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COVID long : des anomalies pulmonaires non décelées aux tests de routine – étude

Les premiers résultats suggèrent une altération du transfert d'air des poumons vers le sang, liée à l'essoufflement, indiquant d'éventuels micro-dommages au système respiratoire

Des membres de l'équipe de l'hôpital Shaare Zedek dans le service des coronavirus de l'hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 11 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des membres de l'équipe de l'hôpital Shaare Zedek dans le service des coronavirus de l'hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 11 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des chercheurs ont découvert des anomalies dans les poumons de patients atteints du COVID qui souffraient d’essoufflement longtemps après avoir été contracté le virus, anomalies qui n’avaient pas pu être détectées par des tests de routine.

L’étude pilote a utilisé du xénon – un gaz inodore, incolore, insipide et chimiquement non réactif – pour étudier d’éventuelles lésions pulmonaires chez des patients qui s’étaient rétablis de la maladie mais continuaient à souffrir d’essoufflement.

Les premiers résultats suggèrent une altération significative du transfert de gaz des poumons vers la circulation sanguine, même si d’autres tests – notamment les tomodensitogrammes – sont revenus normaux, ce qui soulève la possibilité que le COVID provoque des dommages microscopiques au système respiratoire.

L’essoufflement est un symptôme chez la majorité des patients atteints de COVID long, mais on ignore si cela est lié à d’autres facteurs tels que des changements dans les habitudes respiratoires, la fatigue, ou quelque chose de plus fondamental.

Illustration : Une femme subissant un scanner dans le cadre d’un dépistage du cancer. (Crédit : Drazen Zigic via iStock by Getty Images)

Le chercheur en chef de l’étude, Fergus Gleeson, professeur de radiologie à l’Université d’Oxford et radiologue consultant au Oxford University Hospitals NHS Foundation Trust, a déclaré : « nous savions, grâce à notre expérience post-hospitalière, que nous devions faire face à un problème de santé publique. Nous savions, grâce à notre étude COVID post-hospitalière, que le xénon pouvait détecter des anomalies lorsque le scanner et les autres tests de la fonction pulmonaire sont normaux. »

« Ce que nous avons découvert maintenant, c’est que, même si leurs tomodensitogrammes sont normaux, les IRM au xénon ont détecté des anomalies similaires chez les patients atteints de COVID-19. Ces patients n’ont jamais été hospitalisés et ne souffraient pas de maladie grave aiguë lorsqu’ils ont été infectés par le COVID-19. Certains d’entre eux présentent leurs symptômes encore un an après avoir contracté le COVID-19 », a-t-il ajouté.

« Il y a maintenant des questions importantes auxquelles il faut répondre. Par exemple, combien de patients ayant un long COVID auront des scans anormaux, l’importance de l’anomalie que nous avons détectée, la cause de l’anomalie et ses conséquences à plus long-terme. »

« Une fois que nous aurons compris les mécanismes à l’origine de ces symptômes, nous serons mieux placés pour développer des traitements plus efficaces. »

Photo d’illustration : Des poumons infectés par le coronavirus. (Crédit : wildpixel via iStock by Getty Images)

Dans l’étude, les patients ont dû prendre place dans un scanner IRM et respirer un litre de gaz, qui a été modifié de manière à pouvoir être vu par la machine.

Comme le xénon, qui peut être inhalé sans danger, se comporte de manière très similaire à l’oxygène, les radiologues peuvent observer comment il passe des poumons à la circulation sanguine.

Les scans ne prennent que quelques minutes et, comme ils ne nécessitent pas d’exposition aux radiations, ils peuvent être répétés dans le temps pour observer les évolutions dans les poumons.

La Dr Emily Fraser, consultante en médecine respiratoire qui dirige la clinique d’évaluation post-COVID d’Oxford, a jugé ces résultats « intéressants ».

Un patient COVID au service coronavirus de l’hôpital Hadassah Ein Kerem reçoit un appel d’un membre de sa famille, le 27 décembre 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« Ces résultats sont intéressants et peuvent indiquer que les changements observés dans les poumons de certains patients souffrant d’un COVID long contribuent à l’essoufflement. Cependant, il s’agit de résultats préliminaires et il est essentiel de poursuivre les travaux pour en comprendre la signification clinique », a-t-elle averti.

À la question de savoir ce que les personnes souffrant de ce symptôme peuvent tirer de ces résultats, elle a déclaré : « Je pense que le message devrait être que nous recherchons activement ce qui est à l’origine du COVID long ».

La Dr Fraser a également déclaré que les gens ne devraient pas abandonner leurs exercices et leur rééducation, car ils sont utiles.

« Le xénon suit le parcours de l’oxygène lorsqu’il est absorbé par les poumons et peut nous dire où se situe l’anomalie entre les voies respiratoires, les membranes d’échanges gazeux et les capillaires dans les poumons », a-t-elle déclaré.

Alors que l’étude complète recrutera environ 400 participants, le pilote initial comptait 36 participants composant trois groupes : des patients diagnostiqués avec un COVID long et dont le scanner est normal, des personnes qui avaient été hospitalisées avec un COVID plus de trois mois auparavant et qui ne présentaient pas de COVID long, et un groupe témoin en bonne santé.

Les résultats, qui n’ont pas été examinés par des pairs, ont été publiés sur le serveur de pré-impression bioRxiv.

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