Coronavirus : Israël prend des mesures drastiques à ses frontières
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Coronavirus : Israël prend des mesures drastiques à ses frontières

Les autorités vont interdire l'entrée en Israël à tous les voyageurs ayant visité la Corée du Sud et le Japon ces 14 derniers jours ; un avion de Korean Air a dû faire demi-tour

Des voyageurs à l'aéroport Ben-Gurion, le 17 février 2020 (Crédit :Avshalom Shoshani/Flash90)
Des voyageurs à l'aéroport Ben-Gurion, le 17 février 2020 (Crédit :Avshalom Shoshani/Flash90)

A partir de lundi, Israël va interdire l’entrée dans le pays à tous les ressortissants étrangers s’étant rendus en Corée du Sud et au Japon au cours des 14 derniers jours, par crainte de propagation du coronavirus COVID-19, a déclaré dimanche le ministère de la Santé.

Le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que son directeur général, Yuval Rotem, rencontrerait l’ambassadeur de Corée du Sud en Israël plus tard dans la journée pour discuter des développements.

M. Rotem a déclaré aux diplomates israéliens en poste en Asie, lors d’un appel téléphonique dimanche, que la priorité absolue était la santé publique israélienne, mais que le pays ferait tout pour minimiser les dommages causés aux autres pays dans le processus.

De son côté, la Corée du Sud a protesté contre la décision prise par Israël samedi de refuser l’entrée sur son territoire à environ 200 personnes qui se trouvaient à bord d’un avion en provenance de Séoul.

Une note publiée samedi sur le site du ministère de la Santé indiquait  que « jusqu’à présent, les postes-frontières n’ont pas été fermés à qui que ce soit venant d’ailleurs. Malgré tout, ils pourraient être rapidement fermés à tous ceux qui ne sont pas des résidents israéliens ».

Cette phrase a été ultérieurement supprimée, sans explication, des versions en hébreu et en anglais du site internet. Les directives du ministère statuent que tandis que les voyageurs étant restés en Chine dans les quatorze jours précédents seront refoulés à l’entrée du territoire, « jusqu’à présent, les frontières ne sont pas fermées pour ceux qui se trouvaient ailleurs ».

Il n’a pas été possible d’entrer en contact avec un porte-parole du ministère pour d’éventuels commentaires.

Samedi, l’État juif a refusé aux passagers d’un vol en provenance de Corée du Sud d’entrer dans le pays. Seuls les ressortissants israéliens ont été autorisés à quitter l’avion, lequel a été contraint de rentrer à Séoul.

Un avion coréen en provenance de Corée du Sud après son atterrissage à l’aéroport international Ben-Gurion, le 22 février 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Les responsables ont fait savoir que cette décision avait été spécifiquement prise quelques heures après qu’un groupe de touristes coréens qui se trouvaient en Israël a été testé positif au coronavirus, ajoutant qu’il ne s’agissait pas là d’une interdiction des ressortissants coréens en général.

Selon l’agence de presse Yonhap, le ministère des Affaires étrangères à Séoul aurait fortement protesté auprès du gouvernement israélien. Il a indiqué aux dirigeants de l’État juif qu’aucune mesure excessive et déraisonnable ne devait être décidée à l’encontre des citoyens sud-coréens.

Le ministère n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

Korean Air, le seul transporteur à assurer un vol direct entre Séoul et Tel Aviv, n’assurait plus la liaison dimanche matin.

Un message sur le site internet de la compagnie aérienne précise qu’Israël interdit l’entrée aux ressortissants venus de Corée, de Chine, de Hong-Kong, de Macao, de Thaïlande et de Singapour.

Le directeur-général du ministère de la Santé Moshe Bar Siman Tov au cours d’une conférence de presse sur le coronavirus à Tel Aviv, le 22 février 2020 (Crédit : Flash90)

Lors d’une réunion d’information organisée samedi soir, le directeur-général du ministère de la Santé Moshe Bar Siman Tov a annoncé que les Israéliens revenant de Corée du Sud et du Japon devraient respecter une quarantaine personnelle obligatoire de quatorze jours. Ces directives sont d’ores et déjà appliquées aux voyageurs revenant de Chine, de Thaïlande, de Singapour, de Hong-Kong et de Macao.

L’initiative d’interdire des voyageurs ou de mettre en garde contre des pays – en plus de la Chine – aurait entraîné le mécontentement du ministère des Affaires étrangères, inquiet des répercussions diplomatiques possibles et d’une baisse de la fréquentation touristique et des liens commerciaux naissants.

Le ministre Israel Katz a ainsi demandé une réunion d’urgence de son ministère autour des conséquences possibles de cette mesure.

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie israélienne a précisé qu’il avait demandé aux responsables du ministère « de soutenir toute décision stricte émise par le ministère de la Santé pour empêcher l’entrée des étrangers des pays variés du monde qui seraient susceptibles de poser un risque pour la santé de la population israélienne ».

