COVID : les responsables inquiets face à l’afflux dans les centres commerciaux
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COVID : les responsables inquiets face à l’afflux dans les centres commerciaux

Avec de longues files d'attente et très peu de respect des distances physiques, des boutiques ont prolongé leurs horaires ou fermé ; les étals du marché de Tel Aviv ont rouvert

Les Israéliens font des courses au centre commercial de Bilu, à Kiryat Ekron, le 17 novembre 2020. (Crédit :  Yossi Aloni/Flash90
Les Israéliens font des courses au centre commercial de Bilu, à Kiryat Ekron, le 17 novembre 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90

Les Israéliens ont pris d’assaut les centres commerciaux de tout le pays, mardi, alors que les zones commerciales en plein air ont rouvert leurs portes dans les secteurs se distinguant par un taux bas d’infection après une fermeture de plusieurs mois – laissant les responsables de la santé craindre une nouvelle recrudescence des infections susceptible de nécessiter une réimposition des restrictions.

Ce sont de longues files d’attente et une foule compacte qui se sont formées devant les centres commerciaux des zones « vertes », les clients attendant de pouvoir pénétrer dans des boutiques qui, de leur côté, ne peuvent accueillir qu’un nombre limité de personnes à la fois. Dans de nombreux cas, les Israéliens venus faire du shopping n’ont pas adhéré aux règles de distanciation physique, nécessitant l’intervention de la police.

Certains magasins ont préféré baisser le rideau après avoir réalisé qu’il était impossible de respecter les mesures de distanciation.

« Dans une semaine, tous ceux qui se trouvent ici seront en quatorzaine », a déclaré au site Walla un client venu faire ses courses dans un centre commercial du nord du pays.

« Les gens sont devenus dingues », a commenté Elay Segev, originaire de Haïfa et âgé de 18 ans. « Ils se poussent, ils se donnent des coups de coude. Ce n’est qu’un magasin de vêtements ! Cette file d’attente fait peur, je suis parti immédiatement pour éviter de me trouver là, dans un tel rassemblement. Je pense que ça va redoubler le nombre d’infections. »

Certaines chaînes de magasins ont annoncé qu’en raison de la trop grande promiscuité entre les clients et pour pouvoir accueillir le plus grand nombre de personnes possibles, elles resteraient ouvertes jusqu’à minuit.

Furieux que les zones commerçantes puissent rouvrir mais pas les marchés en plein air, certains commerçants du marché Carmel, à Tel Aviv, ont repris illégalement leurs activités en signe de mécontentement. Certains ont écopé d’amendes distribuées par les responsables de la municipalité.

« Mais pourquoi on ne peut pas travailler ? Combien de temps on va devoir rester chez nous ? », s’est exclamé un vendeur, retenant ses larmes. « Ce n’est pas l’argent, l’argent, on s’en fiche. On est en train de devenir fous à rester chez nous à ne rien faire. J’ai mis mon magasin en vente parce que je veux partir. Je n’en peux plus », a-t-il continué.

Les boutiques du marché Carmel de Tel Aviv ouvertes en signe de protestation contre sa fermeture continue, le 17 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les responsables du ministère de la Santé sont profondément frustrés face à ces nouvelles initiatives d’allègement des restrictions, a fait savoir la Douzième chaîne, et ils ont mis en garde contre une recrudescence des infections qui nécessitera de nouvelles limitations d’ici deux ou trois semaines.

Le cabinet dit « du coronavirus » a également approuvé, lundi, la catégorisation de la station balnéaire de la mer Rouge, Eilat, et des hôtels du secteur d’Ein Bokek, au sud de la mer Morte, en « îlots touristiques », avec des restrictions moindres imposées aux visiteurs israéliens. Selon les dispositions des limitations mises en œuvre dans le cadre du confinement, l’État juif interdit toujours l’entrée dans le pays aux non-citoyens ou aux non-résidents.

Le ministère du Tourisme a fait savoir que l’entrée des touristes dans ces secteurs sera autorisée pour les personnes ayant effectué un test de dépistage au cours des 72 heures précédentes dont le résultat est négatif. Les habitants d’Eilat qui souhaitent entrer ou ré-entrer dans la ville doivent présenter le résultat d’un test réalisé pendant la semaine précédente ou se soumettre à un test gratuit et rapide dans une structure mise en place à cet effet aux abords de la ville.

Un checkpoint coronavirus à l’entrée de la ville d’Eilat, dans le sud du pays, le 17 novembre 2020. (Crédit : Flash90)

Ce nouvel allègement des restrictions survient alors que 8 150 cas actifs ont été confirmés dans le pays, mardi soir. 325 537 Israéliens ont été touchés par le coronavirus depuis le début de la pandémie et 862 nouveaux cas ont été enregistrés dans la journée de lundi, selon le ministère de la Santé.

Parmi ces cas actifs, 317 personnes se trouvent actuellement dans un état grave et 124 sont sous respirateur. Depuis l’apparition de la maladie dans le pays, 2 736 personnes sont décédées d’une forme grave de la COVID-19.

Les hôpitaux accueillent actuellement 542 patients atteints de la COVID.

Lundi, 49 236 tests de dépistage ont été effectués, pour un taux de positivité de 1,8 %. Des chiffres encore provisoires, qui ont été diffusés mardi, ont fait état de 28 876 tests réalisés dans la journée, avec un taux de positivité qui s’élèverait à 1,4 %.

Les Israéliens font des courses au marché Carmel de Tel Aviv, le 17 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les officiels du ministère de la Santé auraient exprimé leur indignation face à l’allègement des restrictions alors même que le taux de reproduction de base – le nombre moyen de personnes infectées par chaque porteur du coronavirus – est actuellement de 1,0 et que le seuil qui avait été déterminé pour lever davantage les limitations était de 0,8. Mardi matin, le taux de reproduction s’élevait encore à 1,08, un chiffre inquiétant selon le ministère de la Santé.

Ils ont également déploré que, contrairement aux plans qui avaient été définis, le gouvernement n’avait pas attendu deux semaines entre les phases de réouverture pour garantir que certaines initiatives n’entraîneraient pas une nouvelle flambée des contaminations.

Des sources restées anonymes ont confié à la Douzième chaîne que si le nombre de personnes atteintes par le coronavirus n’atteignait pas, pour le moment, un niveau préoccupant, les responsables s’inquiétaient de ce qu’un nouvel allègement des restrictions n’entraîne une perte de contrôle de la pandémie.

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