Crise sanitaire: Hausse de 41% du nombre de jeunes en situation de risque – ONG
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Crise sanitaire: Hausse de 41% du nombre de jeunes en situation de risque – ONG

Elem, un groupe d'aide sociale, établit dans un rapport que les souffrances émotionnelles et physiques et l'usage de drogues ont nettement augmenté par rapport à 2019

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un adolescent cherche des boîtes dans un conteneur à poubelles dans le centre de Jérusalem, le 13 juillet 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Un adolescent cherche des boîtes dans un conteneur à poubelles dans le centre de Jérusalem, le 13 juillet 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il y a eu une nette hausse de la consommation de stupéfiants, de la détresse émotionnelle et de la violence parmi les jeunes en situation de risque au cours de la crise du coronavirus, selon un rapport qui a été publié dimanche par le groupe Elem, une organisation à but non-lucratif d’aide sociale.

Du mois de septembre au mois de novembre, Elem a indiqué avoir été contacté par 6 517 jeunes, ce qui représente une augmentation de 41 % par rapport à la même période de 2019.

La dépression, l’anxiété, les auto-mutilations, les violences et les abus de drogues et d’alcool ont tous augmenté en comparaison avec l’année dernière, selon Nava Barak, ex-épouse de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert et présidente de l’association Elem, qui fait fonctionner des dizaines de centres pour les jeunes en situation de risque dans tout le pays.

« Cela a été une année particulièrement dure », commente Barak. « Les difficultés de ces jeunes en situation de risque ont empiré. Le cercle des dangers s’est élargi et, ces derniers mois, nous rencontrons de plus en plus de jeunes dont l’état se dégrade à cause de la crise du coronavirus ».

Nava Barak à Tel Aviv, le 22 décembre 2010. (Crédit : Matanya Tausig/FLASH90)

Les pressions émotionnelles et l’absence d’une vie sociale régulière ont induit une hausse de la consommation d’alcool – 2 478 jeunes dont s’occupe Elem ont fait savoir qu’ils en abusaient. Ce chiffre est 2,6 fois plus élevé qu’en 2019 à la même période, et il est 1,4 fois plus élevé qu’au cours des trois mois précédents.

De plus, 1 989 des jeunes ont dit consommer des stupéfiants – soit 2,7 fois le chiffre de 2019 et 1,5 fois celui des mois de juillet et août 2020.

Les actes d’auto-mutilation auraient grimpé à 426, soit 1,8 fois plus que l’année dernière, et le nombre des troubles du comportement alimentaire aurait été multiplié par deux.

Le nombre d’incidents de violences survenant hors des établissements scolaires a été multiplié par 4,8 par rapport à l’année dernière à la même période, et par 1,6 en comparaison avec les trois mois précédents. Les violences, dans les écoles, ont presque triplé par rapport à 2019.

Au total, Elem a été informé de 1 838 incidents de violences sexuelles, psychologiques ou verbales au cours de la période examinée.

Les agressions sexuelles ont grimpé en flèche et elles ont été multipliées par 3,3 par rapport à la même période en 2019, et par 1,5 en comparaison avec les trois mois précédents, selon Elem. Les agressions en ligne ont pour leur part été multipliées par 2,5 en comparaison avec 2019.

L’impact financier de la crise, qui a entraîné une explosion du chômage suite à l’effondrement des entreprises soumises aux mesures de confinement, a amené 13 % de ces jeunes à dire qu’ils avaient connu la faim en raison de la situation économique familiale.

Parmi les jeunes qui ont contacté le groupe d’aide sociale, 2 272 ont fait savoir qu’ils se sentaient déprimés ou anxieux, soit 4,4 fois plus que les signalements de ce type qui avaient été faits en 2019 et 1,4 fois le taux pour les mois de juin, juillet et août.

Le sentiment de solitude est aussi élevé, avec 1 495 enfants qui ont déclaré se sentir seuls, soit 2,5 fois le nombre qui avait été enregistré en 2019.

Photo d’illustration : Un jeune fume de la marijuana à Jérusalem, le 20 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le stress entraîne aussi certains vers la déscolarisation et 16 % des jeunes qui sont entrés en contact avec l’organisation ont déclaré avoir abandonné le système scolaire. Parmi les jeunes ultra-orthodoxes, ce chiffre saute à 26 %, concernant les élèves ayant quitté leurs yeshivas ou les écoles communautaires ou autres.

« Aujourd’hui, ce sont les enfants de tout le monde qui sont en danger », avertit Barak. « Nous devons travailler pour eux et renforcer nos activités sur le terrain ».

Le directeur-général d’Elem, Inbal Dor Kerbel, explique pour sa part que la jeune génération « va continuer pendant de nombreuses années encore à prendre en charge les conséquences de la situation dramatique rencontrée avec la pandémie de coronavirus ».

Ce rapport survient alors qu’Israël est entré dimanche dans son troisième confinement depuis l’apparition du virus dans le pays. Dans le cadre des restrictions mises en œuvre dans le système de l’éducation, les élèves du CM2 à la Seconde suivront un enseignement à distance et resteront chez eux au lieu d’aller à l’école.

Les groupes d’aide sociale ont averti de manière répétée que les mesures de confinement, ajoutées au stress des difficultés financières, faisaient augmenter le nombre d’incidents de violences domestiques.

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