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Contestation en Iran : Le chef de la fédération de boxe décide de ne pas rentrer

L'Iran est secoué par une vague de manifestations depuis la mort en détention le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans arrêtée par la police des mœurs

Deux boxeurs lors d'un match des championnats du monde des jeunes en Espagne, en novembre 2022. (Capture d'écran : YouTube ; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Deux boxeurs lors d'un match des championnats du monde des jeunes en Espagne, en novembre 2022. (Capture d'écran : YouTube ; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Le chef de la Fédération iranienne de boxe, qui se trouve en Espagne où se déroulent les championnats du monde juniors, a annoncé sa décision de ne pas rentrer en Iran afin de soutenir le mouvement de contestation déclenché dans son pays.

L’Iran est secoué par une vague de manifestations depuis la mort en détention le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans arrêtée par la police des mœurs pour avoir enfreint le strict code vestimentaire pour les femmes dans le pays.

« J’ai décidé de ne pas revenir en Iran pour être la voix de ceux dont la voix n’est pas entendue par les autorités. En particulier les habitants du Sistan-Baloutchistan dont des dizaines d’innocents ont été tués », a déclaré Hossein Souri dans une vidéo diffusée samedi.

« Je ne pouvais plus servir dans mon cher pays, dans un système qui verse facilement le sang des êtres humains », a déclaré celui qui dirigeait le fédération depuis décembre 2017.

La compétition se déroule jusqu’au 26 novembre dans la région d’Alicante.

Des affrontements ont eu lieu au Sistan-Baloutchistan, notamment dans sa capitale de Zahedan. Cette province, située à proximité de la frontière avec l’Afghanistan et le Pakistan, est l’une des régions les plus pauvres d’Iran et abrite la minorité baloutche, qui adhère majoritairement à l’islam sunnite et non au chiisme dominant en Iran.

Dans cette région, les médias iraniens ont fait état d’un bilan officiel d’une vingtaine de personnes tuées dont six membres des forces de l’ordre, y compris le chef provincial des Renseignements des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Les ONG parlent de plus de 80 morts.

Le porte-parole de la fédération de boxe, Issa Golmohammadi, a affiché sa déception dimanche à l’agence Mehr.

« S’il voulait protester, il aurait pu démissionner. Il valait certainement mieux pour lui de démissionner avant, plutôt que d’aller en Espagne avec l’argent de la nation », a-t-il dit.

« Il a laissé l’équipe en plein milieu du tournoi et a causé un coup dur et un choc à cette équipe junior. Son attitude n’est pas du tout éthique », a-t-il ajouté.

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