COP: un gigantesque drapeau palestinien déployé lors d’une manifestation
Surnommée "Grande marche populaire" par les organisateurs, la manifestation qui a eu lieu à Belém, au Brésil, est intervenue à mi-parcours de négociations controversées

BELÉM, Brésil — Des milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de Belém pour exhorter les négociateurs à agir lors des difficiles discussions qui entrent dans le cadre de la conférence de la COP30 des Nations unies sur le climat – un sommet qui se tient dans cette ville amazonienne.
Sous un soleil de plomb, des autochtones se sont mêlés à des militants dans une ambiance festive, diffusant de la musique à plein volume, portant un ballon de plage géant représentant la Terre et brandissant un drapeau brésilien sur lequel était inscrit le slogan « Amazonie protégée ».
Il s’agit de la première grande manifestation en dehors des négociations annuelles sur le climat depuis la COP26 il y a quatre ans, à Glasgow. Les trois dernières réunions s’étaient en effet tenues dans des lieux peu tolérants envers les mouvements de protestation : l’Égypte, Dubaï et l’Azerbaïdjan.
Surnommée « Grande marche populaire » par les organisateurs, la manifestation de Belém est intervenue à mi-parcours de négociations controversées. Elle a aussi fait suite à deux manifestations menées par des autochtones qui ont perturbé les travaux des responsables, en début de semaine.
« Aujourd’hui, nous assistons à un massacre, car notre forêt est en train d’être détruite », a commenté auprès de l’AFP Benedito Huni Kuin, un membre de 50 ans du groupe autochtone Huni Kuin de l’ouest du Brésil.
« Nous voulons faire entendre notre voix depuis l’Amazonie et nous voulons exiger des résultats », a-t-il ajouté. « Nous avons besoin de plus de représentants autochtones à la COP pour défendre nos droits ».
Tyrone Scott, un Britannique de 31 ans membre du groupe de lutte contre la pauvreté War on Want, a estimé qu’il s’agissait d’une « marche menée par les autochtones, guidée par le mouvement et alimentée par le peuple ».
« C’est vraiment passionnant, et ça apporte un peu de fraîcheur à l’atmosphère étouffante et stérile qui règne à l’intérieur de la COP », a expliqué Scott.
Parmi les revendications des participants, des « réparations » pour les dommages causés par les entreprises et les gouvernements, en particulier aux communautés marginalisées.
Certains ont également brandi un drapeau palestinien géant et une banderole « Palestine libre ». Un manifestant sur échasses déguisé en Oncle Sam dénonçait « l’impérialisme ».







