Corruption : Il est « impensable » que Netanyahu soit encore à son poste – Lador
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Corruption : Il est « impensable » que Netanyahu soit encore à son poste – Lador

L'ex-procureur de l'Etat, qui croit à une inculpation du Premier ministre, estime que les "considérations personnelles de Netanyahu influencent la sécurité et la diplomatie"

Moshe Lador à la Knesset  en février 2012 (Crédit: Kobi Gideon / Flash90)
Moshe Lador à la Knesset en février 2012 (Crédit: Kobi Gideon / Flash90)

L’ancien procureur de l’Etat Moshe Lador a estimé samedi qu’il était « impensable » que le Premier ministre Benjamin Netanyahu continue à gérer les affaires du pays alors qu’il se trouve impliqué dans de multiples enquêtes pour corruption, clamant que toutes les décisions du Premier ministre sont affectées par ses intérêts juridiques.

Netanyahu, a-t-il expliqué, aurait d’ores et déjà dû démissionner afin d’éviter une telle situation.

« Il est impensable que le Premier ministre se trouve… d’un côté, en train de gérer des affaires d’intérêt public et de l’autre, ses affaire personnelles », a noté Lador lors d’un événement culturel organisé à Mevasseret Zion.

« Ses considérations personnelles influencent des dossiers de sécurité et de diplomatie. Toutes ses décisions sont touchées par l’intérêt qu’il a à sortir des enquêtes en un seul morceau ».

Il a noté que le Procureur-général Avichai Mandelblit, qui doit prendre la décision d’inculper le Premier ministre, doit faire avancer ce processus aussi rapidement que possible.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse à la Knesset à Jérusalem, le 19 décembre 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Lador, qui a occupé son prestigieux poste juridique entre 2013 et 2017, une période pendant laquelle l’ancien Premier ministre Ehud Olmert avait été inculpé et reconnu coupable de pots-de-vin, a indiqué qu’il pensait qu’il y avait peu de chances que Netanyahu ne soit pas inculpé au vu de l’importance apparente des dossiers à son encontre.

L’ancien procureur a également déclaré avoir été surpris que Netanyahu n’ait jamais été soupçonné dans l’Affaire 3000 – surnommée « l’Affaire des sous-marins » – dans laquelle la police a recommandé l’inculpation de l’ancien avocat du Premier ministre et d’autres éminentes personnalités pour des soupçons de pots-de-vin lors de l’acquisition de sous-marins pour un montant représentant des centaines de millions de dollars.

Le parti du Likud a émis une réponse suite aux propos de Lador, disant que ses « commentaires partiaux ont rejoint la campagne de fuites et de pressions exercées sur le Procureur-général pour décider de l’inculpation, quel qu’en soit le prix, du Premier ministre Netanyahu, dans le cadre d’une bataille jouée d’avance ».

La police a recommandé l’inculpation de Netanyahu dans les Affaires 1000, 2000 et 4000. Le mois dernier, la responsable du département des Impôts et des finances, Liat Ben Ari aurait, après avoir examiné les conclusions de la police, fait la même recommandation dans les Affaires 1000 et 2000 – même si aucune information n’a filtré sur son positionnement dans l’Affaire 4000, dernière enquête achevée par la police.

Benjamin Netanyahu et le producteur Arnon Milchan lors d’une conférence de presse, le 28 mars 2005. (Crédit : Flash90)

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires, notamment des cigares et du champagne pour un montant de plusieurs centaines de milliers de shekels de la part du producteur de Hollywood Arnon Milchan, né en Israël, en échange de son aide dans des dossiers variés.

L’Affaire 2000 implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture de ses actions plus favorable.

Dans l’Affaire 4000, Netanyahu aurait fait avancer des décisions de régulation en tant que ministre des Communications et Premier ministre au bénéfice de Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq, la plus importante firme de télécommunications du pays, en échange d’une couverture positive sur le site d’information Walla d’Elovitch.

Netanyahu a nié toute malversation.

Mandelblit a expliqué jeudi que son bureau travaillera de manière rapide et efficace pour prendre une décision dans ces enquêtes.

Le procureur général Avichai Mandelblit lors d’une conférence à Jérusalem le 3 septembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous travaillerons rapidement mais pas au détriment de l’enquête », a déclaré Mandelblit dans un discours prononcé à la conférence de Globes à Jérusalem. « Nous ne poursuivrons personne – sinon la justice ».

Le procureur général a annoncé mercredi que le travail sur les trois dossiers criminels du procureur de l’Etat était terminé. Le procureur Shai Nitzan aurait recommandé des inculpations pour pots-de-vin dans les trois.

« J’ai accompagné de près le processus. L’enquête a été menée avec détermination et professionnalisme », a dit Mandelblit.

Le procureur de l’Etat considère que l’une des enquêtes, connue sous le nom d’Affaire 4000, constitue « un cas clair de pot-de-vin », tandis que les Affaires 1000 et 2000 seraient vues comme des dossiers de « corruption light », a affirmé la chaîne Hadashot.

Selon le reportage, le bureau du procureur-général devrait prendre une décision dans les prochains mois et sûrement « bien avant Pessah », à la mi-avril.

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