques extrêmes se sont produits dans diverses régions d’Europe. Les inondations d’une gravité exceptionnelle qui ont provoqué un nombre sans précédent de morts et de dégâts dans certaines parties de l’Europe occidentale et centrale en juillet, et les incendies destructeurs qui ont dévasté l’Europe du Sud-Est cet été, resteront dans la mémoire des nations touchées et dans les archives climatologiques internationales », a-t-il ajouté.

Pas que des mauvaises nouvelles 

Ces phénomènes météorologiques et climatiques à fort impact ont provoqué des centaines de décès en Europe, touché directement plus d’un demi-million de personnes et causé des dommages économiques dépassant 50 milliards de dollars, selon l’OMM. Dans environ 84 % des cas, il s’agissait d’inondations ou de tempêtes.

Le rapport a été publié à quelques jours de l’ouverture de la COP27, la conférence de l’ONU sur le climat qui se tient du 6 au 18 novembre à Charm el-Cheikh, en Egypte.

L’accord de Paris sur le climat conclu en 2015 fixe pour objectif de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en-dessous de 2°C et si possible à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Mais les engagements internationaux laissent la Terre sur la trajectoire d’un réchauffement de 2,6°C d’ici la fin du siècle, a alerté l’ONU fin octobre.

Quelle que soit la progression du réchauffement climatique, dans toutes les régions d’Europe, l’élévation des températures sera plus forte que la moyenne planétaire, comme on a pu l’observer jusqu’ici, prévient l’OMM, un phénomène laissant présager chaleurs, feux de forêt, inondations…

Toutes les nouvelles ne sont cependant pas mauvaises, assure l’organisation qui souligne que plusieurs pays européens parviennent très bien à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Photo d’illustration des émissions de carbone d’une centrale électrique. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Dans l’Union européenne, ces émissions ont déjà diminué de 31 % entre 1990 et 2020, l’objectif étant une réduction nette de 55 % à l’horizon 2030.

Selon M. Taalas, « l’Europe peut jouer un rôle décisif pour l’avènement d’une société neutre en carbone avant le milieu du siècle, pour respecter l’Accord de Paris ».

L’Europe est également l’une des régions les plus avancées en matière de coopération transfrontalière en matière d’adaptation au changement climatique, et environ 75 % de sa population est protégée des catastrophes naturelles et météorologiques par des systèmes d’alerte précoce efficaces.

« Enfin, ses plans d’action contre les canicules ont permis de sauver de nombreuses vies », fait valoir l’OMM.

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