« Notre principale considération est la santé des résidents israéliens et la préservation de la capacité de l’État juif à maintenir des liens avec les pays du monde entier et à les faire croître – en tant qu’État respectant des règles strictes et qui n’a pas été touché par le coronavirus », a ajouté le communiqué.

La professeure israélienne Galia Rahavm, cheffe su service des maladies infectieuses, montre l’une des chambres où seront accueillis, en quarantaine, les passagers du Diamond Princess au centre médical Chaim Sheba de Tel Hashomer à Ramat Gan, le 19 février 2020 (Crédit : Heidi Levine/Pool via AP).

Environ 200 élèves et enseignants ont été placés samedi en quarantaine personnelle et obligatoire après qu’il s’est avéré qu’ils avaient croisé le groupe de pèlerins coréens au début du mois. Des initiatives ont été prises pour tenter d’identifier les personnes qui sont entrées en contact avec eux en Israël et en Cisjordanie.

Cette information a donné lieu à des inquiétudes intenses sur une éventuelle propagation du virus.

« C’est vraiment troublant… Le risque que le virus se propage en Israël est réel », a déclaré Shai Ashkenaiz, chef du syndicat des pédiatres et expert en maladies contagieuses, au site Ynet.

Le site d’information Ynet a rapporté que plusieurs centaines de Sud-Coréens actuellement en Israël seront peut-être mis en quarantaine au séminaire Har Gilo, juste à l’extérieur de Jérusalem, une installation habituellement utilisée par l’armée pour des cours et des séminaires éducatifs. Une décision finale sur la question n’a pas encore été prise, d’après Ynet.

Israël ne compte qu’un seul cas de coronavirus confirmé à l’intérieur de ses frontières. Il s’agit d’une femme qui se trouvait à bord du Diamond Princess, un bateau de croisière devenu un véritable foyer de propagation du virus. Elle est actuellement en quarantaine dans un hôpital israélien en compagnie de dix autres ressortissants de l’État juif qui figuraient, eux aussi, parmi les passagers du navire.

Toutefois, plusieurs lieux sensibles dans le monde ont commencé à émerger alors que le virus ne cesse de se répandre, depuis l’Iran jusqu’à l’Italie, amenant les autorités à prendre des mesures plus strictes concernant leurs frontières.

Une équipe médicale contrôle les voyageurs au poste-frontière de Shalamjah, à environ 15 kilomètres de la ville irakienne de Basra à leur retour depuis l’Iran, le 21 février 2020 (Crédit : Hussein Faleh/AFP)

La Corée du Sud et la Chine ont tous deux rapporté une nouvelle augmentation des cas de virus, dimanche, et le Premier ministre sud-coréen a averti que l’épidémie – qui se répand rapidement – liée à une secte locale et à un hôpital du sud-est du pays était entrée dans une « phase plus grave ».

Certaines personnes porteuses du virus n’ont aucun lien direct avec un voyage en Chine. Le bilan des morts en Iran est passé à six – le chiffre le plus important en dehors de l’empire du Milieu – et une dizaine de villes du nord de l’Italie ont été mises en quarantaine alors que des centaines d’habitants – qui avaient été au contact de 79 cas confirmés en Chine – ont été soumis à des tests pour déterminer s’ils étaient atteints du virus.

Le centre de contrôle et de prévention des maladies de Corée du Sud a indiqué que 113 des 120 nouvelles personnes contaminées par le virus ont été rapportées dans la ville de Daegu, quatrième ville du pays, et dans ses alentours. Elle a précisé que 70 de ces cas étaient liés à une branche de la secte religieuse Shincheonji à Daegu, devenu le plus important foyer d’infection de tout le pays – qui compte 556 cas au total, ce qui en fait le pays le plus touché après la Chine.

« Le problème du COVID-19 se trouve à un grave tournant. Les prochains jours seront cruciaux », a déclaré dimanche le président Moon Jae-in à l’issue d’une réunion gouvernementale sur la question.

Des agents portant leur tenue de protection se nettoient leurs équipements respectifs après la désinfection contre le coronavirus dans une station du métro de Séoul, en Corée du Sud, le 21 février 2020 (Crédit : AP Photo/Ahn Young-joon)

La Chine continentale a rapporté 648 nouvelles infections sur un total de 79 936 malades. Le bilan des morts a légèrement baissé, passant à 97. En tout, ce sont 2 442 personnes qui sont mortes dans le pays des suites du virus COVID-19.

Le nombre de nouvelles contaminations, en Chine, est irrégulier, mais est resté sous le nombre de 1 000 au cours des quatre derniers jours. Plusieurs changements sont survenus dans la manière de procéder au décompte des infections, ce qui rend difficile de tirer des conclusions de ces chiffres.

Dans le monde, plus de 78 000 personnes ont été contaminées dans 29 pays.

L’AFP a contribué à cet article.

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