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Conflit salarial : Grève partielle des professeurs lundi matin

L'école commencera à 10 heures pour deux millions d'élèves dans le cadre d'une grève partielle ; le ministre des Finances indique qu'un accord avec les enseignants serait en cours

Des élèves arrivent à Modiin, dans le centre d'Israël, le 30 janvier 2022. (Crédit : Flash90)
Des élèves arrivent à Modiin, dans le centre d'Israël, le 30 janvier 2022. (Crédit : Flash90)

Les cours ne reprendront qu’à dix heures, dimanche matin, pour deux millions d’élèves fréquentant les établissements scolaires israéliens. Les enseignants ont lancé une grève en raison d’un conflit salarial entre leur syndicat et le ministère des Finances.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a indiqué samedi soir qu’il pensait que les deux parties trouveraient un accord. Le dialogue est actuellement dans l’impasse.

La grève partielle de dimanche concernera toutes les maternelles, toutes les écoles élémentaires et tous les collèges du pays, à l’exception de établissements qui prennent en charge les élèves à besoins particuliers.

Ce mouvement national survient alors que les professeurs ont mené une série de débrayages de deux heures dans différents secteurs du pays, la semaine dernière.

Annonçant la grève, vendredi, Yaffa Ben David, à la tête du syndicat des enseignants en Israël, a déclaré que « si le [Premier ministre par alternance] Yair Lapid, [le Premier ministre Naftali] Bennett et Liberman ne se réveillent pas rapidement, ils se retrouveront sans système d’enseignement et ils devront faire face à une armée de parents frustrés et en colère face à leur manque de respect et face à leur incapacité à prendre en charge une simple crise ».

Le syndicat a affirmé dans un communiqué que la grève de dimanche était le résultat « du manque de respect et du mépris » du « système de l’enseignement qui subit une véritable hémorragie et qui a besoin d’une bouée de sauvetage, et ce sans délai ».

Le syndicat a déclaré que le mouvement de grève prévu avait été décidé après la venue de responsables du ministère des Finances à une réunion, qui ont rencontré les enseignants sans s’être préparés à l’entretien et sans aucune proposition de budget pour satisfaire leurs demandes.

Yaffa Ben-David, cheffe du syndicat des enseignants, lors d’une manifestation d’enseignants israéliens réclamant de meilleurs salaires et conditions de travail à Tel Aviv, le 30 mai 2022. (Crédit: Photo par Tomer Neuberg/Flash90)

Le syndicat des enseignants a renforcé sa lutte en faveur de salaires plus élevés alors que l’année scolaire va se terminer à la fin du mois. Les cours, pour certaines classes, prendront fin lundi et d’autres continueront encore une partie du mois de juin. Pour exploiter au mieux le temps qu’il leur reste, les professeurs se mettront en grève pendant une journée entière la semaine prochaine, a fait savoir Ynet.

Liberman, de son côté, a indiqué être favorable à une hausse des salaires mais il a déclaré que le syndicat ne semblait montrer aucune volonté de trouver un compromis et de mener des négociations constructives.

Liberman a expliqué, samedi, que les deux parties devaient trouver un accord sur la question des vacances et des primes – deux sujets que, selon lui, le syndicat ne souhaite pas aborder.

« Il est impossible que les représentants du syndicat viennent dans la salle des négociations et qu’ils demandent, avant toute autre chose, que ces deux sujets disparaissent de l’ordre du jour », a commenté Liberman lors d’un événement culturel à Beer Sheva.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman prenant la parole lors d’une réunion de la faction Yisrael Beytenu à la Knesset, le 30 mai 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Exprimant par ailleurs son appréciation du travail des professeurs, il a fait part de son optimisme concernant l’issue des pourparlers et il a noté que « je crois que nous allons trouver un accord, nous faisons tout ce qui est possible pour y arriver ».

« Dans le système de l’éducation, l’ingrédient le plus important est la qualité des professeurs – avec un bon professeur, vous avez de bons élèves », a-t-il noté.

Au cœur du conflit se trouve une réforme prévue du ministère des Finances visant à réduire la puissance du syndicat des enseignants, une réforme qui permettra notamment aux principaux des établissements de congédier des personnels sans intervention du syndicat et de régler les problèmes d’écart salarial entre professeurs débutants et vétérans en effectuant une rémunération sur la base des compétences et non pas de l’expérience.

Liberman propose aussi d’adapter le nombre de journées de vacances dans les écoles pour les rendre similaires au nombre de jours de congé des employés des autres secteurs d’activité – une tentative visant à alléger les pressions exercées sur les parents qui travaillent.

Le syndicat demande, pour sa part, que les nouveaux professeurs gagnent un salaire mensuel de 10 000 shekels et qu’une augmentation significative de rémunération soit offerte aux enseignants expérimentés. Selon le site d’information Ynet, certains professeurs de longue date ne gagnent que 7 500 shekels par mois.

Le mois dernier, Ben-David a averti que l’érosion graduelle des salaires des enseignants avait placé le système tout entier au bord de l’effondrement.

« De nombreux enseignants ont d’ores et déjà quitté le système et un grand nombre de plus a l’intention de le faire d’ici la fin de l’année », avait dit Ben-David à ce moment-là.

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