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Climat/Moyen-Orient : Un plan devrait être ratifié l’an prochain

Un plan d'action décennal fondé sur des données scientifiques a été élaboré sous les auspices du gouvernement chypriote

Sur cette photo du 9 juillet 2009, Adilla Finchaan, 50 ans, et son mari Ashore Mohammed, 60 ans, vérifient leurs terres à Latifiyah, à environ 30 kilomètres au sud de Bagdad, en Irak. (Crédit : AP Photo/Hadi Mizban)
Sur cette photo du 9 juillet 2009, Adilla Finchaan, 50 ans, et son mari Ashore Mohammed, 60 ans, vérifient leurs terres à Latifiyah, à environ 30 kilomètres au sud de Bagdad, en Irak. (Crédit : AP Photo/Hadi Mizban)

GLASGOW, Écosse – Alors que les dirigeants du monde entier clôturaient mardi la première partie de la conférence des Nations unies sur le climat, l’accent a été mis, lors d’une session parallèle très suivie, sur la coopération régionale en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient, une région de la planète reconnue comme un point chaud climatique.

Le ministre chypriote de l’Agriculture, du Développement rural et de l’Environnement, Costas Kadis, a annoncé que les ministres de toute la région, y compris d’Israël, devaient se réunir en février pour donner le feu vert à un plan d’action décennal de collaboration régionale en matière de climat.

Les chefs d’État se réuniront ensuite au début de l’automne pour ratifier le plan en vue de sa mise en œuvre, ce qui couronnera une période de travail intensive de l’Initiative pour le changement climatique en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient (EMME-CCI), lancée en 2019 par le gouvernement chypriote.

Le mois dernier, un groupe s’est réuni dans la capitale chypriote, Nicosie, pour examiner la dernière version du plan d’action. Les représentants venaient d’Israël (du monde universitaire, d’EcoPeace Moyen-Orient et du ministère des Affaires Etrangères), d’Égypte, de Jordanie, de Grèce et de Chypre, ainsi que du Liban, du Koweït, d’Oman, du Qatar, d’Arabie saoudite et des Territoires palestiniens.

Le prince El Hassan Bin Talal de Jordanie et Hassan Janabi, ancien ministre de l’Eau en Irak, ont notamment pris la parole lors de la conférence d’octobre, soit par le biais du système Zoom, soit en personne.

L’initiative, coordonnée par l’Institut de Chypre, une institution de recherche et d’éducation à but non lucratif, a permis de rassembler des données climatiques scientifiques régionales sur lesquelles fonder la politique régionale. Des groupes de travail multinationaux, comprenant environ 220 scientifiques, dont 12 d’Israël, ont formulé un rapport scientifique complet, qui devrait être finalisé en décembre. Ce rapport porte sur 13 sujets, allant de l’énergie, l’environnement bâti, l’agroforesterie et la chaîne alimentaire à l’environnement marin, l’éducation, la migration et le tourisme.

Le ministre chypriote de l’Agriculture, du Développement rural et de l’Environnement, Costas Kadis (à gauche) et Jihad Alsawair, conseiller du ministre jordanien de l’Environnement, s’expriment lors de la conférence des Nations unies sur le climat à Glasgow, en Écosse, le 2 novembre 2021. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel.)

Aux côtés de Jihad Alsawair, conseiller du ministre jordanien de l’Environnement, M. Kadis a déclaré : « Nous devons agir collectivement, de manière décisive et sur la base de connaissances scientifiques. »

Fatima Driouech, de l’organisation Mediterranean Experts on Climate and Environmental Change, qui a publié l’an dernier les résultats de la toute première évaluation scientifique du changement climatique et environnemental dans le bassin méditerranéen, a noté que le niveau régional des mers avait augmenté de 15 à 25 centimètres (six à dix pouces) entre 1901 et 2018 et que la moitié des zones humides de la région – d’importants absorbeurs de dioxyde de carbone – avaient disparu.

L’augmentation de la température moyenne annuelle dans la région a déjà atteint 1,5°C par rapport à l’époque préindustrielle, a poursuivi Mme Driouech. Il s’agit de l’augmentation de référence inscrite dans les accords de Paris sur le climat de 2015. À l’échelle mondiale, les températures moyennes ont augmenté de 1,2 °C par rapport à l’époque préindustrielle.

« Les effets du changement climatique au Moyen-Orient sont si dramatiques et graves que seule une coopération régionale nous permettra de survivre et de prospérer, » a déclaré l’ambassadeur Gideon Behar, envoyé spécial d’Israël pour le changement climatique et la durabilité, au Times of Israel.

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« Le Moyen-Orient se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. Il souffre de désertification et est la région la plus pauvre en eau de la planète », a-t-il déclaré. « D’ici 2050, la quantité d’eau par personne (en tenant également compte de la croissance démographique) sera deux fois moins importante qu’aujourd’hui. Nous voyons des rivières s’assécher et des gens se révolter à cause du manque d’eau. »

« Nous avons besoin que la communauté internationale s’implique, car l’instabilité découlant du changement climatique en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient affectera le monde entier. Il est important que nous ne laissions personne derrière, » a ajouté M. Behar.

Costas Papanicolas, président de l’Institut chypriote, conseiller du président chypriote et envoyé spécial pour le changement climatique, a déclaré lors de la réunion de mardi que si la région poursuivait ses activités comme si de rien n’était, les températures pourraient augmenter de 5 °C en moyenne d’ici 2090, « et personne ne sait ce que cela signifie. » Dans un tel scénario, les températures les plus chaudes d’aujourd’hui deviendraient les plus froides et il y aurait un danger d' »effondrement total » de la nature. »

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