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Critiquée pour son antisémitisme, la CUNY annonce des contre-mesures

Les universités publiques de New York ont rejoint le programme Hillel, visant à améliorer l'environnement sur les campus, et alloueront 750 000 $ pour lutter contre l'antisémitisme

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Illustration : Des étudiants du Brooklyn College sur le campus à New York, le 1er février 2017. (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)
Illustration : Des étudiants du Brooklyn College sur le campus à New York, le 1er février 2017. (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)

NEW YORK – Le système universitaire public de la ville de New York s’est engagé à prendre une série de mesures pour lutter contre l’antisémitisme sur ses campus, au milieu d’allégations de harcèlement endémique contre des étudiants juifs et d’une longue campagne de pression de la part des défenseurs de la cause juive.

Le chancelier de la City University of New York (CUNY), Félix Matos Rodríguez, a déclaré à la fin du mois dernier, que le système éducatif vise à « lutter contre l’antisémitisme et à améliorer les expériences des étudiants juifs » grâce à de nouveaux programmes.

« Nous espérons que nos actions illustrent notre engagement permanent à combattre l’antisémitisme et à faire en sorte que les étudiants, le personnel et les professeurs juifs se sentent bienvenus, en sécurité et capables de s’épanouir au sein de la CUNY », a déclaré Rodríguez dans un communiqué.

L’antisémitisme a été une préoccupation croissante sur les campus de la CUNY ces dernières années, alors que les activités anti-Israël prennent de l’ampleur et que les crimes anti-Juifs augmentent dans la ville de New York. Des groupes juifs ont accusé l’administration de fermer les yeux sur les activités anti-juives répandues sur les campus et les étudiants ont signalé des cas répétés de harcèlement et d’intimidation.

Les nouvelles mesures pour s’attaquer à ce problème comprennent un partenariat avec le groupe juif Hillel International sur les campus, une page web et un système pour signaler les incidents sur les campus, une formation pour le personnel, les administrateurs et les leaders étudiants, et l’expansion des programmes d’échange d’étudiants et des partenariats universitaires en Israël.

La CUNY allouera également 750 000 dollars à la lutte contre l’antisémitisme et d’autres formes de sectarisme religieux ou ethnique.

Rodríguez a déclaré que l’université « utilisera des outils pédagogiques tels que la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah (IHRA) », mais n’a pas dit que la CUNY adoptera cette définition, qui considère l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme. Une grande partie du débat sur l’antisémitisme sur les campus américains, et plusieurs procès très médiatisés contre des universités, se concentrent sur la centralité du sionisme dans l’identité juive.

Illustration : Des manifestants anti-Israël appelant à une intifada lors d’une manifestation, à New York, le 17 septembre 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

Students and Faculty for Equality at CUNY (SAFE CUNY), qui représente les étudiants et les professeurs sionistes et israéliens, a exigé que le système universitaire adopte officiellement la définition de l’IHRA, reconnaissant le sionisme comme une croyance protégée.

Ils rejettent la définition de l’IHRA tout en précisant qu’ils l’utilisent « comme un outil éducatif », a déclaré Jeffrey Lax, professeur de SAFE CUNY. « Ils font du ‘gaslighting’ sur les politiciens juifs, les groupes juifs et les étudiants et professeurs juifs », utilisant le terme se référant à une forme d’abus et de manipulation qui sert à faire douter la victime de sa mémoire, de sa perception de la réalité et de sa santé mentale.

SAFE CUNY a déclaré que les nouvelles mesures étaient insuffisantes et a appelé le système universitaire à faire appel à une agence extérieure pour lutter contre l’antisémitisme, à prendre des mesures proactives pour favoriser un environnement positif pour les Juifs et à mettre en place des sanctions pour les actes à caractère antisémite.

Le groupe a également déclaré que les professeurs sionistes subissent des pressions en raison du sentiment anti-Israël de leurs pairs, dont certains soutiennent le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Inna Vernikov, conseillère municipale de New York, a déclaré jeudi que Rodríguez lui avait envoyé une lettre au sujet des nouvelles mesures. Vernikov, une Républicaine de Brooklyn, a été à la pointe de la lutte contre l’antisémitisme sur les campus de la CUNY et a critiqué Rodríguez en juillet lorsqu’il a, pour la deuxième fois, manqué une audience du conseil municipal de New York sur les allégations d’antisémitisme omniprésent sur les campus.

Vernikov a déclaré que les nouveaux plans constituaient des « mesures extraordinaires », puisque les représentants de la CUNY étaient auparavant incapables de définir l’antisémitisme, ne nommaient pas de politiques spécifiques contre la haine des Juifs, ne tenaient pas de registres des incidents signalés, et avaient exclu les Juifs, en tant que groupe protégé, des programmes de diversité et d’inclusion.

Illustration : Des activistes pro-palestiniens et anti-Israël, à New York, le 30 mars 2022. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

Six campus de la CUNY ont rejoint l’initiative de Hillel International concernant l’environnement sur les campus. L’un des participants est le Brooklyn College, qui fait l’objet d’une enquête fédérale pour antisémitisme présumé sur son campus. Le programme Hillel cherche à travailler avec les administrateurs des universités pour améliorer l’environnement des étudiants juifs sur les campus.

La CUNY compte 26 campus universitaires, environ 260 000 étudiants et 40 000 professeurs, et fait depuis longtemps partie du tissu social de la ville.

La faculté de droit a été pointée du doigt comme étant un foyer d’activités anti-Israël, qui, selon les critiques, débouchent sur l’antisémitisme. La faculté de droit de la CUNY a soutenu le mouvement BDS et le syndicat des professeurs de la CUNY lors d’adoption de résolutions anti-Israël. Une militante pro-palestinienne, qui a régulièrement appelé à la destruction d’Israël et à une « intifada mondiale », a prononcé le discours de remise des diplômes de la faculté de droit plus tôt cette année, consacrant la majeure partie de son discours à la critique d’Israël.

Une enquête menée par Hillel et l’Anti-Defamation League (ADL) l’année dernière a révélé qu’un tiers des étudiants juifs ont été victimes d’antisémitisme sur le campus, principalement sous forme de harcèlement verbal en personne et/ou en ligne et de dommages matériels. Des étudiants juifs de la CUNY ont déclaré avoir été harcelés et intimidés au point que certains ont été contraints d’abandonner leurs études.

Plusieurs enquêtes fédérales très médiatisées sont en cours sur l’antisémitisme qui sévit sur les campus universitaires américains, y compris dans les universités publiques de New York.

Une vague d’incidents antisémites a été signalée dans les universités américaines au cours des dernières semaines, au moment des fêtes du Nouvel an juif.

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